Dakar : un ressortissant chinois interpellé après une série d’agressions visant ses compatriotes

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 14 Aout 2026 à 15:37 modifié le Vendredi 14 Aout 2026 15:40

Un réseau criminel présumé opérant à Dakar et ciblant exclusivement des ressortissants chinois vient d’être démantelé, au moins en partie, à la faveur d’une opération menée par la Division des investigations criminelles (DIC). Un ressortissant chinois a été interpellé alors qu’il tentait de quitter le Sénégal par le poste frontalier de Moussala. Il a depuis été déféré au parquet pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, de vol en réunion avec violence, de séquestration, d’extorsion de fonds et de complicité des mêmes chefs.

Entre le 6 juillet et le 11 août 2026, les enquêteurs de la DIC ont été saisis de quatre plaintes déposées par des ressortissants chinois, tous victimes présumées d’agressions particulièrement violentes. Les récits recueillis dessinent les contours d’un mode opératoire organisé, fondé sur la ruse, la violence et la contrainte.

Le premier plaignant aurait été attiré, le 6 juillet dernier, dans un appartement situé au Centenaire par un compatriote qui lui avait fait croire qu’il devait récupérer une créance de 400 000 francs CFA. À son arrivée, il aurait découvert que le rendez-vous dissimulait un piège. Cinq ressortissants chinois, dont son prétendu interlocuteur, l’auraient maîtrisé, ligoté et violenté afin de lui extorquer le code d’accès à son compte « WETCH ».

Les agresseurs auraient alors procédé à un retrait frauduleux de 22 millions de francs CFA avant de l’abandonner sur place. Ligotée et livrée à elle-même, la victime n’aurait dû son salut qu’à l’intervention providentielle d’un riverain, dont elle ignore toujours l’identité, venu la libérer.

Un mois plus tard, une autre affaire aurait présenté des similitudes troublantes. Le 6 août, vers 14 heures, le deuxième plaignant aurait reçu la visite de deux compatriotes se présentant comme des clients venus pour une séance de massage. Après leur départ, ceux-ci seraient revenus dans la soirée, accompagnés de trois autres individus à bord d’un véhicule.

Cette fois, la violence aurait été immédiate. Sous la menace d’un couteau, la victime aurait été ligotée avant que ses agresseurs ne s’emparent de 4,5 millions de francs CFA, de ses clés, de son passeport, de sa carte de séjour ainsi que de deux téléphones portables, de marques Redmi et Huawei. Blessé au cours de l’agression, l’intéressé s’est vu prescrire une incapacité temporaire de travail de quinze jours.

Deux autres plaintes sont venues compléter ce tableau. Le 25 juillet, un troisième ressortissant chinois aurait été agressé à son domicile à l’arme blanche. Les assaillants auraient cherché à lui arracher des informations sur la localisation de son colocataire, qu’ils auraient ensuite envisagé de dépouiller. La victime aurait également subi une blessure entraînant quinze jours d’ITT.

Le quatrième plaignant, quant à lui, aurait été surpris à son domicile de Diamniadio, le 24 juillet, aux alentours de 21 heures. Les mis en cause l’auraient ligoté avant de lui soustraire 3,5 millions de francs CFA.

Face à la répétition des faits et à la similitude des méthodes employées, les enquêteurs de la DIC ont entrepris de remonter la piste des auteurs présumés. Leurs investigations ont finalement permis d’identifier l’un des membres du groupe. Celui-ci a été arrêté grâce à la vigilance des éléments de la Direction de la police de l’air et des frontières, alors qu’il tentait de quitter le territoire sénégalais par le poste frontalier de Moussala, où une opposition avait été émise à son encontre.

La fouille de son véhicule aurait permis aux policiers de découvrir deux battes de baseball, deux couteaux et une paire de jumelles. Les enquêteurs auraient également retrouvé en sa possession le passeport et l’un des téléphones portables dérobés lors de l’agression du deuxième plaignant, ainsi que 469 460 francs CFA en espèces.

Au cours de son interrogatoire, le suspect aurait reconnu sa participation à cinq agressions, parmi lesquelles celles dénoncées par les quatre plaignants. Il aurait également indiqué que le groupe comptait six membres, tous de nationalité chinoise, et affirmé que leurs victimes étaient exclusivement choisies parmi leurs compatriotes.

Déféré au parquet, le mis en cause devra désormais répondre des faits qui lui sont reprochés, tandis que les investigations se poursuivent afin d’identifier les autres membres présumés du groupe et de déterminer leur degré d’implication dans les différentes agressions.

La Police nationale assure, pour sa part, maintenir sa vigilance et appelle la population à lui transmettre toute information susceptible de contribuer à l’enquête. Un numéro vert, le 800 00 17 00, est mis à la disposition du public à cet effet.



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