CRISE BUDGÉTAIRE : PASTEF DÉNONCE LE FLOU SUR LA DETTE ET LES FONDS SPÉCIAUX, LE DIALOGUE RESTE POSSIBLE !

Rédigé par Dakarposte le Samedi 31 Octobre 2026 à 12:24 modifié le Samedi 31 Octobre 2026 13:24

Le bras de fer financier qui paralyse l'appareil d'État s'est cristallisé à travers une mise au point politique de la majorité législative.
À la suite du second rejet du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2026 par la Commission des Finances ce vendredi 30 octobre 2026, le Groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes a publié un communiqué pour détailler les motifs de son opposition. Les députés y qualifient d’« insuffisantes et insatisfaisantes » les réponses apportées par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, aux observations initiales de la commission [FMI, Julie KOZACK].

Le groupe majoritaire reproche en outre au Gouvernement son inertie technique, soulignant qu'« aucune modification » n'a été intégrée au texte entre les deux examens, ce qui a motivé leur décision de bloquer le projet en l'état.

L'argumentaire de la majorité s'articule autour d'un constat de défaillance technique et éthique de la trajectoire financière proposée. PASTEF pointe en premier lieu un défaut de « sincérité budgétaire » concernant les données réelles du déficit public et de l'encours de la dette nationale [Moody's, FMI].

Le communiqué fustige également l'inefficacité des mesures d'accompagnement social, jugées inaptes à freiner la cherté de la vie et à soutenir le pouvoir d’achat. Les parlementaires dénoncent une incohérence flagrante dans l’arbitrage des deniers publics, estimant que les choix d'investissement et les urgences sociales de la population ont été occultés par la copie gouvernementale.

Le point nodal de cette ligne de rupture repose sur l'exercice du contrôle parlementaire et l'exigence de transparence. PASTEF dénonce formellement le refus de l'Exécutif de transmettre plusieurs documents comptables jugés névralgiques pour l'évaluation du texte.

Sont nommément cités le rapport d'audit du cabinet Forvis Mazars, l'état des lieux de l’Inspection générale des finances (IGF) sur la dette non financière, ainsi que le rapport d’exécution budgétaire arrêté au mois de septembre 2026.

La persistance du gouvernement à maintenir le flou sur le sort des agences publiques budgétivores et sur l’encadrement des fonds spéciaux complète la liste des récriminations.

Tout en actant cette impasse à la veille de la séance plénière prévue mardi prochain, la formation majoritaire prend le soin de ne pas endosser la responsabilité exclusive d'un blocage institutionnel permanent face aux bailleurs de fonds.

Le groupe parlementaire conclut son adresse en réitérant sa « disponibilité à un dialogue », conditionnant toutefois toute issue favorable à la présentation d'un budget réaliste, expurgé des approximations dénoncées et aligné sur les priorités économiques des Sénégalais.

Mamadou Ndiaye
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