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​RETOMBEES DU SECTEUR DE L’EAU AU SENEGAL - La SDE, char de combat des chercheurs de profit du français ERANOVE

Lundi 9 Décembre 2019 - 11:24
ACTUALITÉ

Une bataille médiatique a eu lieu sur l’identité de la Sénégalaise des Eaux (SDE). Face à la vaine tentative d’imposer à l’opinion l’idée d’une victoire obtenue grâce au prix « moins disant ». Puis, la SDE a essayé de toucher la fibre sénégalaise en parlant de « préférence nationale ». Cette préférence nationale devait, selon les défenseurs de l’actuel exploitant (jusqu’au 31 décembre, à minuit), lui donner le droit d’élire domicile au cœur du patrimoine national de l’eau potable aussi longtemps qu’elle le voudrait. Effet induit selon les promoteurs de cette thèse : évaluez, y a rien d’autre à faire que de faire place nette à la Sénégalaise des Eaux. Sans autre forme de compétition ! Cet argumentaire ressemble curieusement à une option à laquelle l’Etat n’a pas donné suite : la prorogation pure et simple sans compétition. Il faut dire que l’Etat du Sénégal, à tort, a pris du plaisir à signer successivement 10 avenants depuis la fin du contrat d’affermage de dix ans (1996-2006). Cette fois-ci, les avenants, c’est fini ! Place à la compétition. Dans cet exercice, la SDE a été supplantée par SUEZ Group. Ses partisans ne l’entendent pas de cette oreille.
La victimisation est poussée à l’extrême au point de tenter de nous faire oublier que l’actionnaire majoritaire de la SDE est… français. En effet, nos investigations nous ont permis d’apprendre que le groupe français ERANOVE détient 57,83% des actions. Donc, ERANOVE est majoritaire dans le capital de la SDE contrairement à ce que la propagandiste nationaliste a voulu faire croire. L’Etat du Sénégal détient 5% des actions et les travailleurs 5%. Le reste : Mansour Cama, Président du Conseil d’Administration (6,83%), Yoro Fall (5%), Lamine Niang (3,5%), Aliou Sow (5,17%), Félix Sanchez (10%) et Ablaye Bouna Fall (1,67%).
C’est le Conseil d’Administration qui a ouvert les hostilités en octobre 2018 à travers une déclaration fustigeant la procédure très longue de sélection du nouvel opérateur et des doutes sur la sincérité des résultats. Une condamnation sans appel avant le verdict ! Une très longue campagne médiatique a été entretenue. Ce n’est point étonnant au regard des intérêts financiers en jeu. Le cri suivant est lancé pour ameuter le monde : « l’Etat est en train de liquider une entreprise sénégalaise ». Beaucoup d’émotion, beaucoup de dérapages sans lien objectif avec la réalité. Le débat technique est parasité par la sournoise clameur sur fond d’intérêts financiers, avec le concours d’une certaine société civile armée pour semer la confusion.
Ce que la SDE ne dit pas au grand public, c’est que l’actionnariat est marqué par les marchandages et autres « teranga » sur le dos de Sénégalais depuis 1996. C’est un profit juteux. La preuve. En 1996, l’actionnaire majoritaire est français. Il s’agit de SAUR, filiale du groupe Bouygues pour 58 des actions. En 2007, Bouygues vend la SAUR et s’organise sous la forme de FINAGESTION. En 2009, le fonds de Capital Investissement Emerging Capital Partners (ECP) achète auprès de BOUYGUES 67% des parts de FINAGESTION. Celle-ci prend le nom d’ERANOVE. Aujourd’hui, ERANOVE appartient à 19% à AXA et à 56% à ECP Africa Fund II. Un véritable tournis, ces changements dans la détention du capital d’une société délégataire d’un service public aussi stratégique que l’eau potable ! Dans ce même contexte, la part de l’actionnaire majoritaire est passée de 51 % à 58%. Dans le nouveau contrat, la part sera de 45%. La part des nationaux sera de 55% contre 42% dans l’ancien contrat. L’évolution positive est de 13 points. Enfin, ERANOVE n’est pas un partenaire technique stratégique comme le voudrait la première réforme. C’est un partenaire financier. Regardez le profit… Après l’ère des directeurs français, la SDE a inauguré celle des directeurs sénégalais avec Mamadou Dia, un cadre du secteur puis Abdou Ball, qui tient encore les manettes. Et le Directeur Général adjoint chargé des Finances, poste hautement stratégique, est un certain Jean-Claude Simana, français et ancien de Veolia. En vérité, les privés africains ne détiennent que 9,3% des actions d’ERANOVE.
Il est clair que l’Etat n’a pas le droit d’éliminer les nationaux de l’actionnariat, contrairement à une idée que certaines officines ont tenté de répandre. Les actionnaires peuvent e pas s’appeler Sanchez, Kama, Fall ou Niang comme avec SDE. Dans la nouvelle société que SUEZ va créer, ils seront Sénégalais sous d’autres noms, avec une égale détermination à favoriser l’entreprenariat national.
ERANOVE a engagé une épreuve de force avec l’Etat du Sénégal après avoir tenté d’obtenir un renouvellement du contrat de gestion de l’eau potable en zone urbaine par Mémorandum d’Entente, comme dans ses habitudes sous d’autres cieux. L’épreuve de force a suivi avec les attaques répétées contre des autorités. Elle se prévaut de ses performances ailleurs (Côte d’Ivoire, RDC, Togo, Madagascar, Arabie Saoudite) pour revendiquer un devoir d’inamovibilité au Sénégal. Cela va à l’encontre de toutes les règles de bonne gouvernance. La radicalisation a été perçue comme un chantage inacceptable.
Mamadou Ndiaye

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