Partie d'une simple affaire de drogue, la procédure a finalement glissé sur le terrain des mœurs. Les éléments de la Brigade de recherches de Dakar ont découvert des échanges jugés équivoques, des images en nuisette, mais surtout des vidéos de baisers entre filles. Cela avait entraîné, la semaine passée, le renvoi du procès d'un groupe de jeunes interpellés dans un appartement à Ouakam pour détention et usage de drogue. Finalement, le groupe a été relaxé. La défense a démontré que le protoxyde d'azote, communément appelé « gaz hilarant », n'est pas inscrit au tableau des drogues.
Parmi les personnes jugées figurent les filles F. D. Camara, N. K. Aidara, L. A. Boughaleb, E. Koundé, H. Gaye, M. Fall, ainsi que les garçons I. Diagne et M. Ndao.
Après l'exploitation des téléphones portables, les enquêteurs avaient des soupçons d'actes contre nature visant les filles N. Kh. Aidara, âgée de 18 ans, et H. Gaye, 22 ans.
Entendue par les enquêteurs, N. K. Aidara a réfuté les accusations de lesbianisme. « C'est une amie et une cousine. Je n'ai aucune autre relation avec elle », a-t-elle déclaré. Confrontée à des images d'un baiser retrouvées dans son téléphone, elle reconnaît : « Oui, mais ça n'a aucune signification. On blaguait, on prenait des images pour s'amuser. Ce n'était pas du flirt. C'était juste un bisou sans but sexuel », a conclu la prévenue.
Interrogée sur les vidéos où elle apparaît en train d'embrasser d'autres filles, H. Gaye a identifié les personnes. Selon elle, dans la première vidéo, il s'agit de son amie Adjia, actuellement mariée. Dans la deuxième, c'est Yacine, qui se trouve actuellement en Espagne. Dans la troisième, elle est avec Samina, qu'elle a perdue de vue. Enfin, dans la dernière vidéo, il s'agit de sa meilleure amie. Elle a précisé que les vidéos datent d'un an. Toutefois, H. Gaye a contesté les faits d'actes contre nature : « Ça n'a rien de particulier. Je ne suis pas lesbienne. J'ai un copain », a-t-elle affirmé.
À la barre, les prévenues ont de nouveau contesté le délit d'actes contre nature, évoquant de « simples bisous amicaux ». N. K. Aidara reconnaît que les enquêteurs ont trouvé une vidéo dans son téléphone où elle embrasse H. Gaye. « Elle m'avait demandé un bisou », a-t-elle déclaré. Ses propos ont été confirmés par sa coprévenue : « On faisait du Snap. On s'est embrassées. J'ai l'habitude d'embrasser mes copines, comme des bisous amicaux », dit-elle.
Le procureur de la République a montré à H. Gaye des photos de baisers sur la bouche. Elle a reconnu en être l'auteure, tout en insistant : « C'est un bisou amical. » Leur conseil, Me Souleymane Soumaré, leur a demandé si elles sont lesbiennes ; elles ont répondu par la négative.
Dans ses observations, le procureur Babacar Béye a sermonné les prévenues : « Notre société ne tolère pas l'acte contre nature », a martelé le parquet. Le représentant du ministère public a requis une peine de deux ans ferme assortie d'une amende de 250 000 FCFA.
Me Aïssatou Ba, de la défense, a pris le contrepied du parquet pour plaider la relaxe. Me Souleymane Soumaré a dénoncé le déroulement de la procédure, rappelant que l'affaire de drogue avait été renvoyée le 15 avril dernier, le parquet ayant annoncé de nouveaux éléments, alors que le procès-verbal d'exploitation technique date du 17 avril. Il a également souligné que les vidéos ne sont pas datées, ce qui empêche leur application au regard de la nouvelle loi. Il a ainsi appelé le tribunal à la prudence, plaidant le renvoi des fins de la poursuite à titre principal ou, à défaut, la requalification en acte impudique. À sa suite, Me Youssoupha Camara a également sollicité le renvoi des fins de la poursuite sans peine ni dépens.
