Cérémonie officielle de remise du drapeau national à l’équipe nationale A de Football-Discours du Pr Diomaye Diakhar Faye

Rédigé par Dakarposte le Mardi 26 Mai 2026 à 20:34 modifié le Mardi 26 Mai 2026 23:40

Monsieur le Premier Ministre,
Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports,
Mesdames, Messieurs les Ministres et membres du Cabinet présidentiel,
Monsieur le Président de la Fédération sénégalaise de football, Mesdames, messieurs les membres de la Fédération sénégalaise de football,
Monsieur le sélectionneur de l’Equipe nationale de football, Mesdames, Messieurs les membres de l’encadrement administratif et technique,

Chers Lions de la Téranga,
Vaillants supporters de l’équipe nationale, Partenaires et amis de la presse, Honorables invités,
Chers compatriotes,
République du Sénégal
Un Peuple-Un But-Une Foi
Seule la version prononcée fait foi
C’est toujours un moment particulier, pour le Chef d’État que je suis, de remettre le drapeau national à celles et ceux qui vont représenter le Sénégal. A travers ce geste, c’est une partie de l’âme sénégalaise que je dépose entre vos mains.
Aussi, au-delà du geste protocolaire, ce moment a une résonance encore plus forte, parce que vous n’êtes pas n’importe quelle équipe.
Vous êtes les Lions de la Téranga. Vous êtes les champions d’Afrique.
Vous êtes cette génération qui a déjà donné au peuple sénégalais des joies immenses, des nuits inoubliables, des images que nos enfants garderont longtemps en mémoire.
Il y a quelques mois, avant votre départ pour la Coupe d’Afrique des Nations, nous étions réunis dans une cérémonie semblable. Je vous avais remis le drapeau national. Vous l’aviez reçu avec gravité. Vous êtes partis avec la confiance du pays et vous êtes revenus avec la Coupe.
Ce jour-là, dans les rues, dans les maisons, dans les villages, dans les quartiers, dans la diaspora, partout où bat un cœur sénégalais, votre victoire a été célébrée comme une victoire de tout un peuple. Elle a rassemblé des générations. Elle a rapproché des familles. Elle a fait chanter des enfants. Elle a fait pleurer des adultes. Elle a rappelé à notre Nation ce qu’elle peut ressentir lorsqu’elle se retrouve unie autour d’une même fierté.
Cette deuxième étoile, vous ne l’avez pas seulement cousue sur un maillot, vous l’avez inscrite dans la mémoire du Sénégal et de l’Afrique.
Et c’est parce que vous avez déjà fait cela que le rendez-vous d’aujourd’hui est si important.

Chers Lions,
Dans quelques jours, vous allez partir pour la Coupe du Monde. Ce rendez-vous mondial n’est pas seulement un tournoi. C’est le lieu où les nations viennent avec leur histoire, leur orgueil, leurs blessures, leurs rêves, leur manière de jouer et leur manière d’être.
On n’y va pas seulement avec des jambes. On y va avec une tête froide, un cœur solide et une âme collective. On y va avec de l’expérience et du talent, bien sûr et vous en avez.
Mais on y va surtout avec quelque chose de plus rare, qui ne s’achète pas, qui ne se décrète pas, qui se construit dans les vestiaires, dans les sacrifices, dans les regards entre coéquipiers, dans la confiance silencieuse entre ceux qui savent qu’ils peuvent compter les uns sur les autres.
C’est cela qui fait les grandes équipes.

