Affaire « Rox et Cie » : Adji Mass réclame 20 millions FCFA après avoir évité la confrontation

Rédigé par Dakarposte le Lundi 14 Septembre 2026 à 19:21 modifié le Lundi 14 Septembre 2026 21:21

Le volet civil de l’affaire « Rox et Cie » a, lui aussi, donné lieu à une passe d’armes particulièrement vive devant le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye, ce lundi 14 septembre 2026.

Au cœur des débats : la demande de réparation formulée par la tiktokeuse connue sous le pseudonyme d’Adji Mass, qui réclame la somme de 20 millions de francs CFA au titre du préjudice moral et de l’atteinte à son image.

La plaignante n’a toutefois pas comparu personnellement à l’audience. Elle a choisi de se faire représenter par son avocat, lequel a maintenu ses prétentions et défendu la constitution de partie civile. Une absence qui n’a pas manqué de susciter des observations du côté de la défense, le débat s’étant notamment cristallisé autour de la question de la confrontation.

Adji Mass maintient ainsi ses poursuites, principalement dirigées contre Rokhaya Fall, alias « Rox », pour des faits qualifiés notamment d’injures publiques et de propos contraires aux bonnes mœurs diffusés par voie numérique. Selon sa partie civile, ces agissements lui auraient causé un préjudice suffisamment sérieux pour justifier une indemnisation à hauteur de 20 millions de francs CFA, réclamée solidairement à Rox et à ses co-prévenues, Jessica et Narou.

Mais la défense n’entend pas laisser passer cette prétention sans riposte. Me Barro a soulevé l’irrecevabilité de la constitution de partie civile, s’interrogeant notamment sur l’attitude de la plaignante au cours de la procédure. Selon l’avocat, Adji Mass aurait évité les phases de confrontation directe, alors même que celles-ci peuvent contribuer à éclairer les circonstances dans lesquelles les faits reprochés auraient été commis.

Cette absence, qualifiée de « fuite de la confrontation » par la défense, donne une tonalité singulière au volet civil du dossier. Car, au-delà du montant substantiel réclamé, c’est la crédibilité et la portée de la demande indemnitaire qui se trouvent désormais au centre de la controverse.

Le tribunal devra donc départager les prétentions de la partie civile et les objections de la défense, tout en appréciant souverainement la réalité du préjudice allégué, son éventuel lien avec les faits poursuivis et les conditions de recevabilité de la constitution de partie civile.

Sur le plan pénal, le parquet a requis un an de prison ferme contre Rokhaya Fall et six mois ferme contre Jessica, Narou et Rams Yango.

La défense a, pour sa part, plaidé la relaxe.
Les prévenues demeurent, jusqu’au prononcé d’une éventuelle condamnation définitive, couvertes par la présomption d’innocence. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et doit rendre sa décision le vendredi 18 septembre 2026, tant sur l’action publique que sur les intérêts civils.

Une date désormais très attendue, puisque le tribunal devra se prononcer non seulement sur la responsabilité pénale des prévenues, mais également sur cette demande de 20 millions de francs CFA formulée par Adji Mass.

Et, au-delà des chiffres, une question demeure suspendue aux lèvres : peut-on réclamer une réparation devant le juge tout en ayant, selon la défense, soigneusement évité la confrontation avec celles que l’on poursuit ?
Mamadou Ndiaye
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