À Sébikotane, l’urgence d’un TER qui désenclave plutôt qu’il n’enclave

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 27 Aout 2026 à 20:43 modifié le Jeudi 27 Aout 2026 22:43

À Sébikotane, le lancement imminent de l’exploitation commerciale du Train express régional (TER) ravive une vieille préoccupation : celle d’une infrastructure censée rapprocher les territoires, mais qui, dans certains quartiers, semble encore creuser les distances.

À deux jours de la mise en service commerciale annoncée pour le 28 août, l’Honorable Saliou Ndione est allé, ce mercredi 27 août, à la rencontre des populations afin de constater, sur le terrain, les difficultés auxquelles elles demeurent confrontées.

Cette visite fait suite à une rencontre tenue le 24 août avec le collectif « Sébi réclame sa gare ».

Accompagné des membres dudit collectif, le député a parcouru le tracé du TER à Sébikotane pour recueillir les doléances des riverains et mesurer concrètement l’impact des aménagements ferroviaires sur leur quotidien.

Au fil de cette visite, un constat s’est imposé avec force : plusieurs quartiers demeurent enclavés en raison de l’absence de passerelles permettant de franchir convenablement les emprises ferroviaires.

Pour les habitants de Sébi Gare, de Médina Kacc et des zones environnantes, rejoindre la route nationale, les établissements scolaires, les structures sanitaires ou encore les espaces marchands peut désormais nécessiter de longs détours, parfois de plusieurs centaines de mètres, voire de plusieurs kilomètres.

Une situation que le parlementaire juge difficilement compatible avec la vocation même d’une infrastructure de transport moderne. Car le TER, au-delà de sa fonction première de mobilité, devrait être un instrument de désenclavement, un trait d’union entre les territoires et un levier d’accès aux opportunités économiques et sociales.
Or, à Sébikotane, le paradoxe est saisissant : l’arrivée du train, symbole de vitesse et de rapprochement, s’accompagne pour une partie des populations d’un allongement des parcours et d’obstacles supplémentaires dans leurs déplacements quotidiens.

À cette question des passerelles s’ajoute celle de la halte de Sébikotane, dont les travaux n’ont toujours pas démarré alors que sa finalisation était annoncée avant le lancement de l’exploitation commerciale.

Pour le député, il devient urgent de donner corps à cet équipement afin que les habitants puissent, eux aussi, bénéficier pleinement des opportunités offertes par le TER, en attendant la réalisation de la gare appelée de leurs vœux.

La visite a également permis de remettre sur la table d’autres engagements jugés essentiels pour la commune. L’APIX est ainsi appelée à lancer les chantiers de l’école primaire de Médina Kacc et du centre de santé de Sébikotane, conformément aux engagements pris à l’égard des populations.

Face à ces préoccupations, l’Honorable Saliou Ndione entend poursuivre le plaidoyer.
La visite de terrain ne saurait, selon lui, constituer un aboutissement, mais plutôt une nouvelle étape d’une mobilisation destinée à obtenir des réponses concrètes aux urgences exprimées par les habitants.

Derrière les rails, les quais et les ouvrages d’art, c’est en définitive une certaine conception du développement qui se joue à Sébikotane : celle d’infrastructures qui ne se contentent pas de traverser les territoires, mais qui les relient véritablement ; qui ne déplacent pas seulement les trains, mais facilitent la circulation des personnes, des biens et des opportunités.
Car une infrastructure aussi structurante que le TER ne saurait avoir pour effet paradoxal de dresser de nouvelles barrières devant ceux qu’elle est précisément appelée à servir.

À Sébikotane, les populations demandent simplement que le progrès promis par le rail devienne une réalité vécue au quotidien, et que le train qui passe devant leurs maisons puisse enfin contribuer à ouvrir leurs quartiers sur le reste du territoire.

Mamadou Ndiaye
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