CDC : le PJF ouvre une information judiciaire après la découverte d’un préjudice de 2,225 milliards de FCFA

Rédigé par Dakarposte le Lundi 17 Aout 2026 à 15:28 modifié le Lundi 17 Aout 2026 17:29

Le Pool judiciaire financier (PJF) vient de franchir une nouvelle étape dans une affaire présumée de surfacturation et de détournement impliquant deux agents du Consortium Africain de Conseil et d’Organisation (CACO), filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

Dans un communiqué daté du 13 août 2026, le procureur de la République financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, indique qu’une information judiciaire a été ouverte au regard de la gravité des faits signalés.

À l’origine de la procédure, une plainte déposée le 18 novembre 2024 par le directeur général du CACO auprès de la Division des Investigations criminelles (DIC), à propos de paiements de factures qui ne correspondraient à aucune prestation effective. Les investigations ont, selon le parquet financier, mis au jour plusieurs cas de surfacturation pour un préjudice évalué à 2 225 584 796 francs CFA.

Le dossier prend désormais une dimension judiciaire avec l’ouverture d’une information contre deux agents du CACO et X, pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de détournement de deniers publics.

Il convient toutefois de rappeler que l'ouverture d'une information judiciaire ne préjuge nullement de la culpabilité des personnes visées. Celles-ci bénéficient, comme toute personne mise en cause, de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.

Cette affaire illustre néanmoins la volonté affichée du PJF de pousser les investigations jusqu’à leur terme lorsqu’apparaissent des soupçons susceptibles de porter atteinte aux finances publiques. Créé notamment pour traiter les dossiers complexes de criminalité économique et financière, le Pool dispose précisément de compétences spécialisées en matière de détournement, de corruption, de blanchiment et d’infractions liées à la commande publique.

Le montant évoqué — plus de 2,2 milliards de francs CFA — donne à cette procédure une gravité particulière. Il appartiendra désormais au juge d’instruction de déterminer la réalité des faits, leur ampleur exacte, les responsabilités individuelles éventuelles et, le cas échéant, l’existence d’autres personnes impliquées.

Au-delà des noms et des fonctions, l’enjeu est celui de la protection des deniers publics. Dans une institution comme la CDC et ses filiales, où la rigueur financière et la traçabilité des opérations doivent constituer des exigences cardinales, toute anomalie de cette nature appelle une réponse judiciaire à la hauteur des sommes en cause.

La justice est désormais saisie. Le temps des soupçons laisse place à celui des preuves.

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