Le jeu : L'état de siège, et les fautes
La physionomie du match faisait peu de doutes au coup d'envoi, mais elle a touché à la caricature : le Paraguay s'est retranché dans ses 25 mètres et n'a rien, rien de rien, absolument rien essayé avec le ballon. Seul comptait l'endiguement des offensives de l'équipe de France et peu importait la manière. Jusqu'à l'ouverture du score sur pénalty de Kylian Mbappé, et même après d'ailleurs, ce huitième de finale samedi soir a donc confiné au supplice.
D'un côté, les Bleus ont peiné à trouver des espaces entre les rideaux paraguayens, ou sur les ailes. Les 40 degrés qui pesaient sur Philadelphie les ont empêchés d'imprimer un rythme suffisant pour déborder le bloc de l'Albirroja. Mais il n'y avait pas que la chaleur pour leur couper les jambes ; il y avait aussi onze joueurs adverses pour qui tout était permis, et un arbitre, M. Ilgiz Tantashev, qui n'a pas cherché à leur sortir cette idée de la tête.
C'est invraisemblable : les Bleus ont terminé la rencontre avec trois cartons jaunes (mérités néanmoins) contre aucun pour le Paraguay. La rencontre a été hachée, tendue, traversée par de multiples épisodes houleux entre Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et certains joueurs paraguayens. Ce huitième de finale a par moments frôlé l'insupportable, et même l'immense soulagement que Kylian Mbappé a apporté avec son but n'a pas offert une fin de match tranquille aux Bleus.
La physionomie du match faisait peu de doutes au coup d'envoi, mais elle a touché à la caricature : le Paraguay s'est retranché dans ses 25 mètres et n'a rien, rien de rien, absolument rien essayé avec le ballon. Seul comptait l'endiguement des offensives de l'équipe de France et peu importait la manière. Jusqu'à l'ouverture du score sur pénalty de Kylian Mbappé, et même après d'ailleurs, ce huitième de finale samedi soir a donc confiné au supplice.
D'un côté, les Bleus ont peiné à trouver des espaces entre les rideaux paraguayens, ou sur les ailes. Les 40 degrés qui pesaient sur Philadelphie les ont empêchés d'imprimer un rythme suffisant pour déborder le bloc de l'Albirroja. Mais il n'y avait pas que la chaleur pour leur couper les jambes ; il y avait aussi onze joueurs adverses pour qui tout était permis, et un arbitre, M. Ilgiz Tantashev, qui n'a pas cherché à leur sortir cette idée de la tête.
C'est invraisemblable : les Bleus ont terminé la rencontre avec trois cartons jaunes (mérités néanmoins) contre aucun pour le Paraguay. La rencontre a été hachée, tendue, traversée par de multiples épisodes houleux entre Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et certains joueurs paraguayens. Ce huitième de finale a par moments frôlé l'insupportable, et même l'immense soulagement que Kylian Mbappé a apporté avec son but n'a pas offert une fin de match tranquille aux Bleus.
Les joueurs : Olise s'est noyé, Doué et Mbappé en sauveurs
Ces 90 minutes d'attaque-défense et la tension qui les a accompagnées n'ont pas rendu honneur au talent des Bleus balle au pied. Ils n'ont pas encaissé de but, il faut donc apprécier leur performance défensive. William Saliba, entre autres, a commis des erreurs évitables mais lui et Upamecano ont parfaitement tenu la maison bleue, dans cette soirée où ils avaient tout à perdre.
En revanche, que ce fut laborieux pour les Bleus dans la moitié de terrain adverse ! Flamboyant depuis le début de la compétition, Michael Olise est tombé à pieds joints dans le piège paraguayen ; lui qui avait fait sauter le verrou sénégalais, il a joué trop peu juste, s'est frustré et n'a créé quasiment aucun décalage – excepté une superbe passe en profondeur pour Doué en fin de match.
