Selon une information de l’agence Reuters publiée ce mercredi 17 juin, les obligations internationales du Sénégal oscillent entre 52 et 58 centimes par dollar, soit à peine plus de la moitié de leur valeur nominale. Cette dégringolade des titres souverains traduit la défiance croissante des investisseurs, qui parient de plus en plus sur un défaut de paiement du pays, malgré les efforts du gouvernement pour rassurer ses partenaires financiers.
La mission actuelle du FMI, qui a débuté lundi, s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu. Les discussions entre Dakar et l’institution de Bretton Woods butent sur des désaccords profonds concernant la stratégie à adopter face à un endettement devenu insoutenable. Selon deux sources proches des négociations, aucun accord n’est attendu à l’issue de cette visite, les deux parties restant opposées sur la manière de gérer un fardeau de la dette qui a coupé le pays des marchés internationaux et le contraint à un recours incessant à des emprunts de court terme pour assurer sa survie financière. Ce blocage remonte à 2024, lorsque le nouveau gouvernement avait révélé que l’administration précédente avait sous-évalué l’endettement public, provoquant le gel immédiat d’un programme de 1,8 milliard de dollars du FMI.
Depuis, les tentatives de renouer le dialogue avec le FMI se heurtent à des obstacles politiques et économiques. Le limogeage en mai dernier du Premier ministre Ousmane SONKO, farouche opposant à toute restructuration de la dette qu’il qualifiait de «disgrâce», a été perçu par de nombreux investisseurs comme la levée d’un obstacle majeur. Pourtant, le gouvernement semble aujourd’hui hésiter entre plusieurs options, explorant notamment la possibilité d’obtenir des garanties d’institutions financières de développement pour accéder à des emprunts à des conditions plus avantageuses, sans pour autant franchir le pas d’une restructuration douloureuse. «Le gouvernement semble toujours s’en tenir à une approche de « muddle-through » (se débrouiller tant bien que mal)», analyse Kathryn Exum du fonds Gramercy, dont le scénario de base table également sur un défaut. « Ils aimeraient obtenir ces garanties dans le cadre de l’enveloppe de financement ».
Cette stratégie d’évitement trouve ses limites dans la réalité des chiffres. Les agences de notation comme S&P Global estiment la dette non déclarée à environ 13 milliards de dollars, soit un quart de l’économie sénégalaise, évaluée à 40 milliards de dollars. Dans ce contexte, l’analyste Elina Theodorakopoulou de Manulife Investment Management résume avec une clarté glaçante le sentiment qui prévaut désormais sur les marchés : «Ils ont essayé de maintenir les lumières allumées en renouvelant leur dette, mais c’est maintenant une question de quand plutôt que de si». Pour les investisseurs, l’issue semble inéluctable, et le seul véritable suspense réside dans le calendrier d’un défaut que beaucoup jugent désormais inévitable.
Le gouvernement sénégalais, qui a honoré plus de 90 millions de dollars de paiements sur ses euro-obligations au début du mois, devra faire face à un nouveau coupon à l’automne prochain. Mais comme le souligne Yvette Babb de William Blair, «ces sources de financement ne sont pas infinies, et un retour à des financements concessionnels liés à un programme du FMI est inévitable». La pression s’intensifie donc sur les autorités de Dakar, alors que les marges de manœuvre se réduisent et que l’horizon d’un accord avec le FMI, condition sine qua non pour débloquer des financements extérieurs, semble s’éloigner un peu plus à chaque mission.
walf
La mission actuelle du FMI, qui a débuté lundi, s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu. Les discussions entre Dakar et l’institution de Bretton Woods butent sur des désaccords profonds concernant la stratégie à adopter face à un endettement devenu insoutenable. Selon deux sources proches des négociations, aucun accord n’est attendu à l’issue de cette visite, les deux parties restant opposées sur la manière de gérer un fardeau de la dette qui a coupé le pays des marchés internationaux et le contraint à un recours incessant à des emprunts de court terme pour assurer sa survie financière. Ce blocage remonte à 2024, lorsque le nouveau gouvernement avait révélé que l’administration précédente avait sous-évalué l’endettement public, provoquant le gel immédiat d’un programme de 1,8 milliard de dollars du FMI.
Depuis, les tentatives de renouer le dialogue avec le FMI se heurtent à des obstacles politiques et économiques. Le limogeage en mai dernier du Premier ministre Ousmane SONKO, farouche opposant à toute restructuration de la dette qu’il qualifiait de «disgrâce», a été perçu par de nombreux investisseurs comme la levée d’un obstacle majeur. Pourtant, le gouvernement semble aujourd’hui hésiter entre plusieurs options, explorant notamment la possibilité d’obtenir des garanties d’institutions financières de développement pour accéder à des emprunts à des conditions plus avantageuses, sans pour autant franchir le pas d’une restructuration douloureuse. «Le gouvernement semble toujours s’en tenir à une approche de « muddle-through » (se débrouiller tant bien que mal)», analyse Kathryn Exum du fonds Gramercy, dont le scénario de base table également sur un défaut. « Ils aimeraient obtenir ces garanties dans le cadre de l’enveloppe de financement ».
Cette stratégie d’évitement trouve ses limites dans la réalité des chiffres. Les agences de notation comme S&P Global estiment la dette non déclarée à environ 13 milliards de dollars, soit un quart de l’économie sénégalaise, évaluée à 40 milliards de dollars. Dans ce contexte, l’analyste Elina Theodorakopoulou de Manulife Investment Management résume avec une clarté glaçante le sentiment qui prévaut désormais sur les marchés : «Ils ont essayé de maintenir les lumières allumées en renouvelant leur dette, mais c’est maintenant une question de quand plutôt que de si». Pour les investisseurs, l’issue semble inéluctable, et le seul véritable suspense réside dans le calendrier d’un défaut que beaucoup jugent désormais inévitable.
Le gouvernement sénégalais, qui a honoré plus de 90 millions de dollars de paiements sur ses euro-obligations au début du mois, devra faire face à un nouveau coupon à l’automne prochain. Mais comme le souligne Yvette Babb de William Blair, «ces sources de financement ne sont pas infinies, et un retour à des financements concessionnels liés à un programme du FMI est inévitable». La pression s’intensifie donc sur les autorités de Dakar, alors que les marges de manœuvre se réduisent et que l’horizon d’un accord avec le FMI, condition sine qua non pour débloquer des financements extérieurs, semble s’éloigner un peu plus à chaque mission.
walf