Course au secrétariat général de l’ONU : Macky Sall fragilisé par un premier scrutin défavorable

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 31 Juillet 2026 à 14:04 modifié le Vendredi 31 Juillet 2026 16:04

À New York, les premiers frémissements de la succession d'Antonio Guterres dessinent déjà les contours d'une compétition où les ambitions africaines semblent se heurter à une réalité diplomatique implacable.
Lors du premier « vote indicatif » organisé à huis clos par le Conseil de sécurité, l'ancien président sénégalais Macky Sall et son concurrent ougandais Olara Otunnu ont essuyé un revers significatif, compromettant sérieusement leurs perspectives d'accéder à la tête des Nations unies.

Depuis plusieurs mois, une conviction largement partagée s'était imposée dans les cercles diplomatiques : le prochain secrétaire général de l'Organisation des Nations unies serait vraisemblablement une femme, issue d'Amérique latine, conformément au principe non écrit de rotation géographique qui guide traditionnellement la désignation du plus haut responsable de l'organisation.
Malgré cette tendance, deux personnalités africaines ont choisi de briguer cette prestigieuse fonction.

Soutenu officiellement par le Sénégal depuis le début du mois de juillet, Macky Sall espérait convaincre les quinze membres du Conseil de sécurité.
Mais le premier test s'est révélé décevant. L'ancien chef de l'État n'a recueilli que six suffrages favorables, contre sept votes défavorables, tandis que deux délégations ont préféré ne pas se prononcer. Un résultat qui, sans être éliminatoire, affaiblit sensiblement sa candidature.

Ce scrutin demeure néanmoins consultatif. Plusieurs autres votes indicatifs doivent encore se tenir dans les prochains mois avant l'élection définitive prévue à l'automne.
Sur le plan strictement procédural, Macky Sall conserve donc toutes ses chances de poursuivre la campagne. Dans les faits, cependant, nombre d'observateurs new-yorkais estiment que sa marge de progression apparaît désormais extrêmement réduite.

Les regards se tournent davantage vers les candidats qui dominent actuellement les préférences du Conseil. Parmi eux figurent Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, ainsi que Rafael Grossi, diplomate argentin et directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont les candidatures semblent bénéficier d'un soutien nettement plus solide.

Le constat est encore plus sévère pour Olara Otunnu. Figure respectée de la diplomatie internationale, ancien opposant au régime ougandais et ancien secrétaire général adjoint de l'ONU sous Kofi Annan, il n'avait officialisé sa candidature que quelques jours auparavant.
Cette entrée tardive dans la compétition ne lui a permis de recueillir que deux voix favorables, contre cinq défavorables, tandis que huit membres du Conseil ont choisi de s'abstenir de toute appréciation.

Si, en théorie, la procédure demeure ouverte et qu'un droit de veto exercé par l'un des cinq membres permanents pourrait encore rebattre les cartes en écartant un favori, les spécialistes des Nations unies jugent cette hypothèse insuffisante pour inverser la dynamique actuelle.
Dans les couloirs du siège de l'organisation, un diplomate européen n'a d'ailleurs pas hésité à qualifier ce premier verdict de « cinglant » pour les deux candidats africains.


À ce stade de la compétition, rien n'est encore définitivement joué. Les consultations à venir pourraient modifier certains équilibres diplomatiques.
Toutefois, ce premier signal envoyé par le Conseil de sécurité confirme l'avance des candidatures latino-américaines et rappelle combien la conquête du secrétariat général de l'ONU demeure un exercice où les équilibres géopolitiques, les soutiens régionaux et les rapports de force entre grandes puissances pèsent souvent davantage que les parcours individuels.
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