Il est des affaires dont le tumulte ne s’éteint pas avec une décision de justice. Le non-lieu peut clore une procédure sur le plan judiciaire ; il ne suffit pas toujours à dissiper les interrogations qui ont accompagné une affaire dans l’espace public. La récente sortie médiatique de Pape Birame Bigué Ndiaye, journaliste sportif à la RTS, en fournit une illustration saisissante.
À sa sortie de prison, le journaliste s’est exprimé au micro de la TFM sur l’affaire dans laquelle son nom avait été cité pour des faits présumés d’actes contre nature. Il affirme n’avoir jamais été impliqué, de près ou de loin, dans les faits évoqués et considère les accusations portées contre lui comme de simples allégations. « C’était juste des accusations. Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cette affaire », a-t-il déclaré, affichant une sérénité assumée.
Il assure également n’avoir jamais envisagé de quitter le Sénégal et dit continuer à vivre normalement, sans se laisser enfermer dans la peur ou le regard des autres. « Je sors quand je veux, sans problème », affirme-t-il, ajoutant qu’il prend cette épreuve « avec philosophie » et entend désormais poursuivre son chemin « avec le torse bombé ».
Une posture qui se comprend au regard du principe cardinal de la présomption d’innocence. Une personne ayant bénéficié d’un non-lieu ne saurait être condamnée dans l’opinion publique en dépit de la décision de la justice.
Le tribunal des réseaux sociaux n’a ni la compétence, ni les garanties procédurales d’une juridiction. Il serait donc dangereux de transformer le soupçon en certitude et la rumeur en verdict.
Mais précisément parce que la justice mérite d’être respectée, les questions qui demeurent dans le débat public doivent également pouvoir être posées avec rigueur.
La sortie de Pape Birame Bigué Ndiaye a ainsi suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certaines virulentes, d’autres exprimant surtout l’incompréhension face à certains éléments précédemment rapportés dans la presse.
Des internautes s’interrogent notamment sur l’existence de messages présentés, au cours de la procédure, comme des échanges à caractère affectif avec un homme identifié comme Magib Seck. D’autres estiment que les éléments issus de l’enquête ne sauraient être balayés d’un revers de main et invitent le journaliste à davantage de retenue.
Certains commentaires vont jusqu’à mettre en doute sa version, tandis que d’autres lui rappellent qu’une enquête judiciaire ne peut être réduite à de simples racontars.
C’est ici que se situe toute la difficulté de l’exercice. D’un côté, il serait profondément injuste de présenter comme établis des faits qui ne l’ont pas été judiciairement. De l’autre, il serait tout aussi hasardeux de considérer que les interrogations soulevées au cours d’une procédure disparaissent automatiquement parce qu’un non-lieu a été prononcé.
Les informations attribuées aux enquêteurs de la Brigade de recherches de Keur Massar, et relayées notamment par Libération, ont alimenté le débat autour de ces fameux échanges téléphoniques. Si ces éléments figurent effectivement au dossier, leur portée juridique relève exclusivement de l’appréciation des autorités judiciaires compétentes. Ils ne sauraient être transformés en condamnation par voie de presse ou sur les réseaux sociaux.
Mais ils appellent, à tout le moins, une clarification. Car lorsqu’une personnalité publique affirme que tout cela ne serait que « des accusations », tandis que des éléments précis ont été rapportés dans le cadre d’une enquête, une question légitime demeure : que sont devenus ces éléments ? Quelle en a été l’appréciation judiciaire ? Et pour quelles raisons n’ont-ils pas suffi à justifier la poursuite de la procédure ?
Voilà les véritables questions. Elles méritent mieux que les invectives, les procès d’intention et les certitudes fabriquées à coups de publications sur les réseaux sociaux.
Il faut donc résister à deux tentations symétriques : celle de condamner sans jugement et celle de considérer qu’un non-lieu interdit désormais toute interrogation. La première bafoue la présomption d’innocence ; la seconde confond le respect de la justice avec l’interdiction du débat public.
Pape Birame Bigué Ndiaye est libre de prendre cette affaire avec philosophie, de reprendre son existence et de continuer à exercer son métier. Il est également en droit de contester catégoriquement les accusations dont il estime avoir été injustement la cible.
Mais le public, lui, est fondé à demander que les zones d’ombre soient éclairées, à condition de ne pas franchir la ligne qui sépare la question légitime de la diffamation.
Au fond, cette affaire rappelle une évidence que notre époque numérique tend dangereusement à oublier : un non-lieu n’est ni une condamnation, ni une preuve absolue d’innocence ; c’est une décision judiciaire dont il faut comprendre les motifs avant d’en tirer des conclusions définitives.
La justice a parlé. L’intéressé a donné sa version. La presse a rapporté certains éléments de la procédure. Il appartient désormais à chacun de faire preuve de mesure, de discernement et de respect pour les institutions judiciaires. Car dans une démocratie digne de ce nom, la vérité ne se décrète ni au micro d’une télévision, ni dans le vacarme des réseaux sociaux. Elle se construit à partir des faits, des preuves et du droit. Et lorsqu’il subsiste des questions, les poser n’est pas insulter l’intelligence du public ; c’est précisément refuser de l’insulter par des certitudes faciles.
