CDC : Fadilou Keïta, Amadou Lamine Guissé… la passation de service s’enlise de report en report

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 30 Septembre 2026 à 11:14 modifié le Mercredi 30 Septembre 2026 13:15

À la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la transition à la tête de l’institution ressemble désormais à un interminable feuilleton administratif. Alors qu’une passation de service entre Fadilou Keïta et son successeur par intérim, Amadou Lamine Guissé, était annoncée pour ce mercredi 30 septembre, le rendez-vous a une nouvelle fois été repoussé.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, la cérémonie est désormais prévue le 5 octobre prochain.

Un nouveau report qui vient allonger une série de péripéties dont la CDC se serait volontiers passée. Car depuis l’annonce du départ de Fadilou Keïta, la succession à la tête de cette institution stratégique donne lieu à une séquence particulièrement mouvementée.

Tout est parti de la décision des autorités d’ouvrir un appel à candidatures en vue de désigner le futur directeur général de la CDC. Cette orientation a entraîné le départ de Fadilou Keïta de ses fonctions de directeur général et l’installation d’Amadou Lamine Guissé comme directeur général par intérim.

Nommé pour assurer la continuité du service, ce dernier exerce ses fonctions depuis le 21 septembre. Mais alors que la transition devait logiquement être actée par une cérémonie de passation de service, celle-ci peine à se concrétiser.

Le premier rendez-vous n’a pas permis de tourner définitivement la page. Puis un autre. Et désormais un nouveau calendrier est fixé : le 5 octobre.

De report en report, la passation de service s’est ainsi transformée en une véritable équation administrative, alors même que le nouveau directeur général par intérim est déjà aux commandes de l’institution depuis plusieurs jours.

Selon les informations de L’Observateur, ces reports seraient liés à un « blocage » dans la formalisation de la transition, notamment autour de la signature des documents officiels nécessaires à la passation. Une situation pour le moins singulière : l’intérim est juridiquement et administrativement engagé, mais la transmission formelle des responsabilités entre les deux dirigeants demeure, elle, suspendue.

Le cas de Fadilou Keïta donne à cette séquence une dimension particulière. Son départ intervient dans un contexte où les autorités ont décidé de remettre à plat le processus de désignation du directeur général de la CDC en privilégiant désormais un appel à candidatures. Une procédure destinée à ouvrir la compétition pour la direction de l’institution, mais qui a eu pour première conséquence de précipiter la fin du mandat de celui qui en occupait jusqu’alors les commandes.

Depuis, les événements s’enchaînent sans véritable épilogue.

Fadilou Keïta quitte la direction. Amadou Lamine Guissé est désigné pour assurer l’intérim. Celui-ci prend effectivement ses fonctions le 21 septembre. Mais la traditionnelle cérémonie matérialisant la transmission des responsabilités tarde à intervenir. Le rendez-vous annoncé est décalé, puis à nouveau reprogrammé.

Et voilà désormais le 5 octobre inscrit au calendrier.

Cette succession à rebondissements intervient dans une institution dont le rôle dans l’architecture financière de l’État confère naturellement une importance particulière à la stabilité de sa gouvernance. La CDC est appelée à jouer un rôle majeur dans la mobilisation et la gestion de ressources destinées au financement de politiques publiques et de projets structurants. La continuité administrative y revêt donc une importance particulière.

D’où les interrogations suscitées par cette transition qui s’étire dans le temps. Au-delà de la personne de Fadilou Keïta ou de celle d’Amadou Lamine Guissé, c’est la fluidité même du fonctionnement institutionnel qui se trouve aujourd’hui au centre de l’attention.

Le départ du directeur général sortant devait ouvrir une nouvelle séquence. L’appel à candidatures devait, à terme, permettre de désigner un nouveau titulaire. Dans l’intervalle, un intérimaire devait assurer la continuité. Mais entre ces différentes étapes, la passation formelle semble avoir du mal à trouver son épilogue.

Pour l’heure, Amadou Lamine Guissé continue d’assurer l’intérim depuis le 21 septembre, tandis que Fadilou Keïta reste officiellement dans l’attente de cette passation qui doit consacrer, dans les formes, la transmission des responsabilités.

Le 5 octobre sera donc un nouveau rendez-vous. Reste à savoir si cette date sera enfin la bonne et permettra de refermer définitivement le chapitre Fadilou Keïta à la CDC, avant l’ouverture d’une nouvelle étape consacrée à la sélection du prochain directeur général.

En attendant, à la Caisse des dépôts et consignations, la passation de service n’en finit plus de se faire attendre. Un départ acté, un intérim installé, mais une transition formelle qui, de report en report, peine encore à trouver son point final.

Mamadou Ndiaye
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