Coupe du monde 2026 | "C'est amplement mérité" : une qualification marocaine qui ne souffre d'aucune contestation face aux minimalistes hollandais

Rédigé par Dakarposte le Mardi 30 Juin 2026 à 05:32 modifié le Mardi 30 Juin 2026 12:33

La rencontre la plus attendue des 16es de finale entre les Pays-Bas et le Maroc a quelque peu accouché d'une souris, ce lundi à Monterrey. La faute à des Oranje minimalistes qui avaient opté pour une approche très défensive. Les Marocains se sont longtemps cassés les dents sur le bloc néerlandais, avant de régler l'affaire aux tirs au but. C'est bien la meilleure équipe qui a rejoint le Canada.


Il a fallu attendre longtemps pour que la tension et l'indécision laissent place à la délivrance sur la pelouse de Monterrey. Longtemps fermé, le seizième de finale entre le Maroc et les Pays-Bas a longtemps ressemblé à une attaque-défense. On l'avait volontiers présenté comme l'affiche la plus alléchante, sur le papier en tout cas. Le terrain a quelque peu démenti ces attentes. La faute surtout à une équipe des Pays-Bas qui a décidé de laisser les clés de la rencontre aux Marocains, parfois à outrance.

"On a vu que les Pays-Bas ont commencé à 5, donc ça montre un peu leur crainte par rapport à notre jeu", analysait Issa Diop après la rencontre au micro de beIn Sports. Une défense à trois inédite sous le mandat de Ronald Koeman, un bloc bac et des contre-attaques. Les fameux Oranje de Johann Cruyff ont été remisés bien loin, ce lundi soir.


Le coup des Oranje était presque parfait

L'approche minimaliste a donné à la rencontre une allure déséquilibrée, où les Marocains se sont heurtés à un gardien en très grande forme et à des Néerlandais tout de même bien en place. Mais il fallait en montrer beaucoup plus pour pouvoir prétendre à la qualification. Avec cette approche, les partenaires de Virgil van Dijk ont failli réussir le coup parfait, en menant au score, puis en tenant en prolongations pour aller aux tirs au but. "Le plan de jeu a fonctionné. Nous nous sommes entraînés dur pendant deux jours pour le mettre en œuvre", a réagi le capitaine néerlandais déçu.




Mais à ce petit jeu-là, ce sont les Marocains qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Ce, malgré les ratés de Neil El Aynaoui et d'Achraf Hakimi, deux des guides des Lions de l'Atlas, l'un par sa performance, l'autre par son statut de capitaine. Après la rencontre, l'entraîneur marocain Mohamed Ouahbi appuyait cette différence dans l'approche de la rencontre de son équipe.


On a eu beaucoup plus d'occasions, beaucoup plus de frappes

"C'est un dénouement incroyable, c'est amplement mérité, je pense qu'on a complètement dominé cette équipe, a souligné Mohamed Ouahbi au micro de beIN Sports. Je ne pense pas qu'ils aient souvent joué avec juste 30% de possession de balle, on en a eu 70. On a eu beaucoup plus d'occasions, on a eu beaucoup plus de frappes, même si c'est vrai que le rythme n'était pas toujours très, très haut, mais c'était compliqué parce que le bloc était très bas."

Pour illustrer les propos du technicien, il suffit de se farcir les 30 minutes de la prolongation. Une demi-heure de passe à 10, exercice que les Marocains ont remporté haut la main avec 128 passes à 20, et un total impressionnant de 83% de possession. Une forme de refus d'obstacle de la part des Néerlandais qui ont tout fait pour aller jusqu'à la fatidique séance de tirs au but. Sans succès, donc. C'est qu'ils s'y sont vus, les Oranje à Houston pour affronter le Canada. Mais après l'ouverture du score émouvante de Cody Gakpo, touché par un drame familial il y a quelques jours, Issa Diop a remis les Marocains dans le jeu à la 91e minute, alors qu'ils avaient un pied en dehors du Mondial.



L'histoire est belle pour le défenseur central formé à Toulouse. Critiqué lors de la phase de groupes, le Cottager a remis les pendules à l'heure sur un but d'attaquant. "Je suis monté. Pour tout vous dire, je ne sais pas trop ce que je faisais là, mais bon, c'était à la fin du match. On sait très bien que 'Chems' (Chemsdine Talbi, NDLR) a cette qualité de centre, donc j'ai juste essayé d'aller dans un espace et marquer", a réagi le héros au micro de beIN Sports. Mohamed Ouahbi avait eu un bon pressentiment pour son joueur. "J'ai rêvé qu'à un des matches, il allait mettre un but super important de la tête pour le Maroc. Je lui ai dit à la fin, je ne savais pas que c'était aujourd'hui, mais je savais que ça allait arriver, il le mérite amplement", a-t-il raconté au micro du diffuseur.


Une élimination aurait été cruelle

C'est qu'elle aurait été cruelle cette élimination au bout des 90 minutes pour le Maroc, tant la différence entre les deux équipes était grande. Les Pays-Bas ont marqué sur leur seul tir cadré, tandis que les Marocains ont tiré onze fois au but au cours de la rencontre. "Ça montre l'une de nos forces qui est la confiance. On a confiance en notre jeu et en notre qualité", a réagi Ayyoub Bouaddi, un peu dépassé pour son premier match de phase éliminatoire de Coupe du monde, mais à 18 ans, rien de plus normal, Achraf Hakimi a de son côté souligné "la force mentale" d'une équipe qui n'a rien lâché.

"Il fallait aller chercher cette qualification. Il ne fallait pas juste montrer qu'on savait emballer les matches, mais qu'on avait aussi la tête, l'expérience pour contrôler ces matches. Et quand on voit les jeunes joueurs qui sont entrés, et ce qu'ils ont apporté, c'est bien. On grandit, on grandit, on continue à grandir, et le but est de continuer encore à grandir dans cette compétition", a loué Ouahbi. Le piège Oranje déjoué, il faudra désormais se défaire samedi de Canadiens qui montent en puissance, avant de, peut-être, retrouver la France pour un quart de finale de gala. Là, pas sûr que la possession soit à l'avantage de l'équipe du Royaume. Mais à chaque match son histoire.

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