Ce n’est pas seulement le nom des joueurs. Ce n’est pas seulement le niveau des clubs où vous évoluez. Ce n’est pas seulement le palmarès. C’est ce lien invisible qui fait qu’à un moment décisif, chacun d’entre vous accepte de courir pour l’autre, de souffrir pour l’autre, de réparer l’erreur de l’autre, de rester debout quand tout devient difficile.
Vous avez déjà montré que vous aviez cela et c’est cette force-là qu’il faudra emporter avec vous.
La Coupe du Monde ne pardonne pas l’à-peu-près. Elle ne pardonne pas la dispersion. Elle ne pardonne pas l’excès de confiance. Elle récompense les équipes qui restent concentrées quand tout va vite, qui gardent leur calme quand la pression monte, qui savent attendre leur moment, qui savent frapper quand l’occasion se présente.
Je ne veux pas vous charger d’un poids inutile. Le peuple sénégalais vous aime. Il connaît votre valeur. Il sait que vous donnerez le meilleur de vous-mêmes.
Mais je veux vous parler avec franchise. Vous n’allez pas à cette Coupe du Monde pour faire de la figuration. Vous n’y allez pas pour admirer les grandes nations. Vous n’y allez pas pour vous contenter d’être présents. Vous y allez parce que le Sénégal a désormais sa place parmi les nations qui comptent dans le football mondial.
Cette place, personne ne nous l’a offerte. Elle a été conquise par des générations de joueurs, d’entraîneurs, de dirigeants, de supporters, par des années de travail, par des défaites qui ont enseigné, par des victoires qui ont construit, par des sacrifices que le public ne voit pas toujours.
Aujourd’hui, vous êtes les héritiers de tout cela. Vous portez l’équipe nationale de 2002, qui avait ouvert au monde le visage d’un Sénégal audacieux. Vous portez les générations qui ont échoué parfois de peu, mais qui ont toujours laissé quelque chose à celles qui venaient après. Vous portez l’équipe qui a offert au Sénégal sa première Coupe d’Afrique et vous êtes celle qui lui a offert la deuxième.
Et maintenant, vous portez une ambition plus haute encore. Le monde sait que l’Afrique a des joueurs extraordinaires. Le monde sait que l’Afrique a du talent, de la puissance, de la créativité, de la passion. Mais une équipe africaine n’a pas encore soulevé la Coupe du Monde. C’est un fait, mais pas une fatalité.
La dernière Coupe du Monde a montré qu’un pays africain pouvait atteindre les demi-finales. Cette performance a ouvert une brèche. Elle a montré que le plafond que l’on imaginait au-dessus des équipes africaines pouvait être fissuré.
Il appartient désormais à d’autres de pousser plus loin. Le Sénégal doit être de ceux-là. Non pas par arrogance, ni par slogans, encore moins par déclarations excessives. Mais parce que notre football a mûri. Parce que nos joueurs ont grandi. Parce que notre équipe a appris à gagner. Parce que notre pays sait ce que représente l’excellence lorsqu’elle est portée avec humilité et discipline.


Chers Lions,
Je voudrais que vous gardiez une chose en tête. Quand vous entrerez sur le terrain, vous ne porterez pas seulement vos noms au dos de vos maillots. Vous porterez les prières des mères. Vous porterez les espoirs des jeunes qui jouent au ballon dans nos rues, sur nos plages, dans nos écoles, sur des terrains parfois difficiles, mais avec des rêves immenses. Vous porterez les anciens qui ont aimé le football avant vous, qui l’ont suivi à la radio, à la télévision, dans les gradins, dans les discussions passionnées de nos quartiers. Vous porterez les Sénégalais de la diaspora, qui vivent loin du pays mais dont le cœur revient ici chaque fois que l’hymne national retentit. Vous porterez des millions de compatriotes qui ne vous demanderont jamais d’être parfaits, mais qui vous demanderont de rester fidèles à ce que vous êtes.
Fidèles à votre courage. Fidèles à votre solidarité. Fidèles à votre dignité. Fidèles à cette manière sénégalaise de se battre sans perdre son élégance, de vouloir gagner sans manquer de respect, d’être ambitieux sans cesser d’être humble.
Je vous demande de jouer ainsi ! Jouez avec intelligence ! Jouez avec patience ! Jouez avec audace ! Jouez avec cette fierté tranquille qui n’a pas besoin de bruit pour être forte !
Et surtout, restez ensemble. Dans une Coupe du Monde, il y aura forcément des moments difficiles. Il y aura des temps faibles. Il y aura des décisions contestées. Il y aura des occasions manquées. Il y aura des minutes où il faudra tenir, souffrir, serrer les dents, ne pas se désunir.


C’est là que tout se jouera. Ce n’est pas quand le match est facile que l’on reconnaît une grande équipe. C’est quand elle traverse le feu sans perdre son ordre, sa foi et son unité.


Cher Capitaine, Kalidou Koulibaly,
Vous savez ce que ce drapeau signifie. Vous savez ce que représente le brassard que vous portez. Vous savez aussi ce que cette équipe représente dans le cœur des Sénégalais.
Vous avez conduit vos frères vers des victoires qui resteront dans notre histoire. Vous avez su incarner, avec d’autres cadres, une génération forte, responsable et respectée.
Aujourd’hui encore, le pays comptera sur votre voix, sur votre calme, sur votre exemple. Dans les grands rendez-vous, les mots d’un capitaine peuvent remettre une équipe debout. Un regard peut redonner confiance. Une attitude peut entraîner tout un groupe.
Je sais que vous serez à la hauteur de cette responsabilité.
Monsieur le Sélectionneur national,
Je veux saluer votre engagement ainsi que celui de votre staff. Une Coupe du Monde se prépare loin des projecteurs, dans le détail, dans l’étude, dans l’anticipation, dans la gestion humaine, dans cette part invisible du travail sans laquelle le talent ne suffit pas.


Vous avez entre vos mains un groupe de très grande qualité. Vous avez aussi une responsabilité importante, celle de conduire cette équipe avec exigence, lucidité et sérénité.

