454 millions FCFA au cœur du dossier COUD : Cheikh Oumar Hann face au tribunal le 4 février 2027

Rédigé par Dakarposte le Samedi 7 Novembre 2026 à 13:51 modifié le Samedi 7 Novembre 2026 14:51

L'ancien ministre et ancien directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), Cheikh Oumar Hann, s’apprête à faire face à son destin judiciaire.

Le tribunal correctionnel de Dakar a désormais fixé le rendez-vous au 4 février 2027 pour l’examen au fond d’une affaire qui pèse sur sa réputation depuis de longues années.

Ce dénouement provisoire survient après un énième appel du dossier à la barre en ce mois de novembre 2026, marquant une nouvelle étape dans un feuilleton politico-judiciaire qui tient en haleine la République.

Au cœur de cette tempête juridique se trouve un volumineux rapport de l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).

Les enquêteurs de l’organe de contrôle avaient passé au crible la gestion du COUD au cours des exercices 2014 et 2015, mettant en lumière de profondes zones d'ombre. C’est un gouffre financier de plus de 454 millions de francs CFA, distribué sous forme de subventions, qui suscite l’interrogation des magistrats.

Entre l’impossibilité d’identifier clairement certains bénéficiaires et l’absence criante de pièces justificatives pour de multiples décaissements, la Cour devra s'employer à démêler les fils d’une comptabilité pour le moins opaque.

Face à ces accusations de malversations, l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur a toujours opposé une posture de déni farouche. Dès l’année 2020, alors qu'il était encore solidement ancré dans les cercles du pouvoir, Cheikh Oumar Hann s’était défendu en affirmant que tous les documents requis avaient été fournis aux corps de contrôle.

Pour justifier l'urgence et la nature de certains paiements, sa défense avait notamment argué que ces fonds avaient servi à indemniser, dans l'ombre et la précipitation, les étudiants blessés lors des tragiques manifestations universitaires, à l'instar des événements entourant le décès de Bassirou Faye. Une explication qui n'a manifestement pas suffi à éteindre l'action publique.

Cette convocation devant les juges correctionnels intervient dans un climat particulièrement lourd pour l'ancien maire de Podor. Quelques semaines plus tôt, en octobre 2026, l'homme politique s'était déjà illustré par un bras de fer retentissant avec le pouvoir législatif.
Convoqué par une commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur la distribution opaque du programme « Un étudiant, un ordinateur », il avait purement et simplement refusé de déférer à l'invitation des députés.

En fustigeant publiquement ce qu'il qualifiait alors de « procès en sorcellerie » et en réclamant, dans une audacieuse contre-attaque, une transparence accrue sur d'autres pans de la gestion étatique, Cheikh Oumar Hann a choisi la stratégie de la confrontation.

C'est pourtant une tout autre arène, bien plus formelle et rigoureuse, qui l'attend désormais au début de l'année 2027, où les effets de manche politiques devront céder la place aux preuves matérielles.

Mamadou Ndiaye
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