L’enquête tentaculaire autour du marché présumé frauduleux des bracelets électroniques, dont le montant pharaonique s’élève à onze milliards de francs CFA, vient de connaître une accélération spectaculaire qui ébranle les fondations de la haute administration et du monde des affaires.
L’instruction menée par le Pool judiciaire financier a franchi un palier décisif avec l’incarcération retentissante de Pape Gora Guèye, parfois identifié sous le patronyme d’El Hadji Gora Diop Guèye, directeur de la société Colombe Cyber Defense Operations Center et gendre de l’ancienne ministre de la Justice, Maître Aïssata Tall Sall.
Cueillie dès sa descente d’avion ce mardi à l’Aéroport international Blaise Diagne alors qu’elle revenait de l’étranger, cette figure centrale du dossier a été interpellée par les forces de l’ordre en vertu d’une mesure d’opposition frontalière, avant d'être déférée devant le magistrat instructeur du troisième cabinet financier, qui a scellé son destin immédiat par un placement sous mandat de dépôt à la prison de Rebeuss.
Cette arrestation met en lumière la responsabilité d'une fratrie d'hommes d'affaires, puisque les deux fournisseurs au cœur de cette nébuleuse ne sont autres que les frères Pape Gora Guèye et Djiby Chimère Guèye ; si le premier dort désormais en cellule, le second se trouve d'ores et déjà dans le viseur de la justice, engagé sur la même trajectoire carcérale.
En rejoignant les geôles de la République, Pape Gora Guèye y retrouve Moussa Seydi, l’ancien directeur des Finances, du Budget, du Matériel et des Infrastructures pénitentiaires, lui aussi arraché à l’anonymat de ses fonctions et extrait de sa cellule pour être confronté au collège des juges.
Cet administrateur, dont la situation rappelle douloureusement qu'il laisse derrière lui une famille éprouvée par l'opprobre, a maintenu une ligne de défense inflexible, rejetant en bloc les cinq chefs d’inculpation qui pèsent sur lui — notamment le détournement de deniers publics portant sur plus de cinq milliards, l'escroquerie au préjudice de l'État pour plus de trois milliards, le faux en écriture publique, l'association de malfaiteurs et le blanchiment de capitaux — en affirmant que les prestations, la maintenance et la formation avaient été exécutées dans le strict respect des règles de l’art avant d’être reconduit sous bonne escorte dans sa cellule.
L’affaire, qui repose sur deux contrats distincts conclus entre le ministère de la Justice et la société des frères Guèye — le premier en 2020 pour un montant de 6,88 milliards, le second en 2023 s'élevant à 5,34 milliards, chacun devant initialement livrer mille dispositifs —, révèle un abîme vertigineux entre les deniers publics décaissés et la réalité des livraisons constatée par l’Administration pénitentiaire, cette dernière n’ayant réceptionné qu'un lot de 1 352 bracelets dont une fraction significative de 214 unités présentait de graves défectuosités techniques.
Ce gouffre financier, matérialisé par une avance de démarrage suspecte de plus de 1,3 milliard de francs CFA et un différentiel inexpliqué de plus de 3,6 milliards, sonne comme un avertissement solennel et une leçon magistrale destinés à tous les agents de l’administration qui, jadis, accordaient de gré à gré de somptueux marchés et recevaient ces courtisans d’affaires dans le secret de leurs bureaux ministériels.
Alors que le dossier menace désormais d’éclabousser de très hautes autorités du régime sortant, l’incarcération simultanée du bras financier de la direction pénitentiaire et du fournisseur attitré de l'État vient rappeler avec une force inédite que le temps de l'impunité est révolu et que, sous les cieux de la justice nouvelle, nul n’est au-dessus de la loi.
L’instruction menée par le Pool judiciaire financier a franchi un palier décisif avec l’incarcération retentissante de Pape Gora Guèye, parfois identifié sous le patronyme d’El Hadji Gora Diop Guèye, directeur de la société Colombe Cyber Defense Operations Center et gendre de l’ancienne ministre de la Justice, Maître Aïssata Tall Sall.
Cueillie dès sa descente d’avion ce mardi à l’Aéroport international Blaise Diagne alors qu’elle revenait de l’étranger, cette figure centrale du dossier a été interpellée par les forces de l’ordre en vertu d’une mesure d’opposition frontalière, avant d'être déférée devant le magistrat instructeur du troisième cabinet financier, qui a scellé son destin immédiat par un placement sous mandat de dépôt à la prison de Rebeuss.
Cette arrestation met en lumière la responsabilité d'une fratrie d'hommes d'affaires, puisque les deux fournisseurs au cœur de cette nébuleuse ne sont autres que les frères Pape Gora Guèye et Djiby Chimère Guèye ; si le premier dort désormais en cellule, le second se trouve d'ores et déjà dans le viseur de la justice, engagé sur la même trajectoire carcérale.
En rejoignant les geôles de la République, Pape Gora Guèye y retrouve Moussa Seydi, l’ancien directeur des Finances, du Budget, du Matériel et des Infrastructures pénitentiaires, lui aussi arraché à l’anonymat de ses fonctions et extrait de sa cellule pour être confronté au collège des juges.
Cet administrateur, dont la situation rappelle douloureusement qu'il laisse derrière lui une famille éprouvée par l'opprobre, a maintenu une ligne de défense inflexible, rejetant en bloc les cinq chefs d’inculpation qui pèsent sur lui — notamment le détournement de deniers publics portant sur plus de cinq milliards, l'escroquerie au préjudice de l'État pour plus de trois milliards, le faux en écriture publique, l'association de malfaiteurs et le blanchiment de capitaux — en affirmant que les prestations, la maintenance et la formation avaient été exécutées dans le strict respect des règles de l’art avant d’être reconduit sous bonne escorte dans sa cellule.
L’affaire, qui repose sur deux contrats distincts conclus entre le ministère de la Justice et la société des frères Guèye — le premier en 2020 pour un montant de 6,88 milliards, le second en 2023 s'élevant à 5,34 milliards, chacun devant initialement livrer mille dispositifs —, révèle un abîme vertigineux entre les deniers publics décaissés et la réalité des livraisons constatée par l’Administration pénitentiaire, cette dernière n’ayant réceptionné qu'un lot de 1 352 bracelets dont une fraction significative de 214 unités présentait de graves défectuosités techniques.
Ce gouffre financier, matérialisé par une avance de démarrage suspecte de plus de 1,3 milliard de francs CFA et un différentiel inexpliqué de plus de 3,6 milliards, sonne comme un avertissement solennel et une leçon magistrale destinés à tous les agents de l’administration qui, jadis, accordaient de gré à gré de somptueux marchés et recevaient ces courtisans d’affaires dans le secret de leurs bureaux ministériels.
Alors que le dossier menace désormais d’éclabousser de très hautes autorités du régime sortant, l’incarcération simultanée du bras financier de la direction pénitentiaire et du fournisseur attitré de l'État vient rappeler avec une force inédite que le temps de l'impunité est révolu et que, sous les cieux de la justice nouvelle, nul n’est au-dessus de la loi.