Dakar sous le signe de la reconquête de l’espace public : 234 interpellations dans une vaste opération policière

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 19 Aout 2026 à 14:12 modifié le Mercredi 19 Aout 2026 16:12

La lutte contre la mendicité et l’occupation anarchique de l’espace public franchit un nouveau cap à Dakar.
Dans la nuit du 18 août 2026, de 20 h 30 à minuit, le Commissariat d’Arrondissement de la Médina, sous la conduite du Commissaire central de Dakar, a mené une vaste opération de sécurisation et de libération de plusieurs artères et espaces publics de la capitale.

Mobilisant des effectifs conséquents ainsi que d’importants moyens roulants, les forces de police ont ciblé plusieurs zones particulièrement exposées au phénomène : Colobane, la Place de l’Obélisque, les abords de l’Hôpital Abass Ndao, le Marché Tilène, le Centenaire, Canal 4, la Gueule-Tapée, la Rue 31 x 06 et Soumbédioune.

Ces différents sites étaient notamment occupés par des personnes se livrant à la mendicité et, pour certaines, passant régulièrement la nuit sur la voie publique ou dans des abris de fortune installés au gré des circonstances.

Le bilan de cette opération est significatif : 234 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles 58 hommes adultes, 66 femmes adultes, 105 enfants, dont 22 nourrissons, ainsi que 5 personnes à mobilité réduite. Des chiffres qui donnent une mesure concrète de l’ampleur d’un phénomène qui, depuis plusieurs mois, tend à gagner du terrain dans la capitale et qui n’épargne désormais plus plusieurs autres localités du pays.


Dakarposte avait, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d’alarme sur cette situation préoccupante.
À travers ses alertes et ses reportages, notre rédaction avait attiré l’attention sur la prolifération de la mendicité organisée ou de survie, l’installation de familles entières dans des espaces publics et l’apparition progressive de véritables poches de précarité au cœur de Dakar, mais également dans d’autres régions du Sénégal.
Il ne s’agit donc plus d’un phénomène marginal ou circonscrit à quelques carrefours connus. Il s’agit d’une réalité sociale qui interpelle à la fois les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et l’ensemble de la communauté nationale.

Il faut, à cet égard, saluer la diligence des plus hautes autorités du pays qui semblent avoir pris la mesure de la gravité de la situation. La Police nationale, au premier chef, mérite d’être magnifiée pour cette présence active sur le terrain et pour les opérations qui visent à restaurer l’ordre, la sécurité et la tranquillité publiques.

Sous l’autorité du Directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour, les services de sécurité démontrent ainsi qu’ils entendent occuper pleinement leur rôle dans la préservation de l’espace public.
Cette opération, menée jusqu’à une heure avancée de la nuit, traduit une mobilisation qui ne se limite pas aux déclarations d’intention. Elle témoigne d’une volonté de traiter concrètement les situations qui affectent la quiétude des citoyens et l’image de nos villes.

Il convient également de saluer l’engagement des responsables territoriaux de la Police, au premier rang desquels le Commissaire central de Dakar et les personnels du Commissariat d’Arrondissement de la Médina, dont les éléments ont été mobilisés pour cette opération. Leur intervention rappelle une évidence trop souvent oubliée : la sécurité ne se résume pas à la lutte contre la grande criminalité. Elle passe également par la maîtrise de l’espace public, la protection des populations vulnérables et la prévention des situations susceptibles de favoriser l’insécurité ou l’exploitation des personnes les plus fragiles.

Car derrière les chiffres, il y a des destins humains. Les 105 enfants interpellés, dont 22 nourrissons, appellent naturellement une attention particulière. La question de la mendicité des enfants, de leur présence nocturne dans la rue et des conditions dans lesquelles certains sont contraints d’y vivre dépasse largement le cadre du maintien de l’ordre. Elle relève aussi de la protection de l’enfance, de l’action sociale et de la responsabilité collective.

La fermeté nécessaire ne doit donc jamais être dissociée de l’accompagnement social. Interpeller, éloigner de la voie publique et sécuriser les espaces sont des réponses immédiates indispensables ; mais elles doivent s’inscrire dans une politique plus large permettant d’identifier les personnes concernées, de protéger les enfants, de prendre en charge les personnes vulnérables et, lorsque cela est possible, de leur offrir une véritable alternative à la rue.
C’est précisément là que cette opération policière peut prendre tout son sens.

La restauration de l’ordre public ne saurait être durable si elle ne s’accompagne pas d’une réponse sociale à la hauteur du phénomène. La rue ne doit pas devenir le refuge permanent de ceux que la pauvreté, l’exclusion ou l’exploitation ont poussés hors des cadres ordinaires de la vie sociale.

Pour autant, il serait injuste de minimiser la portée de l’intervention des forces de sécurité. Dans une capitale en pleine transformation, où les enjeux de circulation, de salubrité, de sécurité et d’occupation de l’espace public deviennent de plus en plus sensibles, l’action de la Police nationale constitue un signal fort. Elle montre que l’État demeure présent et qu’il entend faire respecter les règles communes.

La Police nationale l’a d’ailleurs clairement réaffirmé à l’issue de l’opération : elle reste mobilisée pour garantir l’ordre, la sécurité et la tranquillité, partout et pour tous.

La Police Sénégalaise invite également les populations à lui transmettre toute information utile au numéro gratuit 800 00 17 00.

Cette démarche mérite d’être encouragée. Elle appelle surtout à la continuité. Une opération ponctuelle, aussi importante soit-elle, ne suffira pas à enrayer un phénomène qui s’installe progressivement dans les habitudes urbaines.

Il faudra maintenir la pression, multiplier les interventions ciblées et surtout coordonner l’action de la Police avec celle des services sociaux, des collectivités territoriales et des structures chargées de la protection de l’enfance.

Dakarposte, qui avait alerté sur cette montée inquiétante de la mendicité et de l’occupation anarchique de l’espace public, ne peut que se réjouir de voir les autorités prendre enfin la pleine mesure de la situation. Notre capitale ne peut durablement accepter que certains de ses espaces les plus fréquentés se transforment, à la tombée de la nuit, en dortoirs à ciel ouvert ou en zones de mendicité permanente.

Le mérite des autorités sera désormais de transformer cette réaction en politique publique durable. Celui de la Police nationale sera de poursuivre cette présence de proximité, avec fermeté, discernement et humanité.

À travers cette opération, l’État adresse un message simple : la rue appartient à tous, et nul ne doit pouvoir se l’approprier au détriment de la sécurité, de la dignité et de la tranquillité des autres. Sous l’impulsion des plus hautes autorités et avec la mobilisation du Directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour, la Police sénégalaise semble avoir choisi de répondre au phénomène par l’action.

Il faut s’en féliciter, tout en gardant à l’esprit que derrière chaque interpellation se trouve une détresse qu’il faudra également traiter.
C’est à cette double exigence — fermeté républicaine et solidarité humaine — que se mesurera, demain, la véritable réussite de cette opération.











Mamadou Ndiaye
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