Des milliards, des sociétés-écrans, le fugitif Moustapha Sow : SF Capital, l’empire qui vacille (ÉPISODE 2)

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 27 Septembre 2026 à 17:18 modifié le Dimanche 27 Septembre 2026 19:19

Derrière les dorures feutrées de la haute finance sénégalaise se tramait, en réalité, l'une des plus spectaculaires entreprises de captation de deniers publics de la décennie.

L'enquête d'envergure diligentée par les services de l'État sur les activités d'intermédiation de la société SF Capital lève le voile sur le vertigineux système mis en place par Moustapha Sow, ce prétendu banquier dont le vernis de l'honorabilité vient de voler en éclats.

Entre 2017 et 2023, profitant d’une proximité coupable avec l'ancien régime, cet entremetteur de l'ombre a négocié une manne astronomique de 4 585 milliards de francs CFA pour le compte d'entités publiques, s'assurant au passage une dîme systématique de 2,5 %. Ce sont ainsi 117 milliards de francs CFA de commissions qui ont été engloutis.

Mais plutôt que de faire prospérer l’économie nationale en rapatriant ces capitaux dans la zone UEMOA comme l'exige impérativement la loi, l'homme d'affaires a orchestré l'exil de sa fortune vers les paradis fiscaux de l'île Maurice et des Seychelles, par le biais de structures écrans.

Dans une manœuvre d'une opacité confondante, les bilans comptables de ses entreprises locales n'affichaient qu'une misérable portion de 3,7 milliards de francs CFA en six ans d'exercice.

Cet échafaudage frauduleux, mis au jour grâce aux révélations de nos confrères de Dakaractu, a permis au manipulateur d'accumuler un empire immobilier indécent, s'offrant de prestigieux titres fonciers et immeubles entre Mermoz, le Point E, les Almadies, Saly et Mbour, tout en dissimulant plus de 90 % de ses revenus réels au fisc sénégalais.

C'est finalement en tirant le fil d'ariane du Programme spécial de développement (PSD) que les enquêteurs ont mis à nu les circuits clandestins de SF Capital, laquelle avait poussé l'audace jusqu'à capter des fonds initialement sanctuarisés pour le Fonds d'entretien routier autonome (FERA).

Dès l'avènement du régime Diomaye-Sonko, placé sous le sceau de la reddition des comptes et de la rupture systémique, le prétendu magnat n'a pas manqué de courage pour fuir : brandissant son passeport canadien, Moustapha Sow s’est empressé de déserter le territoire national, abandonnant lâchement à l'échafaud judiciaire ses collaborateurs et avocats pour faire face seuls aux perquisitions de ses bureaux des Almadies.

La justice sénégalaise détient désormais les preuves de ce pillage méthodique, scellant le destin d'un fugitif traqué par l'histoire
Mamadou Ndiaye
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