Trois balles. Une vie qui s’éteint. Une famille plongée dans le désarroi. Et, désormais, une question lancinante : que s’est-il réellement passé à Hondarribia ?
Babacar Welle, ressortissant sénégalais établi au Pays basque espagnol, est mort après avoir été atteint par des tirs de policiers.
Selon des proches, dont Lala Rassoul, qui affirme que le défunt était le frère de son père, il aurait reçu trois balles. Une mort brutale qui laisse derrière elle une famille nombreuse, une communauté sous le choc et une succession de questions auxquelles seule une enquête rigoureuse pourra apporter des réponses.
Tout commence lundi après-midi, dans la rue San Pedro, au cœur de cette ville côtière de la province de Gipuzkoa. Selon le Département de la sécurité du gouvernement basque, un homme aurait menacé plusieurs personnes avec un couteau dans un bar. Des témoins rapportent qu’il serait entré dans plusieurs établissements du centre-ville, arme blanche à la main, menaçant des clients.
La police municipale et l’Ertzaintza, la police régionale basque, sont rapidement mobilisées. D’après la version officielle, les agents auraient tenté, sans succès, de le calmer.
Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent un homme marchant pieds nus, un couteau dans la main droite, suivi de plusieurs policiers. Puis vient le rond-point situé entre les rues Itsasargi et Zuloaga, à proximité d’un établissement scolaire. Quelques secondes plus tard, tout bascule.
Selon les autorités basques, l’homme se serait retourné et aurait tenté à plusieurs reprises de poignarder une agente de l’Ertzaintza. Un policier municipal aurait alors utilisé son arme de service pour repousser l’agression. Trois coups de feu sont tirés.
L’homme s’effondre. Les policiers lui prodiguent les premiers soins. Les secours arrivent et poursuivent les manœuvres de réanimation. Mais il est trop tard. Babacar Welle meurt sur place.
Les autorités soulignent qu’il avait déjà été arrêté à douze reprises et qu’il faisait l’objet de dix enquêtes. Des éléments qui devront être examinés dans leur contexte, mais qui ne peuvent, à eux seuls, répondre à la question essentielle : que s’est-il passé au moment précis où les policiers ont fait usage de leurs armes ?
Car une autre version des faits circule déjà.
Des témoins affirment que la scène s’est déroulée en quelques secondes. Ils disent que Babacar Welle poursuivait effectivement l’agente avec son couteau, mais qu’il aurait trébuché alors qu’il était sur le point de la frapper. Et c’est à cet instant précis que le policier aurait tiré.
Cette nuance est loin d’être anodine. Elle constitue précisément l’un des éléments que l’enquête devra établir avec la plus grande rigueur : quelle était la distance entre l’homme et l’agente ? La menace était-elle toujours immédiate au moment des tirs ? Quelles autres options étaient disponibles ? Les trois coups de feu étaient-ils nécessaires dans les circonstances exactes de la scène ?
Il ne s’agit pas de rendre un verdict à la place de la justice. Il s’agit de poser les questions que toute mort provoquée par l’usage d’une arme à feu impose.
Car derrière les images, les rapports et les versions contradictoires, il y a un homme. Un frère. Un père. Un fils. Un membre d’une communauté. Et surtout, une famille qui devra désormais apprendre à vivre sans lui.
Quelques minutes après les tirs, le frère de Babacar arrive sur les lieux. Il veut voir son frère, s’approcher de son corps. On l’en empêche, pour les nécessités de l’enquête. Son désarroi est immense. Il rappelle que Babacar faisait vivre une famille nombreuse et pose une question qui dépasse le seul drame familial : que deviendront désormais sa mère et ses enfants ?
Puis vient la communauté sénégalaise.
À Hondarribia, une centaine de personnes seraient d’origine sénégalaise, beaucoup travaillant dans le secteur de la pêche. Une trentaine d’entre elles restent pendant des heures derrière le cordon de sécurité. Pas de débordement majeur. Mais une colère contenue, une douleur palpable et une incompréhension grandissante.
