Ce que l'on sait de l'accord-cadre signé par le Liban, Israël et les États-Unis

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 26 Juin 2026 à 22:28 modifié le Samedi 27 Juin 2026 00:29

Israël, le Liban et les États-Unis ont signé vendredi 26 juin à Washington un accord-cadre avec pour objectif affiché d'ouvrir la voie à « une paix et une sécurité durables ». Israël assure que son armée restera au Liban jusqu'au désarmement du Hezbollah pro-iranien.


« Nous sommes heureux d’annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et le gouvernement d’Israël, avec la médiation et le soutien des États-Unis », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Selon lui, ce texte, dont le contenu n’a pas été dévoilé lors de la signature à Washington, pose « un cadre pour une paix et une sécurité durables ».

L’ambassadrice du Liban Nada Hamadeh Moawad a salué « un premier pas vers la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban, assurant une cessation des hostilités définitive et permanente, permettant à notre peuple de revenir sur ses terres, et permettant à tous les Libanais de vivre en paix, en sécurité et avec prospérité ».

L’ambassadeur israélien Yechiel Leiter a lui souligné que dans cet accord-cadre, « l’Iran est exclu, le Hezbollah est exclu, et la voie vers la paix entre Israël et le Liban est ouverte ».



Un « premier pas » vers la restauration de la souveraineté du Liban, dit le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré vendredi que cet accord-cadre était « un premier pas » vers la restauration de la souveraineté de son pays sans « occupation », « subordination » ni « tutelle ».

« L'accord-cadre signé aujourd'hui est une première étape » qui doit permettre aux Libanais « de revenir sur leurs terres entièrement libérées et dans leurs maisons qui seront assurément reconstruites (...) sous la souveraineté de l'État libanais, qui n'a aucun partenaire dans l'exercice de sa souveraineté sur sa terre et son peuple », a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué de la présidence.

« Nous jurons de continuer à œuvrer jusqu'à ce que cela soit accompli. Il n'y aura plus d'occupation, de prisonniers, de subordination ni de tutelle », a-t-il promis.

Israël restera dans le sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah rende les armes

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a redit vendredi que son armée resterait dans le sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah rende les armes, une déclaration qui intervient juste après l'annonce d'un accord-cadre entre Israël, le Liban et les États-Unis.

« La chose la plus importante avant tout est qu'Israël reste dans la zone de sécurité dans le sud du Liban. C'est un accomplissement majeur et nous le maintiendrons tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé », a déclaré Benyamin Netanyahu dans une vidéo préenregistrée, diffusée aux médias israéliens.

L'armée israélienne permettra néanmoins à l'armée libanaise de prendre le contrôle de « deux zones pilotes », l'une au sud du fleuve Litani, l'autre au nord de ce dernier, situé , à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les habitants déplacés de la zone occupée par Israël ne pourront pas revenir

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a prévenu vendredi que les habitants qui avaient dû fuir des zones où l'armée israélienne est désormais déployée dans le sud du Liban ne pourront pas revenir chez eux, malgré l'accord-cadre signé entre Israël, le Liban et les États-Unis.

Dans cette zone dite « de sécurité », « nous n'y laissons pas entrer le Hezbollah et nous ne laissons pas non plus entrer la population civile », a déclaré Benyamin Netanyahu.


Un député du Hezbollah estime que l'accord au Liban fait courir le risque d'une «guerre civile»


Le député du Hezbollah pro-iranien Hassan Fadlallah a estimé vendredi soir que cet accord-cadre faisait courir un risque de « guerre civile » s'il était appliqué par les autorités libanaises.

Les « autorités libanaises seront incapables d'imposer la mise en œuvre de l'accord signé à Washington, à moins qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile », a affirmé le membre du mouvement chiite qui a toujours rejeté ces négociations directes entre Israël et le Liban.

Cet accord est également pour lui « une tentative de perturber la voie d'Islamabad », en référence au protocole d'accord signé le 17 juin entre l'Iran et les États-Unis qui prévoit notamment la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban.


Les hostilités sur le front libanais ont repris début mars après des tirs du Hezbollah pro-iranien vers Israël, déclenchés en soutien à Téhéran visé par une offensive militaire israélo-américaine.

L’armée israélienne a mené de vastes frappes aériennes au Liban et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4 200 morts selon les autorités libanaises. Elle occupe désormais ce qu’elle appelle une « zone de sécurité » d’une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de la frontière, censée protéger les habitants du nord d’Israël.

Une trêve annoncée le 17 avril n’a jamais été respectée.

Le Hezbollah s’oppose depuis le début aux négociations menées avec Israël. Son chef Naïm Qassem a réclamé vendredi le retrait « inconditionnel » des forces israéliennes du sud du Liban.

Sous les auspices des États-Unis, le Liban et Israël avaient entamé mi-avril des discussions directes à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre. Cette session de pourparlers était la cinquième.











Rfi

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