Crise silencieuse au sommet - Sénégal en panne sèche : la BAD coupe les vivres, 1 630 milliards gelés, 39 projets paralysés et des travailleurs abandonnés sans salaire

Rédigé par Dakarposte le Mardi 21 Avril 2026 à 14:37 modifié le Mardi 21 Avril 2026 16:37

Le Sénégal fait face à une tempête financière d’une ampleur rarement observée. Selon les révélations du quotidien Les Échos dans sa parution du mardi 21 avril, la Banque africaine de développement (BAD) a décidé de bloquer ses décaissements en raison d’un défaut de paiement de l’État sénégalais sur certaines échéances arrivées à terme.

Derrière cette décision lourde de conséquences se cache un enjeu colossal : un portefeuille estimé à 1 630 milliards de francs CFA. Ce gel financier impacte directement 39 projets jugés essentiels, notamment dans des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’énergie et les infrastructures, piliers du développement économique national.

Une crise sociale déjà palpable

Les premières victimes de cette situation sont les travailleurs engagés dans ces projets. Comme le souligne Les Échos, plusieurs agents vivent une véritable détresse sociale, privés de salaire depuis plus de trois mois. Une situation qui fragilise des centaines de familles et accentue les tensions dans un contexte économique déjà difficile.

Entreprises à genoux, chantiers à l’arrêt

L’impact ne s’arrête pas aux employés. Les entreprises adjudicataires des marchés publics se retrouvent également prises à la gorge. Incapables de poursuivre les travaux faute de paiements, certaines accumulent des dettes auprès des banques, aggravant leur situation financière. Le quotidien Les Échos évoque même des cas où les sociétés sont plongées dans une situation « encore pire », au bord de l’asphyxie.

Conséquence directe : les chantiers à travers le pays sont à l’arrêt ou fortement ralentis. Ce blocage contraste fortement avec la politique de « tolérance zéro » affichée par les autorités concernant les délais de livraison des projets publics.

Silence des autorités et inquiétude généralisée

Face à cette crise, le mutisme des autorités suscite incompréhension et colère. Toujours selon Les Échos, aucune communication claire n’émane des instances concernées, notamment de la Direction de l’Ordonnancement des dépenses publiques. Les interlocuteurs dénoncent une véritable « omerta », marquée par l’absence de calendrier ou de mesures concrètes pour débloquer la situation.

Ce silence alimente les inquiétudes sur la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers et à préserver la confiance de ses partenaires internationaux.






















dakaractu

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