Une représentante de la communauté s’avance vers les policiers. Sa question résonne comme le cri d’une communauté endeuillée : n’y avait-il vraiment « aucune autre solution » ?
La question restera probablement au cœur du débat.
Peu après 23 h 30, le corps est finalement emporté par les services funéraires après autorisation judiciaire. Aucun proche ne pourra le voir. Le corbillard quitte les lieux par le côté opposé à celui où attendent la famille et les amis.
Alors éclatent les cris : « Assassins ! »
Et les larmes.
Dans cette nuit de Hondarribia, ce ne sont pas seulement les proches de Babacar Welle qui attendent des réponses. C’est toute une communauté qui demande à comprendre. Une communauté qui veut savoir comment une intervention policière a pu se terminer par la mort d’un des siens.
L’enquête confiée à l’Ertzaintza devra donc être à la hauteur de la gravité des faits. Elle devra établir la chronologie précise de l’intervention, confronter les témoignages aux images disponibles, déterminer les circonstances exactes des tirs et examiner la proportionnalité de l’usage de la force au moment où chaque coup de feu a été tiré.
La présomption d’innocence doit être respectée. Mais elle ne saurait signifier que les questions doivent être tues. De la même manière, la douleur de la famille ne saurait devenir une condamnation anticipée.
Une chose, en revanche, ne souffre d’aucune ambiguïté : Babacar Welle est mort. Trois balles ont mis fin à sa vie. Une famille est désormais privée d’un des siens. Et une communauté entière réclame que la lumière soit faite.
Dans ce contexte, l’État du Sénégal ne peut rester spectateur. Il lui appartient de s’enquérir des circonstances de la mort de son ressortissant, d’accompagner sa famille et de veiller, dans le respect des procédures judiciaires espagnoles, à ce que toute la vérité puisse être établie.
À Hondarribia, une famille attend des réponses. Une communauté attend des explications. Et la justice devra désormais parler avec les faits, les preuves et la vérité.
Babacar Welle, ressortissant sénégalais établi au Pays basque espagnol, est mort après avoir été atteint par des tirs de policiers.
Selon des proches, dont Lala Rassoul, qui affirme que le défunt était le frère de son père, il aurait reçu trois balles. Une mort brutale qui laisse derrière elle une famille nombreuse, une communauté sous le choc et une succession de questions auxquelles seule une enquête rigoureuse pourra apporter des réponses.
Tout commence lundi après-midi, dans la rue San Pedro, au cœur de cette ville côtière de la province de Gipuzkoa. Selon le Département de la sécurité du gouvernement basque, un homme aurait menacé plusieurs personnes avec un couteau dans un bar. Des témoins rapportent qu’il serait entré dans plusieurs établissements du centre-ville, arme blanche à la main, menaçant des clients.
La police municipale et l’Ertzaintza, la police régionale basque, sont rapidement mobilisées. D’après la version officielle, les agents auraient tenté, sans succès, de le calmer.
Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent un homme marchant pieds nus, un couteau dans la main droite, suivi de plusieurs policiers. Puis vient le rond-point situé entre les rues Itsasargi et Zuloaga, à proximité d’un établissement scolaire. Quelques secondes plus tard, tout bascule.
Selon les autorités basques, l’homme se serait retourné et aurait tenté à plusieurs reprises de poignarder une agente de l’Ertzaintza. Un policier municipal aurait alors utilisé son arme de service pour repousser l’agression. Trois coups de feu sont tirés.
L’homme s’effondre. Les policiers lui prodiguent les premiers soins. Les secours arrivent et poursuivent les manœuvres de réanimation. Mais il est trop tard. Babacar Welle meurt sur place.
Les autorités soulignent qu’il avait déjà été arrêté à douze reprises et qu’il faisait l’objet de dix enquêtes. Des éléments qui devront être examinés dans leur contexte, mais qui ne peuvent, à eux seuls, répondre à la question essentielle : que s’est-il passé au moment précis où les policiers ont fait usage de leurs armes ?
