Au théâtre des ambitions nationales, le Sénégal assiste, médusé, à une singulière tragi-comédie où les rôles semblent distribués à l’envers.
La récente éviction de figures à la trajectoire discutée, loin de sonner le réveil des consciences, met crûment en lumière une dérive institutionnelle profonde : la substitution systématique du mérite par la dévotion partisane.
Des citoyens dont les états de service et le bagage académique les destineraient, sous d'autres cieux, à de subalternes fonctions d’exécution, se voient soudainement propulsés au pinacle de structures étatiques hautement stratégiques.
Tragique ironie d'une époque où l'on confie les rênes de nos fleurons économiques à des apparatchiks incapables de déchiffrer la grammaire élémentaire d’un organigramme d’entreprise. Comment feindre alors d’attendre d’eux l’impulsion de visions prospectives ou la conduite de réformes d'envergure ?
Dans les nations soucieuses de leur destin, la direction des grands corps de l’État relève d’une liturgie rigoureuse. Elle est l’apanage d’esprits forgés à l’enclume des plus prestigieux sanctuaires du savoir — qu’il s’agisse des exigences cartésiennes de Polytechnique, de Centrale, de l’austère rigueur du MIT, ou de la finesse stratégique de HEC. Là-bas, l’accès aux plus hautes responsabilités n'est pas le fruit d’une loterie politicienne, mais le couronnement d’un parcours jalonné de succès éprouvés, de probité technique et d'un leadership mûri au feu de l’expérience. Le pouvoir y est une charge que l'on mérite, non une prébende que l'on distribue.
L'anomalie sénégalaise contemporaine réside précisément dans ce renversement des valeurs qui confine à la perversion intellectuelle. Nous vivons l'ère douloureuse où l’indigence doctrinale s’arroge le droit de donner des leçons de logique à des professeurs agrégés de mathématiques.
Sous l'œil goguenard d'une foule en délire, prompte à sanctifier le vide, le charlatanisme d’un camelot est opposé au génie d’un ingénieur polytechnicien. Plus absurde encore, on tolère désormais qu’un profane vienne disputer au neurochirurgien l’art délicat de la trépanation, au seul motif que son arrogance lui tient lieu d’opinion.
Ce qui se joue sous nos yeux, sous la bannière du projet actuel, n’est rien moins que le procès du savoir. Le diplôme est démonétisé, l’expertise est suspectée, et l’excellence est vécue comme une insulte par les hérauts du nouveau régime.
Nous assistons, impuissants, à une entreprise méthodique de profanation de la compétence, doublée d’une effroyable apologie de la médiocrité.
En érigeant le sectarisme en vertu et la clameur populaire en boussole, on oublie qu’un État moderne ne saurait se piloter à vue, au gré des caprices d’une agora analphabète ou des récompenses de fin de campagne.
Puisse cette réflexion ouvrir les yeux de nos compatriotes sur l'abîme qui nous guette. Un pays qui persécute ses élites pour couronner ses courtisans est un pays qui hypothèque son avenir.
Les charges publiques sont un sanctuaire ; les confier à l'incompétence n'est plus une simple erreur politique, c'est un crime contre la Nation.
La récente éviction de figures à la trajectoire discutée, loin de sonner le réveil des consciences, met crûment en lumière une dérive institutionnelle profonde : la substitution systématique du mérite par la dévotion partisane.
Des citoyens dont les états de service et le bagage académique les destineraient, sous d'autres cieux, à de subalternes fonctions d’exécution, se voient soudainement propulsés au pinacle de structures étatiques hautement stratégiques.
Tragique ironie d'une époque où l'on confie les rênes de nos fleurons économiques à des apparatchiks incapables de déchiffrer la grammaire élémentaire d’un organigramme d’entreprise. Comment feindre alors d’attendre d’eux l’impulsion de visions prospectives ou la conduite de réformes d'envergure ?
Dans les nations soucieuses de leur destin, la direction des grands corps de l’État relève d’une liturgie rigoureuse. Elle est l’apanage d’esprits forgés à l’enclume des plus prestigieux sanctuaires du savoir — qu’il s’agisse des exigences cartésiennes de Polytechnique, de Centrale, de l’austère rigueur du MIT, ou de la finesse stratégique de HEC. Là-bas, l’accès aux plus hautes responsabilités n'est pas le fruit d’une loterie politicienne, mais le couronnement d’un parcours jalonné de succès éprouvés, de probité technique et d'un leadership mûri au feu de l’expérience. Le pouvoir y est une charge que l'on mérite, non une prébende que l'on distribue.
L'anomalie sénégalaise contemporaine réside précisément dans ce renversement des valeurs qui confine à la perversion intellectuelle. Nous vivons l'ère douloureuse où l’indigence doctrinale s’arroge le droit de donner des leçons de logique à des professeurs agrégés de mathématiques.
Sous l'œil goguenard d'une foule en délire, prompte à sanctifier le vide, le charlatanisme d’un camelot est opposé au génie d’un ingénieur polytechnicien. Plus absurde encore, on tolère désormais qu’un profane vienne disputer au neurochirurgien l’art délicat de la trépanation, au seul motif que son arrogance lui tient lieu d’opinion.
Ce qui se joue sous nos yeux, sous la bannière du projet actuel, n’est rien moins que le procès du savoir. Le diplôme est démonétisé, l’expertise est suspectée, et l’excellence est vécue comme une insulte par les hérauts du nouveau régime.
Nous assistons, impuissants, à une entreprise méthodique de profanation de la compétence, doublée d’une effroyable apologie de la médiocrité.
En érigeant le sectarisme en vertu et la clameur populaire en boussole, on oublie qu’un État moderne ne saurait se piloter à vue, au gré des caprices d’une agora analphabète ou des récompenses de fin de campagne.
Puisse cette réflexion ouvrir les yeux de nos compatriotes sur l'abîme qui nous guette. Un pays qui persécute ses élites pour couronner ses courtisans est un pays qui hypothèque son avenir.
Les charges publiques sont un sanctuaire ; les confier à l'incompétence n'est plus une simple erreur politique, c'est un crime contre la Nation.