AFFAIRE « KOCC BARMA »- LA DSC ÉLARGIT LA TRAQUE

Rédigé par Dakarposte le Lundi 7 Septembre 2026 à 08:01 modifié le Lundi 7 Septembre 2026 10:01

Après avoir réussi à déverrouiller l’iPhone 16 d’El Hadji Babacar Dioum, alias « Kocc Barma », les enquêteurs passent à la vitesse supérieure. Correspondants présumés, numéros de téléphone, abonnements, intérêts économiques et déplacements à l’étranger : sur instruction du doyen des juges, la DSC entreprend de reconstituer l’ensemble de l’écosystème autour du mis en cause. Une offensive qui pourrait déboucher sur de nouvelles interpellations.


L’iPhone a livré ses premiers secrets. Mais l’enquête ne compte manifestement pas s’arrêter là. Selon notre confrère Libération, extrait de prison la semaine dernière, El Hadji Babacar Dioum, alias « Kocc Barma », a été conduit dans les locaux des enquêteurs pour les besoins de l’exploitation de son téléphone portable, un iPhone 16.

Jusque-là, le mis en cause affirmait avoir « oublié » le code d’accès de son appareil. Les enquêteurs sont finalement parvenus à le déverrouiller dans le cadre des opérations autorisées par la loi.

L’exploitation des données aurait permis de mettre au jour plusieurs éléments susceptibles d’intéresser l’instruction et d’identifier des personnes présentées comme des « correspondants » du mis en cause.

Mais le véritable enjeu se situe désormais ailleurs. Car, dans sa délégation judiciaire, le doyen des juges d’instruction a demandé à la Division spéciale de cybersécurité (DSC) d’élargir les investigations à toutes les personnes susceptibles d’avoir joué un rôle dans les faits.

La consigne est claire : identifier, interpeller et conduire devant le magistrat instructeur toute personne susceptible d’être impliquée en qualité de complice, de coauteur ou de receleur.

Autrement dit, le téléphone pourrait avoir ouvert une nouvelle porte dans le dossier.
Les opérateurs téléphoniques sont désormais sollicités. Des réquisitions leur ont été adressées afin d’identifier les numéros et les abonnements souscrits au nom d’El Hadji Babacar Dioum.

Les enquêteurs veulent ainsi reconstituer ses différentes lignes de communication et exploiter les connexions susceptibles d’éclairer l’affaire.

Le volet financier n’est pas en reste. L’administrateur des greffes du Tribunal de commerce de Dakar a été requis pour identifier les éventuels fonds de commerce inscrits au nom d’El Hadji Babacar Dioum et de ses proches. Une piste destinée à déterminer si des intérêts économiques pourraient apparaître dans l’environnement du mis en cause.
Et ce n’est pas tout.


La Police des frontières est également appelée à la rescousse. Sur instruction du magistrat instructeur, la DSC doit faire retracer les différentes sorties du territoire effectuées par El Hadji Babacar Dioum entre 2017 et 2025.

Un élément qui prend une résonance particulière dans l’enquête, les investigations explorant notamment l’hypothèse d’un réseau transfrontalier. Dans cette piste, le rôle d’El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », co-inculpé de « Kocc Barma », est également scruté.

Les deux hommes sont écroués depuis juin 2025. Ils sont poursuivis, selon les chefs retenus dans la procédure, notamment pour association de malfaiteurs, collecte illicite de données, diffusion de données à caractère personnel, atteinte à l’intimité de la vie privée, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, pornographie enfantine, pédophilie, extorsion de fonds et complicité de ces différents chefs.

De l’iPhone aux frontières, en passant par les télécommunications et les éventuels intérêts économiques, la justice élargit donc le champ de ses investigations.

L’objectif est désormais de faire parler les traces laissées autour de « Kocc Barma » : ses communications, ses contacts, ses éventuels relais, ses activités et ses déplacements.
Si les vérifications ordonnées par le juge venaient à confirmer certaines des pistes actuellement explorées, l’affaire pourrait connaître un nouveau développement avec l’identification de personnes susceptibles d’être entendues, voire poursuivies dans le cadre de la procédure.

Pour l’heure, une certitude : le téléphone n’a pas refermé le dossier. Il pourrait, au contraire, avoir ouvert une nouvelle séquence de l’enquête.

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