Assemblée nationale : le rappel à la norme du Président Ousmane Sonko à l'ouverture de la session extraordinaire

Rédigé par Dakarposte le Lundi 10 Aout 2026 à 11:03 modifié le Lundi 10 Aout 2026 13:03

C’est dans une posture de gardien rigoureux des textes constitutionnels et réglementaires que le Président de l’Assemblée nationale a procédé, ce matin, à l'ouverture solennelle de la session extraordinaire de l'institution parlementaire.
Face aux extrapolations doctrinales et aux méprises juridiques qui ont récemment alimenté le débat public, la deuxième personnalité de l'État a tenu à clarifier, avec une fermeté toute républicaine, les contours légaux régissant les travaux de l'hémicycle.

Au cœur de son allocution, le Président a rappelé que l’organisation et le fonctionnement de la Haute assemblée ne sauraient souffrir d’aucune approximation.
Ils demeurent exclusivement adossés à son règlement intérieur, tel qu'il a été parachevé et porté par la loi organique numéro 2025-11 du 18 août 2025.

Voté à la faveur de l'importance des missions dévolues aux députés, ce texte s’impose, par sa nature organique, au-dessus des lois ordinaires. Il constitue l'unique boussole légale guidant les parlementaires.

Blâmant avec une subtile ironie la propension nationale à s’ériger en spécialiste universel, le chef du perchoir a invité les acteurs politiques à ne plus se référer aux textes antérieurs à 2025, sous peine de verser, fût-ce de bonne foi, dans l’erreur factuelle.



La clarification des règles de convocation et le dogme des quinze jours


Le Président a notamment insisté sur les dispositions de l’article 7 de cette loi organique, qui consacre la nature plurielle de l’initiative en matière de convocation de session extraordinaire.
Réfutant l'idée selon laquelle le Bureau serait incompétent en la matière, il a rappelé que l'Assemblée nationale peut être valablement réunie selon un ordre du jour déterminé, soit sur décision de son propre Bureau, soit à la demande écrite de plus de la moitié de ses membres adressée à son président, soit enfin sur décision du Président de la République, agissant de sa seule initiative ou sur proposition du Premier ministre.

Cette session extraordinaire se voit toutefois imposer une contrainte temporelle absolue : une durée maximale et stricte de quinze jours. Passé ce délai, tout dossier qui n'aura pas été intégralement vidé sera suspendu, quitte à être inscrit à l’ordre du jour d'une session ultérieure. Le temps parlementaire est ici compté, et l’exigence d'efficacité, maximale.

L’ordre du jour de cette session, arrêté en concertation avec la conférence des présidents, s'avère particulièrement dense, répondant ainsi aux attentes légitimes des Sénégalais envers leurs élus. Cinq textes majeurs devront être impérativement examinés et votés durant cette quinzaine. Ce corpus législatif se compose de trois projets de loi initiés par le pouvoir exécutif et de deux propositions de loi émanant directement des députés.

Enfin, le Président de l’Assemblée nationale s'est attaché à dissiper un amalgame persistant concernant le calendrier des commissions d'enquête parlementaires. La loi, là encore, brille par sa précision : la présente session extraordinaire n'a vocation qu'à ratifier formellement, par un vote en plénière à la majorité absolue des députés présents et sans débat, la résolution portant création de ces commissions.

Chaque commission, limitée à onze députés désignés au prorata des groupes parlementaires constitués — tout en incluant les députés non-inscrits —, élira ensuite son bureau, formé d’un président, de deux vice-présidents et d’un rapporteur. Conformément à l’article 58, ces instances revêtent un caractère strictement temporaire.

Leurs investigations s’étaleront de manière autonome sur une période pouvant aller jusqu'à six mois à compter de l’adoption de la résolution, infirmant ainsi l’idée reçue qu’elles devaient clore leurs travaux dans les quinze jours de la session en cours.

Par cette mise au point magistrale, le Président de l'Assemblée nationale a réaffirmé la primauté du droit sur la conjecture, balisant le chemin d'une session parlementaire placée sous le sceau de la rigueur et de la conformité institutionnelle.

Mamadou Ndiaye
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