Car une autre version des faits circule déjà.
Des témoins affirment que la scène s’est déroulée en quelques secondes. Ils disent que Babacar Welle poursuivait effectivement l’agente avec son couteau, mais qu’il aurait trébuché alors qu’il était sur le point de la frapper. Et c’est à cet instant précis que le policier aurait tiré.
Cette nuance est loin d’être anodine. Elle constitue précisément l’un des éléments que l’enquête devra établir avec la plus grande rigueur : quelle était la distance entre l’homme et l’agente ? La menace était-elle toujours immédiate au moment des tirs ? Quelles autres options étaient disponibles ? Les trois coups de feu étaient-ils nécessaires dans les circonstances exactes de la scène ?
Il ne s’agit pas de rendre un verdict à la place de la justice. Il s’agit de poser les questions que toute mort provoquée par l’usage d’une arme à feu impose.
Car derrière les images, les rapports et les versions contradictoires, il y a un homme. Un frère. Un père. Un fils. Un membre d’une communauté. Et surtout, une famille qui devra désormais apprendre à vivre sans lui.
Quelques minutes après les tirs, le frère de Babacar arrive sur les lieux. Il veut voir son frère, s’approcher de son corps. On l’en empêche, pour les nécessités de l’enquête. Son désarroi est immense. Il rappelle que Babacar faisait vivre une famille nombreuse et pose une question qui dépasse le seul drame familial : que deviendront désormais sa mère et ses enfants ?
Puis vient la communauté sénégalaise.
À Hondarribia, une centaine de personnes seraient d’origine sénégalaise, beaucoup travaillant dans le secteur de la pêche. Une trentaine d’entre elles restent pendant des heures derrière le cordon de sécurité. Pas de débordement majeur. Mais une colère contenue, une douleur palpable et une incompréhension grandissante.
Une représentante de la communauté s’avance vers les policiers. Sa question résonne comme le cri d’une communauté endeuillée : n’y avait-il vraiment « aucune autre solution » ?
La question restera probablement au cœur du débat.
Peu après 23 h 30, le corps est finalement emporté par les services funéraires après autorisation judiciaire. Aucun proche ne pourra le voir. Le corbillard quitte les lieux par le côté opposé à celui où attendent la famille et les amis.
Alors éclatent les cris : « Assassins ! »
Et les larmes.
Dans cette nuit de Hondarribia, ce ne sont pas seulement les proches de Babacar Welle qui attendent des réponses. C’est toute une communauté qui demande à comprendre. Une communauté qui veut savoir comment une intervention policière a pu se terminer par la mort d’un des siens.
L’enquête confiée à l’Ertzaintza devra donc être à la hauteur de la gravité des faits. Elle devra établir la chronologie précise de l’intervention, confronter les témoignages aux images disponibles, déterminer les circonstances exactes des tirs et examiner la proportionnalité de l’usage de la force au moment où chaque coup de feu a été tiré.
La présomption d’innocence doit être respectée. Mais elle ne saurait signifier que les questions doivent être tues. De la même manière, la douleur de la famille ne saurait devenir une condamnation anticipée.
Une chose, en revanche, ne souffre d’aucune ambiguïté : Babacar Welle est mort. Trois balles ont mis fin à sa vie. Une famille est désormais privée d’un des siens. Et une communauté entière réclame que la lumière soit faite.
Dans ce contexte, l’État du Sénégal ne peut rester spectateur. Il lui appartient de s’enquérir des circonstances de la mort de son ressortissant, d’accompagner sa famille et de veiller, dans le respect des procédures judiciaires espagnoles, à ce que toute la vérité puisse être établie.
À Hondarribia, une famille attend des réponses. Une communauté attend des explications. Et la justice devra désormais parler avec les faits, les preuves et la vérité.