Cérémonie de réception des sélections nationales U17 et U15, championnes d'Afrique- ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Rédigé par Dakarposte le Lundi 8 Juin 2026 à 23:59 modifié le Mardi 9 Juin 2026 16:33

Madame le Ministre de la Jeunesse et des sports,
Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les membres de la Fédération sénégalaise de Football,
Mesdames, Messieurs les membres de l'encadrement technique et administratif des sélections U17 et U15,
Chers champions d'Afrique,
Mesdames, messieurs,


Le Palais de la République a reçu, au fil des années, des chefs d'État, des savants, des capitaines d'industrie. Rarement ses salons auront accueilli des hôtes si jeunes pour des mérites si grands. Vous êtes jeunes ! très jeunes ! Mais, vous avez le mérite d’avoir fait monter deux fois, en deux mois, le drapeau du Sénégal au sommet de l'Afrique.
Soyez les bienvenus chez vous ! Cette maison est la vôtre, parce qu'elle est celle de la Nation que vous avez fait vibrée, ces dernières semaines, au rythme de vos exploits.
En avril, à Harare, vous, chers minimes engagés dans une double formation scolaire et footballistique, avez parcouru le Championnat Africain Scolaire de la CAF sans connaître la moindre défaite.
Vous avez offert au Sénégal le premier titre de son histoire dans cette compétition. Vous l'avez surtout fait en écoliers, et je tiens à ce mot. Votre trophée dit qu'au Sénégal, le chemin de l'excellence sportive passe par la salle de classe.
Votre trophée dit que l'école de la République sait former des esprits autant que des talents sportifs.
Chers enfants, j’insiste avec force sur cette double formation. En effet, à cet âge, nul ne peut garantir une brillante carrière de footballeur professionnelle ! En revanche, l’école demeure une certitude, un socle pour la vie.


À vous, jeunes footballeurs, de trouver le juste équilibre entre vos études, votre entraînement, les compétitions et de faire de la rigueur scolaire l’alliée de votre ambition sportive.
À vous également, chers dirigeants, chers agents, chers enseignants et chers parents, de veiller avec constance à cet équilibre, d’organiser les emplois du temps, de protéger les heures de cours, le travail personnel, la discipline.
Le football ne doit jamais être un chemin de déscolarisation : il doit être un accélérateur d’apprentissage, une école de caractère au service de l’avenir.


Je compte sur vous pour être les gardiens de cet équilibre, afin que chaque réussite sur le terrain s’accompagne d’un progrès en classe, et que, demain, nos champions soient aussi des citoyens instruits, responsables et exemplaires.
Mesdames, messieurs, permettez-moi maintenant de m’adresser à nos valeureux U17, à qui la Coupe du Monde FIFA U17 au Qatar 2026 tend les bras.

Au début de ce mois, à Rabat, au Maroc, vous avez conquis une deuxième étoile continentale au terme d'un parcours que les amateurs de football se raconteront longtemps. Battus d’entrée, vous n’avez pas douté : vous avez relevé la tête, corrigé vos erreurs, resserré vos rangs. Et, match après match, vous avez imposé votre caractère, votre courage, votre discipline et votre solidarité pour franchir chacune des marches qui vous séparaient du titre jusqu’à l'épreuve la plus impitoyable qui soit : celle des tirs au but. Trois fois de suite, à l'instant où tout se joue sur onze mètres, dans le silence suspendu d'un stade, vous avez su garder la main ferme, les pieds adroits et le cœur tranquille.
Deux titres, deux finales gagnées aux tirs au but. Je m'arrête sur cette coïncidence, car elle n'en est pas une. Le talent fait gagner des matchs. Le caractère fait gagner des titres. Ce que vos deux générations ont montré à l'Afrique, c'est moins la virtuosité que la force d'âme, ce sang-froid qui ne s'improvise pas, qui se construit dans l'effort quotidien, dans l'écoute des éducateurs, dans le respect des règles et de l'adversaire. Voilà la véritable leçon de vos sacres, et elle dépasse de très loin les terrains de football.


C'est pourquoi je veux associer à cet hommage tous ceux dont le travail patient a rendu ces victoires possibles. Les encadreurs techniques, qui ont cru en ces enfants avant que l'Afrique ne les acclame. Les enseignants et les chefs d'établissement, qui ont concilié les exigences des études et celles de la compétition. Les familles qui sont les premières académies de toute réussite. Les initiatives privées nationales et internationales qui construisent partout au Sénégal des écoles de football en partenariat avec des clubs de renommées internationales et qui font de la politique sport-études le cœur de leur projet.


La Fédération sénégalaise de football, dont la politique de formation porte des fruits que le Continent entier nous envie. Sachez que l'État continuera d'accompagner cet élan, car l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 fait de la jeunesse et du sport des piliers de la transformation de notre pays. Le sport n'est pas pour nous un divertissement périphérique. Il est une école de souveraineté, une industrie d'avenir, un langage par lequel le Sénégal parle au monde.
Chers champions, permettez-moi maintenant de m'adresser à vous comme un père s'adresse à ses fils.

Vous avez quatorze ans, quinze ans, seize ans, dix-sept ans, et déjà, l'Afrique connaît vos noms. C'est un honneur immense ! C'est aussi une épreuve, peut-être plus redoutable qu'une séance de tirs au but ! La gloire précoce a perdu plus de talents que toutes les défaites réunies.

Gardez donc la tête froide comme vous l'avez gardée à Harare et à Rabat. Poursuivez vos études avec le même sérieux que vos entraînements. Écoutez ceux qui vous ont menés jusqu'ici. Aux U17, dont certains ne sont plus à l’école, je demande à vos parents, à vos clubs et à la Fédération d’unir leurs efforts pour vous aider à reprendre les études ou à vous engager dans une formation qualifiante, tout en poursuivant votre ambition de réussir dans le football.

Et retenez ceci, qui vaut pour le sport comme pour la vie. Un champion se reconnaît à sa manière de gagner autant qu'à ses trophées. La victoire véritable est sobre. Elle salue l'adversaire, honore ses hôtes, et porte le triomphe avec la même dignité que l'on doit garder dans la défaite. Partout où vous irez, sur tous les terrains du monde, chacun de vos gestes parlera au nom du Sénégal. Faites que ce langage soit toujours celui de l'élégance, de la gratitude et du respect. C'est à cela que l'on mesure les grandes nations sportives, et c'est à cela que je veux que l'on reconnaisse la nôtre.

Car votre histoire ne fait que commencer. En novembre, nos moins de dix-sept ans défendront les couleurs du Sénégal à la Coupe du monde de leur catégorie, au Qatar. Dans quelques mois, Dakar accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, premiers Jeux olympiques organisés sur le sol africain. Notre pays vit une année sportive comme il n'en a jamais connu. Vous en êtes les premiers artisans.

Chers enfants du Sénégal, vous avez fait flotter notre drapeau sur le toit de l'Afrique. Vous avez fait chanter nos quartiers, nos villages, nos écoles. Vous avez rappelé à chacun de nous que ce pays, grâce à sa jeunesse, ne connaît pas de sommet inaccessible.

Au nom de la Nation reconnaissante, je vous dis merci. Je vous dis bravo. Et je vous dis surtout, continuez !
Vive la jeunesse du Sénégal,
Vive la République,
Vive le Sénégal.



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