Le jeune Parisien est celui qui sort grandi de cette rencontre : entré en jeu en seconde période à la place du décevant Barcola, il a offert le pénalty de la victoire aux Français sur un plateau au bout d'un rush en solitaire. Kylian Mbappé a été maladroit, il est retombé dans ses travers d'avant-centre aux abonnés absents dans la surface, mais il a inscrit le seul but du match et a donc réussi l'essentiel.
Ces 90 minutes d'attaque-défense et la tension qui les a accompagnées n'ont pas rendu honneur au talent des Bleus balle au pied. Ils n'ont pas encaissé de but, il faut donc apprécier leur performance défensive. William Saliba, entre autres, a commis des erreurs évitables mais lui et Upamecano ont parfaitement tenu la maison bleue, dans cette soirée où ils avaient tout à perdre.
En revanche, que ce fut laborieux pour les Bleus dans la moitié de terrain adverse ! Flamboyant depuis le début de la compétition, Michael Olise est tombé à pieds joints dans le piège paraguayen ; lui qui avait fait sauter le verrou sénégalais, il a joué trop peu juste, s'est frustré et n'a créé quasiment aucun décalage – excepté une superbe passe en profondeur pour Doué en fin de match.
Le jeune Parisien est celui qui sort grandi de cette rencontre : entré en jeu en seconde période à la place du décevant Barcola, il a offert le pénalty de la victoire aux Français sur un plateau au bout d'un rush en solitaire. Kylian Mbappé a été maladroit, il est retombé dans ses travers d'avant-centre aux abonnés absents dans la surface, mais il a inscrit le seul but du match et a donc réussi l'essentiel.
Le tournant : Et Doué s'occupa de tout
Les gorges françaises étaient déjà bien serrées quand Désiré Doué a reçu le ballon sur le côté gauche, à la 65e minute de jeu. À peine entré sur le terrain, le Français faisait face à un bloc paraguayen qui commençait doucement à prendre des airs de forteresse inviolable. La rencontre manquait de rythme, les offensifs ne se trouvaient pas.
Lui a pris de la vitesse, enchaîné deux crochets dans le même appui, avant d'éliminer un troisième puis un quatrième joueur paraguayen. Un éclair dans l'ennui, qui a pris de vitesse le milieu paraguayen Diego Gomez qui l'a touché au genou et projeté au sol. Le pénalty était là, venu du seul talent du Parisien.
Les gorges françaises étaient déjà bien serrées quand Désiré Doué a reçu le ballon sur le côté gauche, à la 65e minute de jeu. À peine entré sur le terrain, le Français faisait face à un bloc paraguayen qui commençait doucement à prendre des airs de forteresse inviolable. La rencontre manquait de rythme, les offensifs ne se trouvaient pas.
Lui a pris de la vitesse, enchaîné deux crochets dans le même appui, avant d'éliminer un troisième puis un quatrième joueur paraguayen. Un éclair dans l'ennui, qui a pris de vitesse le milieu paraguayen Diego Gomez qui l'a touché au genou et projeté au sol. Le pénalty était là, venu du seul talent du Parisien.
L'image : Mbappé ignore la main d'Orlando Gill
Il l'a évidemment fait exprès. Dès que la fin du match a été officielle, Kylian Mbappé s'est fait un plaisir de crier en direction des tribunes du Lincoln Financial Field, alors que le gardien paraguayen Orlando Gill se tenait à quelques mètres de lui. Celui-ci s'est même avancé main tendue pour le saluer, mais Mbappé a refusé de la serrer. Un geste mesquin, qui n'est pas à montrer dans les écoles de football, mais qui a le mérite de résumer toute la tension du match et le soulagement du capitaine français.
Il l'a évidemment fait exprès. Dès que la fin du match a été officielle, Kylian Mbappé s'est fait un plaisir de crier en direction des tribunes du Lincoln Financial Field, alors que le gardien paraguayen Orlando Gill se tenait à quelques mètres de lui. Celui-ci s'est même avancé main tendue pour le saluer, mais Mbappé a refusé de la serrer. Un geste mesquin, qui n'est pas à montrer dans les écoles de football, mais qui a le mérite de résumer toute la tension du match et le soulagement du capitaine français.
