Cyberattaque contre le fisc français : les données de 678 000 usagers auraient déjà été revendues

Rédigé par Dakarposte le Lundi 17 Aout 2026 à 15:21 modifié le Lundi 17 Aout 2026 17:21

Le piratage des services fiscaux français prend une tournure particulièrement préoccupante. Le groupe de hackers ZeroBytes, qui revendique le vol des données de quelque 678 000 particuliers et professionnels, affirme avoir déjà cédé les informations dérobées à deux acquéreurs pour plusieurs milliers d’euros.

Des déclarations qui demeurent, à ce stade, invérifiables, mais qui accentuent l’inquiétude autour de cette vaste fuite de données.

Selon les cybercriminels, les fichiers resteraient néanmoins disponibles à la vente, une même base de données pouvant être copiée et commercialisée auprès de plusieurs acheteurs. Le groupe, qui affirme être composé de deux pirates se présentant comme français, aurait échangé avec l’AFP via Telegram après avoir publié ses coordonnées sur un forum du dark web consacré au commerce de données volées.

La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé deux intrusions, intervenues à la fin du mois de juin puis à la fin du mois de juillet. Les données compromises comprennent notamment les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ainsi que le taux de prélèvement à la source. Environ 200 000 comptes figurant dans les fichiers cadastraux seraient également concernés.

La nature particulièrement précise de ces informations fait craindre une multiplication des escroqueries personnalisées, les cybercriminels pouvant exploiter ces données pour rendre leurs tentatives de fraude beaucoup plus crédibles. Dans l'univers de la cybercriminalité, les pirates qui dérobent les informations ne sont d'ailleurs pas nécessairement ceux qui les utilisent : les bases sont fréquemment revendues à d'autres acteurs spécialisés dans la fraude.

Déjà associé à plusieurs revendications de piratage visant notamment Intermarché et la Fédération française de handball, ZeroBytes aurait également affirmé avoir récemment ciblé un opérateur téléphonique et un groupe hôtelier français, sans que ces dernières attaques aient été confirmées par les entreprises concernées.


Face à la gravité de la situation, le parquet de Paris a ouvert une enquête, notamment pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs », tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise interministérielle.

Les centaines de milliers d'usagers concernés doivent être informés individuellement afin d'être alertés des risques de démarchage frauduleux et d'hameçonnage. Car désormais, au-delà du vol lui-même, c'est l'exploitation de ces informations sensibles qui fait planer la menace : dans les mains de fraudeurs, une donnée fiscale peut devenir une arme redoutablement efficace.

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