L'ancienne garde des Sceaux et figure de proue de la droite française affronte le feu des questions du tribunal correctionnel aux côtés d'un grand absent, l'ex-magnat de l'automobile Carlos Ghosn, jugé par défaut depuis son exil libanais.
Au centre de ce procès à haute tension, une somme vertigineuse : 900 000 euros versés à l'ancienne ministre entre 2009 et 2013 par RNBV, la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, alors même qu'elle siégeait comme députée européenne.
L'acte inaugural de cette audience, qui tiendra la République en haleine sur six demi-journées jusqu'au 28 septembre, s'est ouvert sur la stratégie d'esquive de Carlos Ghosn.
Poursuivi pour corruption active, l'ancien empereur déchu de l'automobile a tenté, par une missive lue à la barre, de torpiller le calendrier en sollicitant un renvoi pour vice de forme, tout en se disant prêt à défier les juges par écran interposé.
Face à l'accusation, la ligne de défense de Rachida Dati est un bloc de dénégations absolues : ses avocats fustigent une pure « construction intellectuelle » du parquet et jurent que ces centaines de milliers d'euros rémunéraient l'exercice exclusif et noble de sa profession d'avocate, balayant d'un revers de manche toute accusation de lobbying clandestin au Parlement européen.
La thèse des magistrats instructeurs se révèle infiniment plus sombre et corrosive. Pour l'accusation, la convention d'honoraires paraphée en 2009 n'était qu'un habillage juridique commode, un paravent contractuel destiné à masquer des activités d'influence prohibées pour les parlementaires.
Les juges soulignent avec sévérité le néant documentaire entourant la réalité du travail fourni et qualifient cette rémunération de manifestement disproportionnée au regard des rares traces matérielles retrouvées.
Le dossier pointe notamment trois interventions écrites suspectes de l'eurodéputée en 2012 et 2013 dans le secteur automobile, configuration parfaite du conflit d'intérêts.
Menacée d'une peine maximale de dix ans d'emprisonnement, d'une amende de 450 000 euros et d'un bannissement de la vie publique, Rachida Dati joue son destin politique, suspendue à une présomption d'innocence que l'audience entend durement éprouver.
Au centre de ce procès à haute tension, une somme vertigineuse : 900 000 euros versés à l'ancienne ministre entre 2009 et 2013 par RNBV, la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, alors même qu'elle siégeait comme députée européenne.
L'acte inaugural de cette audience, qui tiendra la République en haleine sur six demi-journées jusqu'au 28 septembre, s'est ouvert sur la stratégie d'esquive de Carlos Ghosn.
Poursuivi pour corruption active, l'ancien empereur déchu de l'automobile a tenté, par une missive lue à la barre, de torpiller le calendrier en sollicitant un renvoi pour vice de forme, tout en se disant prêt à défier les juges par écran interposé.
Face à l'accusation, la ligne de défense de Rachida Dati est un bloc de dénégations absolues : ses avocats fustigent une pure « construction intellectuelle » du parquet et jurent que ces centaines de milliers d'euros rémunéraient l'exercice exclusif et noble de sa profession d'avocate, balayant d'un revers de manche toute accusation de lobbying clandestin au Parlement européen.
La thèse des magistrats instructeurs se révèle infiniment plus sombre et corrosive. Pour l'accusation, la convention d'honoraires paraphée en 2009 n'était qu'un habillage juridique commode, un paravent contractuel destiné à masquer des activités d'influence prohibées pour les parlementaires.
Les juges soulignent avec sévérité le néant documentaire entourant la réalité du travail fourni et qualifient cette rémunération de manifestement disproportionnée au regard des rares traces matérielles retrouvées.
Le dossier pointe notamment trois interventions écrites suspectes de l'eurodéputée en 2012 et 2013 dans le secteur automobile, configuration parfaite du conflit d'intérêts.
Menacée d'une peine maximale de dix ans d'emprisonnement, d'une amende de 450 000 euros et d'un bannissement de la vie publique, Rachida Dati joue son destin politique, suspendue à une présomption d'innocence que l'audience entend durement éprouver.