Il y a parfois, dans certaines sorties médiatiques, une étrange propension à vouloir détourner les projecteurs des dossiers qui encombrent.
La récente « révélation » de Madiambal Diagne sur de prétendus dispositifs d’espionnage qui auraient été découverts dans les champs d’Ousmane Sonko à Sébikotane s’inscrit, à nos yeux, dans cette logique.
Dakarposte a cherché à vérifier. Nous avons interrogé plusieurs interlocuteurs issus des Forces de défense et de sécurité. Police, gendarmerie et autres services concernés : aucun des interlocuteurs sollicités ne nous a confirmé une quelconque découverte de matériel d’espionnage à Sébikotane, ni même l’existence d’une procédure correspondant à la spectaculaire affirmation publiée.
Dès lors, une question élémentaire s’impose : qui a découvert ce fameux matériel ? Dans quelles circonstances ? Quel service a procédé aux constatations ? Quelle autorité judiciaire a été saisie ? Où sont les éléments matériels, le procès-verbal de découverte, les enquêteurs chargés du dossier ?
Car une opération de cette nature ne saurait être une apparition fantomatique. Lorsqu'un dispositif de surveillance est découvert dans un contexte aussi sensible, il existe nécessairement une chaîne de constatation, de saisie et d’enquête. Or, à ce stade, nos vérifications n’ont permis d’en identifier aucune.
Mais puisque Madiambal Diagne aime convoquer les grandes affaires, il serait peut-être utile de rappeler celle qui l’a lui-même placé au cœur d’une procédure judiciaire : l’affaire Ellipse Projects.
En septembre 2025, alors qu’il faisait l’objet d’une convocation de la Division des investigations criminelles et qu’une interdiction de sortie du territoire avait été signalée par les autorités, Madiambal Diagne a quitté le Sénégal pour la France.
Le ministère de l’Intérieur avait ensuite annoncé la délivrance d’un mandat d’arrêt international à son encontre, dans le cadre d’une information judiciaire portant notamment sur des soupçons de blanchiment de capitaux et d’escroquerie liés au dossier Ellipse
Lui-même a reconnu avoir quitté le Sénégal et a livré sa propre version des circonstances de son départ, expliquant qu’il avait décidé de partir après avoir été retenu plusieurs heures à l’aéroport et affirmant vouloir préparer sa défense en France. Cette version est différente de celle présentée par les autorités sénégalaises, qui ont évoqué une sortie du territoire effectuée malgré une interdiction et un avis de recherche.
Et pendant que Madiambal Diagne se trouvait en France, le dossier judiciaire ne s’est pas évaporé. Son épouse, Mabintou Diaby, ainsi que ses deux fils, Mouhamed Diagne et Serigne Saliou Diagne, ont été interpellés dans le cadre de l’enquête sur Ellipse Projects.
Ils ont ensuite été inculpés et placés sous mandat de dépôt, avec un autre proche, pour des chefs d’accusation comprenant notamment l’association de malfaiteurs, l’escroquerie portant sur des deniers publics et le blanchiment de capitaux. Ces personnes bénéficient naturellement de la présomption d’innocence.
La suite est tout aussi documentée : les membres de sa famille ont progressivement obtenu des mesures de liberté provisoire. Serigne Saliou Diagne a été libéré, tandis que Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne ont également bénéficié de décisions de mise en liberté assorties, à certaines périodes, de mesures de contrôle et de bracelet électronique.
En septembre 2026, Mouhamed Diagne faisait encore l’objet d’une assignation à résidence avec bracelet électronique, selon des informations de presse rapportant le rejet de sa demande de mainlevée.
Voilà donc le contexte dans lequel intervient aujourd’hui cette nouvelle histoire de « matériel d’espionnage » à Sébikotane.
Loin de nous l’idée de confondre polémique médiatique et vérité judiciaire. Mais précisément : celui qui entend alerter l’opinion sur une affaire d’espionnage doit être en mesure d’en produire les éléments vérifiables. Les noms des services concernés, les circonstances de la découverte, la nature des équipements, l’autorité saisie, l’existence d’une enquête : tout cela ne relève ni du secret de plume ni de l’imagination éditoriale. Ce sont des faits qui, lorsqu’ils existent, peuvent être établis.
À Dakarposte, après vérifications auprès de plusieurs sources sécuritaires, nous n’avons trouvé aucune confirmation de cette prétendue découverte.
Alors, plutôt que de jeter une nouvelle fois un voile de mystère sur Sébikotane, Madiambal Diagne ferait œuvre utile en répondant à des questions simples : qui a découvert le matériel ? Où ? Quand ? Quel service l’a saisi ? Sous l’autorité de quel magistrat ? Et où est la procédure ?
Autrement, cette affaire risque fort de demeurer ce qu’elle apparaît être à ce stade : une affirmation spectaculaire, mais sans le moindre élément vérifiable venu lui donner consistance.
