Affaire Diodio Glow Skin : transferts Wave, notes vocales et soupçons de lives rémunérés, la DSC creuse la piste d’un réseau présumé

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 23 Octobre 2026 à 15:58 modifié le Vendredi 23 Octobre 2026 18:02

L’univers feutré du commerce des cosmétiques de luxe dissimulait, semble-t-il, une officine de dénigrement numérique à grande échelle.

Mame Diarra Thiam, entrepreneuse de 31 ans connue sous l’avatar de « Diodio Glow Skin », est désormais au cœur d'une redoutable tempête judiciaire. Interpellée par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), elle a été placée en garde à vue sous les chefs d'inculpation d'association de malfaiteurs, complicité de discours contraires aux bonnes mœurs et complicité d’injures publiques par le biais d’un système informatique.

Les limiers de la DSC la soupçonnent d'avoir mis sur pied et financé, durant plusieurs années, une officine clandestine de six influenceurs dévolus au dénigrement systématique et à la destruction de l’honneur de cibles présélectionnées

Au centre de ce système gravite Rokhaya Fall, alias « Rox la Chancelière », une figure de TikTok déjà sous les verrous, condamnée par le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye à deux ans d'emprisonnement, dont six mois ferme, pour des faits d'injures.

L’implacable réalité des chiffres est venue fragiliser la défense des deux femmes. Des informations glanées de bonnes sources notamment de notre confrère Libération, il ressort que l’examen des flux financiers a mis au jour une kyrielle de transferts de fonds via la plateforme Wave, oscillant entre 200 000 et 1 000 000 francs CFA, dont une transaction précise de 600 000 francs CFA émise le 2 février 2026 à l’attention de la tiktokeuse.

Confrontées ce vendredi dans les locaux de la DSC – Rox ayant été extraite de sa cellule pour l’occasion –, les deux prévenues ont opposé une stratégie de dénégation systématique.

Assistées de leurs conseils respectifs, Maîtres Takha Cissé et Alioune Badara Fall, elles ont tenté de draper ces mouvements de capitaux dans le voile de la philanthropie. Selon leurs dépositions concordantes, ces subsides n’étaient point le salaire du dénigrement, mais le financement d'œuvres caritatives, notamment des dons de denrées alimentaires, des largesses hospitalières à Ndamatou, ou encore la prise en charge médicale de quatre enfants atteints de cancer.

Pour l'heure, Rox la Chancelière s'étonne et s'insurge : pourquoi seule la patronne de « Diodio Glow Skin » est-elle inquiétée, alors que d’autres généreux donateurs ont alimenté son compte ?

Cependant, cette version humanitaire se heurte à la moisson technique des enquêteurs. Il nous revient, en effet, que l’exploitation minutieuse des téléphones cellulaires a permis d’intercepter des messages écrits et des notes vocales particulièrement compromettants. Ces éléments d'une tout autre nature suggèrent que ces lives incendiaires faisaient l'objet d'une rémunération occulte.

Face aux doutes persistants sur l'origine de la fortune de la commerçante, le procureur de la République de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a ordonné la poursuite des investigations.

Alors que la DSC passe au crible les sources de revenus de Mame Diarra Thiam, l'ombre d'une extension de la procédure plane sur la toile sénégalaise, laissant présager que d'autres têtes d'affiche pourraient prochainement choir.











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Mamadou Ndiaye
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