Abdoulaye Sow à la croisée des chemins : entre dissidence républicaine et tempête fédérale

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 29 Juillet 2026 à 12:26 modifié le Mercredi 29 Juillet 2026 14:26

À la lisière des grandes mutations politiques, la loyauté aux structures anciennes vacille sous le poids des ambitions territoriales. C’est sous les auspices de cette émancipation qu’Abdoulaye Sow, maire de Kaffrine et ancien ministre de l’Urbanisme, a choisi ce mercredi pour dévoiler les contours, la symbolique et la doctrine d’une entité politique nouvelle. Porté par l’idéal d’un développement endogène et l’équilibre des terroirs, l'édile inscrit sa démarche au cœur des valeurs républicaines, emboîtant le pas à d’autres figures dissidentes de l’Alliance pour la République, telles que Thérèse Faye et Pape Mahawa Diouf.

Pourtant, cette quête d’autonomie se heurte à la rigidité des dogmes partisans. Rappelant la doctrine de la formation politique dirigée par l’ancien président Macky Sall, l’ancien ministre Oumar Youm soulignait récemment la sévérité des statuts : l’Alliance pour la République n’admet en son sein aucune chapelle ni mouvement satellite. En franchissant ce Rubicon, les initiateurs de telles dissidences consomment, de fait, leur propre excommunication.

L'horizon politique d’Abdoulaye Sow, également secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, se trouve par ailleurs assombri par les répercussions d’un autre tourment, d’ordre international celui-là. Lors du Mondial 2026 en Amérique du Nord, la sélection nationale des Lions a été ébranlée par de graves dérives extra-sportives, jetant le discrédit sur la gouvernance de la fédération. Au cœur de la tempête figure l'exfiltration hâtive du cuisinier de l'équipe, accusé de harcèlement sexuel envers une employée costaricienne dans un réceptif hôtelier américain. Pour soustraire le suspect aux rigueurs de la justice fédérale, l'instance sportive a orchestré son rapatriement immédiat, un épisode que le secrétaire général qualifia ultérieurement, sur les ondes de la télévision nationale, de « simple plaisanterie ».

À cet esclandre se sont ajoutées les rumeurs persistantes de liesses nocturnes et alcoolisées au sein même du camp de base, achevant de meurtrir la ferveur des supporters. Face au réquisitoire public et aux soupçons d’indignité qui pèsent sur le Comité exécutif, Abdoulaye Sow oppose une défense de principe. S’estimant exempt de toute faute de gestion, il soutient n’avoir agi que pour préserver, face au scandale naissant, l’honneur et la dignité de la République.

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