Rendant son délibéré, le tribunal a requalifié le délit d'acte contre nature en acte impudique. Les filles ont été condamnées chacune à un an avec sursis et à une amende ferme de 100 000 francs CFA.
seneweb
Parmi les personnes jugées figurent les filles F. D. Camara, N. K. Aidara, L. A. Boughaleb, E. Koundé, H. Gaye, M. Fall, ainsi que les garçons I. Diagne et M. Ndao.
Après l'exploitation des téléphones portables, les enquêteurs avaient des soupçons d'actes contre nature visant les filles N. Kh. Aidara, âgée de 18 ans, et H. Gaye, 22 ans.
Entendue par les enquêteurs, N. K. Aidara a réfuté les accusations de lesbianisme. « C'est une amie et une cousine. Je n'ai aucune autre relation avec elle », a-t-elle déclaré. Confrontée à des images d'un baiser retrouvées dans son téléphone, elle reconnaît : « Oui, mais ça n'a aucune signification. On blaguait, on prenait des images pour s'amuser. Ce n'était pas du flirt. C'était juste un bisou sans but sexuel », a conclu la prévenue.
Interrogée sur les vidéos où elle apparaît en train d'embrasser d'autres filles, H. Gaye a identifié les personnes. Selon elle, dans la première vidéo, il s'agit de son amie Adjia, actuellement mariée. Dans la deuxième, c'est Yacine, qui se trouve actuellement en Espagne. Dans la troisième, elle est avec Samina, qu'elle a perdue de vue. Enfin, dans la dernière vidéo, il s'agit de sa meilleure amie. Elle a précisé que les vidéos datent d'un an. Toutefois, H. Gaye a contesté les faits d'actes contre nature : « Ça n'a rien de particulier. Je ne suis pas lesbienne. J'ai un copain », a-t-elle affirmé.
À la barre, les prévenues ont de nouveau contesté le délit d'actes contre nature, évoquant de « simples bisous amicaux ». N. K. Aidara reconnaît que les enquêteurs ont trouvé une vidéo dans son téléphone où elle embrasse H. Gaye. « Elle m'avait demandé un bisou », a-t-elle déclaré. Ses propos ont été confirmés par sa coprévenue : « On faisait du Snap. On s'est embrassées. J'ai l'habitude d'embrasser mes copines, comme des bisous amicaux », dit-elle.
Le procureur de la République a montré à H. Gaye des photos de baisers sur la bouche. Elle a reconnu en être l'auteure, tout en insistant : « C'est un bisou amical. » Leur conseil, Me Souleymane Soumaré, leur a demandé si elles sont lesbiennes ; elles ont répondu par la négative.
Dans ses observations, le procureur Babacar Béye a sermonné les prévenues : « Notre société ne tolère pas l'acte contre nature », a martelé le parquet. Le représentant du ministère public a requis une peine de deux ans ferme assortie d'une amende de 250 000 FCFA.
Me Aïssatou Ba, de la défense, a pris le contrepied du parquet pour plaider la relaxe. Me Souleymane Soumaré a dénoncé le déroulement de la procédure, rappelant que l'affaire de drogue avait été renvoyée le 15 avril dernier, le parquet ayant annoncé de nouveaux éléments, alors que le procès-verbal d'exploitation technique date du 17 avril. Il a également souligné que les vidéos ne sont pas datées, ce qui empêche leur application au regard de la nouvelle loi. Il a ainsi appelé le tribunal à la prudence, plaidant le renvoi des fins de la poursuite à titre principal ou, à défaut, la requalification en acte impudique. À sa suite, Me Youssoupha Camara a également sollicité le renvoi des fins de la poursuite sans peine ni dépens.
Rendant son délibéré, le tribunal a requalifié le délit d'acte contre nature en acte impudique. Les filles ont été condamnées chacune à un an avec sursis et à une amende ferme de 100 000 francs CFA.
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