Je veux également saluer le Président de la Fédération sénégalaise de football, Monsieur Abdoulaye Fall, les membres du Comité exécutif, l’encadrement administratif, médical et technique, ainsi que toutes les personnes qui travaillent autour de cette sélection.
Le public voit les matchs. Il voit les buts. Il voit les arrêts. Il voit les célébrations. Mais derrière ces moments, il y a une organisation, des heures de travail, des décisions, des déplacements, des soins, des analyses, des sacrifices silencieux. Je veux que la Nation sache reconnaître aussi cette part-là de la performance.

L’État du Sénégal sera à vos côtés. Il le sera avec sérieux, avec constance et avec sens des responsabilités. Le Gouvernement, le ministère chargé des Sports, la Fédération et l’ensemble des services concernés continueront de travailler pour que notre équipe soit placée dans les meilleures conditions possibles.
Ce soutien n’est pas seulement lié à une compétition. Il s’inscrit dans une vision plus large. Le sport est devenu un élément majeur du rayonnement des nations. Il rassemble là où parfois d’autres espaces divisent. Il donne à la jeunesse des modèles, des repères, des raisons de croire en l’effort. Il enseigne la discipline, la patience, le respect, le dépassement de soi.


Quand une équipe nationale gagne, ce n’est pas seulement une ligne ajoutée à un palmarès. C’est une confiance collective qui grandit. C’est un pays qui se regarde autrement. C’est une jeunesse qui se dit que l’excellence est possible.
C’est pourquoi nous continuerons à investir dans le sport, à soutenir nos athlètes, à renforcer nos infrastructures, à accompagner nos fédérations et à faire du sport un pilier de formation, de cohésion et de rayonnement.
Mes chers compatriotes,
Je veux aussi m’adresser aux supporters. Vous avez été magnifiques dans les grandes heures de notre football. Vous avez accompagné nos Lions avec passion. Vous avez donné de la voix, du cœur, du temps, parfois des moyens importants, simplement parce que vous aimez le Sénégal.
Cette passion est précieuse. Elle doit rester une force. Elle doit rester digne, fraternelle, disciplinée, respectueuse. Le football peut enflammer les cœurs, mais il ne doit jamais nous faire oublier ce que nous sommes. Nous sommes un peuple de respect. Nous sommes un peuple de mesure. Nous sommes un peuple de Teranga.
J'ai aussi, en cet instant, une pensée heureuse pour nos compatriotes supporters qui retrouvent les leurs après les mois difficiles vécus à la suite de la finale de la CAN. Nous le devons à la Grâce Royale que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a bien voulu leur accorder à l'occasion de l'Aïd el-Kébir, et dont je veux, une fois encore, saluer la clémence et l'humanité. Ce geste honore la fraternité ancienne
qui unit le Sénégal et le Royaume du Maroc, et nous rappelle ce que vaut, entre peuples frères, une amitié patiemment construite.


Chers Lions,
Dans quelques instants, je remettrai le drapeau national à votre capitaine. Je veux que vous le regardiez bien. Ce drapeau a accompagné nos grandes joies et nos grandes épreuves. Il a flotté dans les moments de victoire. Il a aussi été porté dans les moments où il fallait tenir bon. Il appartient à tous les Sénégalais. Il ne connaît ni région, ni appartenance, ni différence. Il rassemble.
Quand vous le porterez, pensez à ceux qui vous regardent sans bruit. Pensez à l’enfant qui vous voit comme un exemple. Pensez au père qui vous suit en silence. Pensez à la mère qui prie pour vous. Pensez au supporter qui a économisé pendant des mois pour venir vous encourager. Pensez au compatriote de la diaspora qui, loin du pays, retrouve dans vos matchs une part de sa terre natale.
Allez à cette Coupe du Monde avec confiance ! Allez-y avec humilité ! Allez-y sans peur ! Respectez tous vos adversaires, mais ne vous sentez inférieurs à personne !

Soyez calmes dans les moments de tension ! Soyez solidaires dans l’effort ! Soyez lucides dans les choix ! Soyez généreux dans le combat !
Et lorsque l’hymne national retentira, souvenez-vous que ce ne sera pas seulement des notes de musique avant un match. Ce sera la voix du Sénégal qui vous accompagnera.


Au nom du peuple sénégalais, au nom de la République, j’ai l’honneur de vous remettre officiellement le drapeau national.
Recevez-le avec gravité ! Portez-le avec fierté ! Défendez-le avec courage ! Et faites-en sorte que, partout où vous jouerez, le monde voie en vous une équipe digne, ambitieuse, fraternelle et résolue.


Que Dieu vous protège.
Que Dieu guide vos pas.
Que Dieu bénisse le Sénégal. Allez les Lions !
Vive le sport sénégalais ! Vive la République !
Vive le Sénégal !
Je vous remercie.

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