Et dans un dossier aussi inflammable, l’opinion mérite mieux que des insinuations. Elle mérite des preuves.
La récente « révélation » de Madiambal Diagne sur de prétendus dispositifs d’espionnage qui auraient été découverts dans les champs d’Ousmane Sonko à Sébikotane s’inscrit, à nos yeux, dans cette logique.
Dakarposte a cherché à vérifier. Nous avons interrogé plusieurs interlocuteurs issus des Forces de défense et de sécurité. Police, gendarmerie et autres services concernés : aucun des interlocuteurs sollicités ne nous a confirmé une quelconque découverte de matériel d’espionnage à Sébikotane, ni même l’existence d’une procédure correspondant à la spectaculaire affirmation publiée.
Dès lors, une question élémentaire s’impose : qui a découvert ce fameux matériel ? Dans quelles circonstances ? Quel service a procédé aux constatations ? Quelle autorité judiciaire a été saisie ? Où sont les éléments matériels, le procès-verbal de découverte, les enquêteurs chargés du dossier ?
Car une opération de cette nature ne saurait être une apparition fantomatique. Lorsqu'un dispositif de surveillance est découvert dans un contexte aussi sensible, il existe nécessairement une chaîne de constatation, de saisie et d’enquête. Or, à ce stade, nos vérifications n’ont permis d’en identifier aucune.
Mais puisque Madiambal Diagne aime convoquer les grandes affaires, il serait peut-être utile de rappeler celle qui l’a lui-même placé au cœur d’une procédure judiciaire : l’affaire Ellipse Projects.
En septembre 2025, alors qu’il faisait l’objet d’une convocation de la Division des investigations criminelles et qu’une interdiction de sortie du territoire avait été signalée par les autorités, Madiambal Diagne a quitté le Sénégal pour la France.
Le ministère de l’Intérieur avait ensuite annoncé la délivrance d’un mandat d’arrêt international à son encontre, dans le cadre d’une information judiciaire portant notamment sur des soupçons de blanchiment de capitaux et d’escroquerie liés au dossier Ellipse
Lui-même a reconnu avoir quitté le Sénégal et a livré sa propre version des circonstances de son départ, expliquant qu’il avait décidé de partir après avoir été retenu plusieurs heures à l’aéroport et affirmant vouloir préparer sa défense en France. Cette version est différente de celle présentée par les autorités sénégalaises, qui ont évoqué une sortie du territoire effectuée malgré une interdiction et un avis de recherche.
Et pendant que Madiambal Diagne se trouvait en France, le dossier judiciaire ne s’est pas évaporé. Son épouse, Mabintou Diaby, ainsi que ses deux fils, Mouhamed Diagne et Serigne Saliou Diagne, ont été interpellés dans le cadre de l’enquête sur Ellipse Projects.
Ils ont ensuite été inculpés et placés sous mandat de dépôt, avec un autre proche, pour des chefs d’accusation comprenant notamment l’association de malfaiteurs, l’escroquerie portant sur des deniers publics et le blanchiment de capitaux. Ces personnes bénéficient naturellement de la présomption d’innocence.
La suite est tout aussi documentée : les membres de sa famille ont progressivement obtenu des mesures de liberté provisoire. Serigne Saliou Diagne a été libéré, tandis que Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne ont également bénéficié de décisions de mise en liberté assorties, à certaines périodes, de mesures de contrôle et de bracelet électronique.
En septembre 2026, Mouhamed Diagne faisait encore l’objet d’une assignation à résidence avec bracelet électronique, selon des informations de presse rapportant le rejet de sa demande de mainlevée.
Voilà donc le contexte dans lequel intervient aujourd’hui cette nouvelle histoire de « matériel d’espionnage » à Sébikotane.
Loin de nous l’idée de confondre polémique médiatique et vérité judiciaire. Mais précisément : celui qui entend alerter l’opinion sur une affaire d’espionnage doit être en mesure d’en produire les éléments vérifiables. Les noms des services concernés, les circonstances de la découverte, la nature des équipements, l’autorité saisie, l’existence d’une enquête : tout cela ne relève ni du secret de plume ni de l’imagination éditoriale. Ce sont des faits qui, lorsqu’ils existent, peuvent être établis.
À Dakarposte, après vérifications auprès de plusieurs sources sécuritaires, nous n’avons trouvé aucune confirmation de cette prétendue découverte.
Alors, plutôt que de jeter une nouvelle fois un voile de mystère sur Sébikotane, Madiambal Diagne ferait œuvre utile en répondant à des questions simples : qui a découvert le matériel ? Où ? Quand ? Quel service l’a saisi ? Sous l’autorité de quel magistrat ? Et où est la procédure ?
Autrement, cette affaire risque fort de demeurer ce qu’elle apparaît être à ce stade : une affirmation spectaculaire, mais sans le moindre élément vérifiable venu lui donner consistance.
Et dans un dossier aussi inflammable, l’opinion mérite mieux que des insinuations. Elle mérite des preuves.