Aux funérailles de Khamenei, la colère des Iraniens contre les monarchies du Golfe

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 5 Juillet 2026 à 12:24 modifié le Dimanche 5 Juillet 2026 19:26

Une grande prière d'adieu en hommage à l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué lors des frappes israélo-américaines de février dernier, s'est déroulée ce dimanche 5 juillet à Téhéran. Des mois plus tard, malgré le cessez-le-feu, les blessures restent vives. L'offensive israélo-américaine, soutenue par plusieurs pays arabes, continue d'alimenter la colère. Dans les rues de la capitale, les Iraniens dénoncent ce qu'ils qualifient de « trahison » de certaines monarchies du Golfe.


Un mot est sur toutes les lèvres et s'affiche sur les banderoles, les voitures, les murs de Téhéran : « Intiqam » (vengeance, ndlr). Mais comment venger la mort de l'ancien guide suprême ? Pour Hamid, la réponse est simple : « en chassant les Américains et les Israéliens du Moyen-Orient ». Ce Téhéranais est remonté contre certains pays voisins qui ont, dit-il, aidé « l'ennemi ».

« Nous n'avons pas commencé cette guerre. Elle nous a été imposée. Cette guerre a été lancée depuis le territoire des pays du Golfe. L'Iran était dans son bon droit de lancer des représailles contre ces pays du Golfe. Notre réponse est légale et légitime. Et cela concerne aussi la fermeture du détroit d'Ormuz. En temps de guerre et d'insécurité, nous avons le droit d'arrêter le trafic maritime », assure-t-il.



Proximité géographique

Rive nord du détroit d'Ormuz : l'Iran. Rive sud : la péninsule Arabique. Pour Hamid, les deux rives devraient être liées par bien plus que leur seule proximité géographique. « Ces pays du Golfe ont la même religion que nous. On est musulmans, ils sont musulmans. Mais durant les dernières décennies, leurs dirigeants ont cessé de respecter les enseignements de l'islam. Je vise évidemment ceux qui gouvernent, pas leurs peuples. Nous n'avons absolument aucun problème avec les peuples du monde et de la région, sauf un : Israël. Les Israéliens sont des envahisseurs qui n'appartiennent pas à la terre qu'ils occupent par la force », clame Hamid.

Au-delà des soutiens de la République islamique, la guerre a aussi ébranlé certaines certitudes. Hors micro, une Iranienne très critique envers les autorités confie réécouter aujourd'hui les discours de l'ancien guide suprême avec beaucoup d’intérêt. « En fait, il avait raison sur Israël et les États-Unis », dit-elle. Comme elle, certains Iraniens racontent avoir vu, un temps ces deux pays comme des « libérateurs ». Les bombardements leur ont laissé une toute autre image, celle d'agresseurs.

Recommandé Pour Vous