Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rejeté, ce mercredi, la ligne de défense articulée autour de la satire et du divertissement par trois militants du parti Pastef-Les Patriotes.
Poursuivis pour offense au chef de l’État et propos contraires aux bonnes mœurs, Mandoumbé Diop (alias Lamignou Darou), Magueye Diaw (dit Oustaz Thiep) et Moustapha Ndiaye (alias Ndiaye Touba) ont été condamnés à de lourdes peines de prison ferme, assorties de sanctions pécuniaires.
L'affaire prend sa source dans l'espace numérique, où une première vidéo, enregistrée le 18 juillet 2026 lors du Magal de Mbacké Bari, met en scène les trois commerçants. Dans cette séquence, les prévenus formulent des vœux de maladie invalidante et de trépas à l'endroit d'un individu qualifié de « traître ».
Si l'identité de la cible n'y est pas explicitement déclinée, l'accusation y a immédiatement décelé une attaque frontale contre l'institution présidentielle. Une seconde vidéo, portée par le seul Mandoumbé Diop, accentue la charge : le chef de l'État y est dépeint comme un dirigeant manquant de courage politique, prétendument victime de pratiques ésotériques, et incapable de nommer directement son Premier ministre, Ousmane Sonko, lors du récent lancement du parti Kiiraay.
À la barre, l'assurance affichée sur les réseaux sociaux s'est muée en une prudente sémantique de l'esquive.
Les prévenus ont unanimement nié avoir visé la personne du président Bassirou Diomaye Faye, invoquant une simple tradition de comédie populaire et de commentaire de l'actualité. Invité par le ministère public à nommer le magistrat suprême, Mandoumbé Diop a concédé un laconique « Il s'appelle Diomaye », avant de tenter de récuser la compétence territoriale du tribunal par une boutade — « Non, je ne fais pas partie du Sénégal » — qui a suscité l'hilarité de l'auditoire, sans pour autant fléchir la sévérité du parquet.
Le procureur Babacar Bèye a balayé cette rhétorique du badinage, affirmant que le véritable destinataire des outrages ne faisait aucun doute pour l'opinion publique.
Rappelant la récidive de Mandoumbé Diop, déjà condamné en octobre dernier pour des infractions similaires, le maître des poursuites a requis des peines allant de six mois à un an d'emprisonnement.
En réplique, un collectif d'avocats de la défense a dénoncé un procès politique et une entreprise d'intimidation visant à museler l'expression d'un ressenti citoyen, arguant qu'en l'absence de citation nominative, le délit d'offense ne pouvait être juridiquement caractérisé.
Le tribunal n'a pas suivi l'argumentaire de la défense. Déclarés coupables des chefs d'inculpation retenus contre eux, les trois militants retournent en détention : Mandoumbé Diop écope d'une peine de trois mois de prison ferme, tandis que ses deux co-prévenus, Magueye Diaw et Moustapha Ndiaye, sont condamnés à deux mois d'emprisonnement ferme.
Tous trois devront s'acquitter d'une amende individuelle de 500 000 FCFA.
Poursuivis pour offense au chef de l’État et propos contraires aux bonnes mœurs, Mandoumbé Diop (alias Lamignou Darou), Magueye Diaw (dit Oustaz Thiep) et Moustapha Ndiaye (alias Ndiaye Touba) ont été condamnés à de lourdes peines de prison ferme, assorties de sanctions pécuniaires.
L'affaire prend sa source dans l'espace numérique, où une première vidéo, enregistrée le 18 juillet 2026 lors du Magal de Mbacké Bari, met en scène les trois commerçants. Dans cette séquence, les prévenus formulent des vœux de maladie invalidante et de trépas à l'endroit d'un individu qualifié de « traître ».
Si l'identité de la cible n'y est pas explicitement déclinée, l'accusation y a immédiatement décelé une attaque frontale contre l'institution présidentielle. Une seconde vidéo, portée par le seul Mandoumbé Diop, accentue la charge : le chef de l'État y est dépeint comme un dirigeant manquant de courage politique, prétendument victime de pratiques ésotériques, et incapable de nommer directement son Premier ministre, Ousmane Sonko, lors du récent lancement du parti Kiiraay.
À la barre, l'assurance affichée sur les réseaux sociaux s'est muée en une prudente sémantique de l'esquive.
Les prévenus ont unanimement nié avoir visé la personne du président Bassirou Diomaye Faye, invoquant une simple tradition de comédie populaire et de commentaire de l'actualité. Invité par le ministère public à nommer le magistrat suprême, Mandoumbé Diop a concédé un laconique « Il s'appelle Diomaye », avant de tenter de récuser la compétence territoriale du tribunal par une boutade — « Non, je ne fais pas partie du Sénégal » — qui a suscité l'hilarité de l'auditoire, sans pour autant fléchir la sévérité du parquet.
Le procureur Babacar Bèye a balayé cette rhétorique du badinage, affirmant que le véritable destinataire des outrages ne faisait aucun doute pour l'opinion publique.
Rappelant la récidive de Mandoumbé Diop, déjà condamné en octobre dernier pour des infractions similaires, le maître des poursuites a requis des peines allant de six mois à un an d'emprisonnement.
En réplique, un collectif d'avocats de la défense a dénoncé un procès politique et une entreprise d'intimidation visant à museler l'expression d'un ressenti citoyen, arguant qu'en l'absence de citation nominative, le délit d'offense ne pouvait être juridiquement caractérisé.
Le tribunal n'a pas suivi l'argumentaire de la défense. Déclarés coupables des chefs d'inculpation retenus contre eux, les trois militants retournent en détention : Mandoumbé Diop écope d'une peine de trois mois de prison ferme, tandis que ses deux co-prévenus, Magueye Diaw et Moustapha Ndiaye, sont condamnés à deux mois d'emprisonnement ferme.
Tous trois devront s'acquitter d'une amende individuelle de 500 000 FCFA.