100 millions, contrats publics, postes diplomatiques : Madiambal Diagne charge Me Clédor Ly

Rédigé par Dakarposte le Mardi 15 Septembre 2026 à 12:18 modifié le Mardi 15 Septembre 2026 14:19

L’arène politique et médiatique sénégalaise s’anime une nouvelle fois autour des sorties de Madiambal Diagne.
Dans une série de publications, le journaliste d’investigation s’en prend ouvertement à Me Clédor Ciré Ly, mettant en cause ce qu’il présente comme des demandes de contrats, de responsabilités et d’avantages auprès de plusieurs structures publiques.

Au cœur de cette offensive figure notamment un marché d’honoraires de 100 millions de francs CFA attribué par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) à l’avocat.
Pour Madiambal Diagne, cette affaire ne constituerait que la partie visible d’un ensemble plus vaste de sollicitations adressées, selon lui, aux nouvelles autorités.

Le journaliste affirme notamment qu’au cours d’une audience avec le Premier ministre Ousmane Sonko, le 1er avril 2025, Me Clédor Ciré Ly aurait sollicité des contrats de conseil et d’assistance juridique auprès de plusieurs entreprises et organismes publics, parmi lesquels l’ARTP, PETROSEN, la SENELEC, la SAR, la LONASE, le Port autonome de Dakar, la BHS, l’APIX, la SONES, l’ONAS, le FONSIS et SEN’EAU.

Madiambal Diagne va plus loin en évoquant également des demandes qui auraient concerné des postes diplomatiques pour Awa Ciré Ly et Mouhamed Ciré Ly, ainsi que diverses responsabilités ou opportunités professionnelles au bénéfice de proches et de confrères. Il cite, dans ses publications, plusieurs personnalités du monde juridique et politique.

Ces accusations, particulièrement lourdes, doivent toutefois être distinguées de faits judiciairement établis. Elles relèvent, à ce stade, des affirmations et de la lecture que le journaliste fait de documents et d’éléments qu’il dit détenir. Leur portée exacte devra être appréciée à l’aune des pièces disponibles et, le cas échéant, des explications des personnes mises en cause.

Il n’en demeure pas moins que cette nouvelle passe d’armes ravive un débat sensible sur les rapports entre pouvoir politique, avocats, réseaux d’influence et accès aux ressources publiques. Elle intervient surtout au moment où la nouvelle administration revendique une rupture avec les pratiques de favoritisme et de clientélisme qui ont longtemps nourri la défiance d’une partie de l’opinion.

À travers cette offensive, Madiambal Diagne entend précisément interroger la cohérence entre les principes proclamés de gouvernance vertueuse et certaines pratiques qu’il estime contraires à l’esprit de la rupture annoncée.

Au-delà du duel personnel entre deux figures publiques, c’est donc la question de la transparence dans l’attribution des marchés, des fonctions et des avantages publics qui se trouve une nouvelle fois posée. Et sur ce terrain, les accusations de Madiambal Diagne appellent désormais des réponses précises, documentées et contradictoires.

Mamadou Ndiaye
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