Budget 2027 : la Présidence gagne 19,3 milliards, l’Assemblée nationale perd 1,2 milliard

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 15 Octobre 2026 à 13:42 modifié le Jeudi 15 Octobre 2026 15:42

Le projet de Loi de finances initiale pour l’exercice 2027 (LFI-2027) consacre une reconfiguration stratégique des équilibres budgétaires de l'État du Sénégal. Sur une enveloppe globale projetant 6 012,1 milliards de FCFA de recettes face à 7 363,7 milliards de FCFA de charges publiques, la ventilation des crédits alloués aux institutions constitutionnelles — s'élevant à plus de 296,6 milliards de FCFA — met en exergue des choix politiques et macroéconomiques contrastés entre renforcement de l’exécutif et rationalisation des organes parlementaires et judiciaires.

L'architecture budgétaire de la Présidence de la République s'établit à 223,8 milliards de FCFA, marquant une trajectoire haussière de 19,3 milliards de FCFA comparativement à l'exercice 2026. Cette expansion est paradoxalement portée, non pas par le cœur opérationnel de l’institution — le programme « Présidence de la République » refluant à 183,3 milliards de FCFA —, mais par une capitalisation massive du « Fonds intergénérationnel ». Les dotations de ce vecteur de souveraineté financière bondissent de 7,6 milliards à 39,7 milliards de FCFA, traduisant une volonté patrimoniale d’épargne à long terme. Au plan de la ventilation économique, la structure des dépenses de la présidence consacre 19,7 milliards de FCFA aux frais de personnel et 60,1 milliards de FCFA aux transferts en capital.

Dans la même dynamique sectorielle, la Primature, sous l'égide d'Al Aminou, bénéficie d'une consolidation de ses moyens de fonctionnement. Ses crédits s'apprécient de 1,4 milliard de FCFA pour atteindre une enveloppe de 32,3 milliards de FCFA, dont 12,1 milliards investis directement par l’État pour soutenir l’action de coordination gouvernementale.

À l'inverse, une politique d'austérité relative frappe le pouvoir législatif. L’Assemblée nationale, présidée par Ousmane Sonko, subit une attrition de ses ressources à hauteur de 1,2 milliard de FCFA, stabilisant son budget à 21,1 milliards de FCFA. Les transferts courants en absorbent la part hégémonique avec 17,7 milliards de FCFA, réduisant la marge de manœuvre de l’institution en matière d’investissements directs, relégués à un niveau marginal de 318,2 millions de FCFA.

Les cours supérieures de la magistrature subissent un sort analogue, empreint de rigueur comptable. La Cour des comptes enregistre une rétraction de plus de 400 millions de FCFA, son budget glissant à 13 milliards de FCFA, tandis que la Cour suprême voit son enveloppe légèrement érodée, s'établissant à 4,6 milliards de FCFA. Seul le Conseil constitutionnel s'extrait de cette logique de contraction judiciaire, ses crédits progressant modestement pour atteindre 1,5 milliard de FCFA.
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