La stat' : 0 carton pour le Paraguay, une première depuis... 1998
Donné tel quel, ce chiffre laisserait croire que les Paraguayens ont joué comme des agneaux samedi soir à Philadelphie : c'est la première fois que l'Albirroja termine un match de Coupe du monde sans le moindre carton, depuis son match de phase de poules contre le Nigeria en 1998. Ce n'était pas forcément mérité...
Donné tel quel, ce chiffre laisserait croire que les Paraguayens ont joué comme des agneaux samedi soir à Philadelphie : c'est la première fois que l'Albirroja termine un match de Coupe du monde sans le moindre carton, depuis son match de phase de poules contre le Nigeria en 1998. Ce n'était pas forcément mérité...
La décla' : Kylian Mbappé, sur M6
"On savait quel type de match on allait avoir. Je pense qu'aujourd'hui, le match qu'on a joué, c'est très bien. On a montré qu'on n'était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S'il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde, désolé de l'expression. On n'a pas de problème avec ça."
La question : Les Bleus en sortent-ils grandis ?
Après les formidables prestations offensives de la France en poule et contre la Suède en seizièmes de finale, cette victoire atrocement accrochée face au Paraguay a fait assez peine à voir sur le plan technique. Michael Olise a eu énormément de mal à se montrer sous son meilleur jour, le jeu a été d'une lenteur très frustrante et les occasions de but ont finalement été assez rares.
Ce fut un chemin de croix et ce n'est jamais agréable d'en passer par là pour franchir des tours dans un tournoi. Pour autant, l'équipe de France a montré ce samedi soir à Philadelphie qu'elle était capable de résister aux pires provocations, et plus encore à la terrible frustration de voir un arbitre perdre le contrôle de la rencontre. Les joueurs l'ont dit à la sortie du terrain ; ils savaient ce que le Paraguay allait proposer et ils ont réussi à garder ce qu'il fallait de concentration et de sérieux pour assurer la qualification.
C'était le match le plus difficile, le plus sale, le plus moche, assurément. Celui au cours duquel les hommes de Didier Deschamps ont montré leur visage le moins séduisant. Après le coup de sifflet final, leur soulagement et leur joie étaient pourtant palpables. Parce qu'il ne suffit pas d'être meilleur sur le papier pour gagner ; et les Bleus, ce soir, ont prouvé que même lorsqu'on les entraîne dans un duel plus vicié qu'un simple match de football, ils seraient durs à ébranler.
"On savait quel type de match on allait avoir. Je pense qu'aujourd'hui, le match qu'on a joué, c'est très bien. On a montré qu'on n'était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S'il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde, désolé de l'expression. On n'a pas de problème avec ça."
La question : Les Bleus en sortent-ils grandis ?
Après les formidables prestations offensives de la France en poule et contre la Suède en seizièmes de finale, cette victoire atrocement accrochée face au Paraguay a fait assez peine à voir sur le plan technique. Michael Olise a eu énormément de mal à se montrer sous son meilleur jour, le jeu a été d'une lenteur très frustrante et les occasions de but ont finalement été assez rares.
Ce fut un chemin de croix et ce n'est jamais agréable d'en passer par là pour franchir des tours dans un tournoi. Pour autant, l'équipe de France a montré ce samedi soir à Philadelphie qu'elle était capable de résister aux pires provocations, et plus encore à la terrible frustration de voir un arbitre perdre le contrôle de la rencontre. Les joueurs l'ont dit à la sortie du terrain ; ils savaient ce que le Paraguay allait proposer et ils ont réussi à garder ce qu'il fallait de concentration et de sérieux pour assurer la qualification.
C'était le match le plus difficile, le plus sale, le plus moche, assurément. Celui au cours duquel les hommes de Didier Deschamps ont montré leur visage le moins séduisant. Après le coup de sifflet final, leur soulagement et leur joie étaient pourtant palpables. Parce qu'il ne suffit pas d'être meilleur sur le papier pour gagner ; et les Bleus, ce soir, ont prouvé que même lorsqu'on les entraîne dans un duel plus vicié qu'un simple match de football, ils seraient durs à ébranler.