Un coup de force prémédité et spectaculaire à Touba
Selon l’acte d’accusation, C. Sall et trois de ses acolytes ont quitté Dakar en août 2023, chevauchant deux motocyclettes, afin de mener une expédition ciblée à Touba. Leur dessein visait le sieur C. Diop, lequel venait de procéder au retrait d'une somme de 30,2 millions de francs CFA auprès d’une agence bancaire.
C'est au moment où la victime s'apprêtait à prendre place à bord d’un taxi que les assaillants sont passés à l'acte. Armé d'un couteau, C. Sall a tenu l'homme en respect pendant que l'un de ses complices s'emparait du sac de numéraires, avant que la troupe ne prenne la fuite pour se partager le butin.
Consécutivement à la plainte déposée par la victime, les investigations minutieuses de la gendarmerie ont permis l’arrestation de C. Sall ainsi que celle de son marabout, A. Ndieguène, ce dernier ayant ultérieurement bénéficié d’une mesure de liberté provisoire.
De promptes confessions à la barre
Lors de son audition par le magistrat, C. Sall a pleinement confessé sa participation à l’assaut de Touba. Il a toutefois réfuté avec la plus grande fermeté toute implication dans une précédente soustraction frauduleuse de 36 millions de francs CFA, commise au préjudice de A. Lô.
« Nous étions quatre. Nous avons quitté Dakar sur deux motos. Arrivés à Touba, nous avons intercepté la victime pour lui dérober son sac contenant 30,2 millions de francs CFA. Nous avons ensuite procédé au partage des fonds. J'ambitionnais de financer un voyage à l'étranger grâce à ma part, mais ce projet a avorté en raison de complications administratives. »
La culpabilité de l'accusé s'est trouvée corroborée par la projection, au cours de l'audience, d'une séquence vidéo de l'agression filmée en août 2023, sur laquelle C. Sall s’est formellement reconnu.
Les enregistrements WhatsApp compromettants du guide spirituel
De son côté, le chef religieux A. Ndieguène a contesté le délit de non-dénonciation de crime. Il a argué n'avoir rencontré le boulanger que lorsque ce dernier était venu solliciter ses prières à la suite de la saisie de son cyclomoteur. Il a soutenu n’avoir point mesuré la gravité des messages vocaux reçus ultérieurement sur l'application WhatsApp, dans lesquels son disciple lui confiait avoir « récupéré de l'argent » à Touba.
Néanmoins, la diffusion à l'audience de ces messages a révélé que le marabout avait assuré à son dévot qu'il pouvait « agir à sa guise » et qu’il « n'irait jamais en prison », des propos dont il a finalement dû admettre l'authenticité devant le tribunal.
La détresse de la victime et la sévérité des réquisitions
La victime, C. Diop, a livré un témoignage poignant quant aux répercussions dramatiques de cette agression. Ces fonds appartenaient à un partenaire commercial ; pour honorer sa créance, l’homme s’est vu contraint de vendre sa propre demeure, subissant de surcroît la paralysie complète de ses activités professionnelles. Son conseil a réclamé la somme de 75 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts, tandis que l'avocat de A. Lô a sollicité une réparation à hauteur de 70 millions de francs CFA.
Face à la gravité exceptionnelle des faits, le procureur de la République a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre du boulanger C. Sall. Concernant le marabout A. Ndieguène, le ministère public, estimant sa complicité passive établie, a réclamé une peine de deux ans d'emprisonnement ferme.
La défense de C. Sall a plaidé la relaxe pour le premier vol et a sollicité une requalification des faits en complicité de vol pour l'attaque de Touba. L'avocat du chef religieux a, pour sa part, sollicité une peine assortie du sursis.
La chambre criminelle a mis l'affaire en délibéré ; le verdict est attendu pour le 27 juillet 2026.
Selon l’acte d’accusation, C. Sall et trois de ses acolytes ont quitté Dakar en août 2023, chevauchant deux motocyclettes, afin de mener une expédition ciblée à Touba. Leur dessein visait le sieur C. Diop, lequel venait de procéder au retrait d'une somme de 30,2 millions de francs CFA auprès d’une agence bancaire.
C'est au moment où la victime s'apprêtait à prendre place à bord d’un taxi que les assaillants sont passés à l'acte. Armé d'un couteau, C. Sall a tenu l'homme en respect pendant que l'un de ses complices s'emparait du sac de numéraires, avant que la troupe ne prenne la fuite pour se partager le butin.
Consécutivement à la plainte déposée par la victime, les investigations minutieuses de la gendarmerie ont permis l’arrestation de C. Sall ainsi que celle de son marabout, A. Ndieguène, ce dernier ayant ultérieurement bénéficié d’une mesure de liberté provisoire.
De promptes confessions à la barre
Lors de son audition par le magistrat, C. Sall a pleinement confessé sa participation à l’assaut de Touba. Il a toutefois réfuté avec la plus grande fermeté toute implication dans une précédente soustraction frauduleuse de 36 millions de francs CFA, commise au préjudice de A. Lô.
« Nous étions quatre. Nous avons quitté Dakar sur deux motos. Arrivés à Touba, nous avons intercepté la victime pour lui dérober son sac contenant 30,2 millions de francs CFA. Nous avons ensuite procédé au partage des fonds. J'ambitionnais de financer un voyage à l'étranger grâce à ma part, mais ce projet a avorté en raison de complications administratives. »
La culpabilité de l'accusé s'est trouvée corroborée par la projection, au cours de l'audience, d'une séquence vidéo de l'agression filmée en août 2023, sur laquelle C. Sall s’est formellement reconnu.
Les enregistrements WhatsApp compromettants du guide spirituel
De son côté, le chef religieux A. Ndieguène a contesté le délit de non-dénonciation de crime. Il a argué n'avoir rencontré le boulanger que lorsque ce dernier était venu solliciter ses prières à la suite de la saisie de son cyclomoteur. Il a soutenu n’avoir point mesuré la gravité des messages vocaux reçus ultérieurement sur l'application WhatsApp, dans lesquels son disciple lui confiait avoir « récupéré de l'argent » à Touba.
Néanmoins, la diffusion à l'audience de ces messages a révélé que le marabout avait assuré à son dévot qu'il pouvait « agir à sa guise » et qu’il « n'irait jamais en prison », des propos dont il a finalement dû admettre l'authenticité devant le tribunal.
La détresse de la victime et la sévérité des réquisitions
La victime, C. Diop, a livré un témoignage poignant quant aux répercussions dramatiques de cette agression. Ces fonds appartenaient à un partenaire commercial ; pour honorer sa créance, l’homme s’est vu contraint de vendre sa propre demeure, subissant de surcroît la paralysie complète de ses activités professionnelles. Son conseil a réclamé la somme de 75 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts, tandis que l'avocat de A. Lô a sollicité une réparation à hauteur de 70 millions de francs CFA.
Face à la gravité exceptionnelle des faits, le procureur de la République a requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre du boulanger C. Sall. Concernant le marabout A. Ndieguène, le ministère public, estimant sa complicité passive établie, a réclamé une peine de deux ans d'emprisonnement ferme.
La défense de C. Sall a plaidé la relaxe pour le premier vol et a sollicité une requalification des faits en complicité de vol pour l'attaque de Touba. L'avocat du chef religieux a, pour sa part, sollicité une peine assortie du sursis.
La chambre criminelle a mis l'affaire en délibéré ; le verdict est attendu pour le 27 juillet 2026.