À sa sortie de prison, le journaliste s’est exprimé au micro de la TFM sur l’affaire dans laquelle son nom avait été cité pour des faits présumés d’actes contre nature. Il affirme n’avoir jamais été impliqué, de près ou de loin, dans les faits évoqués et considère les accusations portées contre lui comme de simples allégations. « C’était juste des accusations. Je ne suis mêlé ni de près ni de loin à cette affaire », a-t-il déclaré, affichant une sérénité assumée.
Il assure également n’avoir jamais envisagé de quitter le Sénégal et dit continuer à vivre normalement, sans se laisser enfermer dans la peur ou le regard des autres. « Je sors quand je veux, sans problème », affirme-t-il, ajoutant qu’il prend cette épreuve « avec philosophie » et entend désormais poursuivre son chemin « avec le torse bombé ».
Une posture qui se comprend au regard du principe cardinal de la présomption d’innocence. Une personne ayant bénéficié d’un non-lieu ne saurait être condamnée dans l’opinion publique en dépit de la décision de la justice.
Le tribunal des réseaux sociaux n’a ni la compétence, ni les garanties procédurales d’une juridiction. Il serait donc dangereux de transformer le soupçon en certitude et la rumeur en verdict.
Mais précisément parce que la justice mérite d’être respectée, les questions qui demeurent dans le débat public doivent également pouvoir être posées avec rigueur.
La sortie de Pape Birame Bigué Ndiaye a ainsi suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certaines virulentes, d’autres exprimant surtout l’incompréhension face à certains éléments précédemment rapportés dans la presse.
Des internautes s’interrogent notamment sur l’existence de messages présentés, au cours de la procédure, comme des échanges à caractère affectif avec un homme identifié comme Magib Seck. D’autres estiment que les éléments issus de l’enquête ne sauraient être balayés d’un revers de main et invitent le journaliste à davantage de retenue.
Certains commentaires vont jusqu’à mettre en doute sa version, tandis que d’autres lui rappellent qu’une enquête judiciaire ne peut être réduite à de simples racontars.
C’est ici que se situe toute la difficulté de l’exercice. D’un côté, il serait profondément injuste de présenter comme établis des faits qui ne l’ont pas été judiciairement. De l’autre, il serait tout aussi hasardeux de considérer que les interrogations soulevées au cours d’une procédure disparaissent automatiquement parce qu’un non-lieu a été prononcé.
Les informations attribuées aux enquêteurs de la Brigade de recherches de Keur Massar, et relayées notamment par Libération, ont alimenté le débat autour de ces fameux échanges téléphoniques. Si ces éléments figurent effectivement au dossier, leur portée juridique relève exclusivement de l’appréciation des autorités judiciaires compétentes. Ils ne sauraient être transformés en condamnation par voie de presse ou sur les réseaux sociaux.
Mais ils appellent, à tout le moins, une clarification. Car lorsqu’une personnalité publique affirme que tout cela ne serait que « des accusations », tandis que des éléments précis ont été rapportés dans le cadre d’une enquête, une question légitime demeure : que sont devenus ces éléments ? Quelle en a été l’appréciation judiciaire ? Et pour quelles raisons n’ont-ils pas suffi à justifier la poursuite de la procédure ?
Voilà les véritables questions. Elles méritent mieux que les invectives, les procès d’intention et les certitudes fabriquées à coups de publications sur les réseaux sociaux.
Il faut donc résister à deux tentations symétriques : celle de condamner sans jugement et celle de considérer qu’un non-lieu interdit désormais toute interrogation. La première bafoue la présomption d’innocence ; la seconde confond le respect de la justice avec l’interdiction du débat public.
Pape Birame Bigué Ndiaye est libre de prendre cette affaire avec philosophie, de reprendre son existence et de continuer à exercer son métier. Il est également en droit de contester catégoriquement les accusations dont il estime avoir été injustement la cible.
Mais le public, lui, est fondé à demander que les zones d’ombre soient éclairées, à condition de ne pas franchir la ligne qui sépare la question légitime de la diffamation.
Au fond, cette affaire rappelle une évidence que notre époque numérique tend dangereusement à oublier : un non-lieu n’est ni une condamnation, ni une preuve absolue d’innocence ; c’est une décision judiciaire dont il faut comprendre les motifs avant d’en tirer des conclusions définitives.
La justice a parlé. L’intéressé a donné sa version. La presse a rapporté certains éléments de la procédure. Il appartient désormais à chacun de faire preuve de mesure, de discernement et de respect pour les institutions judiciaires. Car dans une démocratie digne de ce nom, la vérité ne se décrète ni au micro d’une télévision, ni dans le vacarme des réseaux sociaux. Elle se construit à partir des faits, des preuves et du droit. Et lorsqu’il subsiste des questions, les poser n’est pas insulter l’intelligence du public ; c’est précisément refuser de l’insulter par des certitudes faciles.