Éprouver la réalité carcérale : la visite inopinée du ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, à la Maison d’arrêt de Rebeuss

Rédigé par Dakarposte le Lundi 3 Aout 2026 à 23:16 modifié le Mardi 4 Aout 2026 01:16

C’est à l’heure où les rumeurs de la ville s’apaisent que la justice a franchi le seuil de la captivité.
Dakarposte tient de ses radars fureteurs que ce lundi 3 août 2026, alors que sonnaient les vingt et une heures, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a rompu le protocole des annonces officielles pour mener une visite inopinée au cœur de la Maison d’arrêt de Rebeuss.
Point d'apparat pour cette immersion nocturne, mais la volonté ferme de se confronter à la nudité des réalités carcérales et de mesurer, à la lueur des néons fatigués, l'âpreté des conditions de détention, au premier rang desquelles l’épineuse et douloureuse question du « paquetage ».

Pour ce voyage au bout de la nuit pénitentiaire, le garde des Sceaux s’est entouré des hauts dignitaires de son administration et de la magistrature.
À ses côtés se tenaient son directeur de cabinet, le directeur des Affaires criminelles et des Grâces, ainsi que le procureur général près la Cour d’appel de Dakar.
Signe de l'importance cruciale accordée aux lenteurs procédurales et à l'engorgement des geôles, les doyens des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Dakar, de Pikine-Guédiawaye et du Pool judiciaire financier étaient également de la procession, guidés par le directeur général de l’Administration pénitentiaire et le conseiller technique, porte-parole du ministère.

Sous l'escorte des gardiens, la délégation a arpenté les couloirs étroits pour s'arrêter devant les cellules 3, 4, 9, 10, 14 et 43. Là, derrière les grilles de ces dortoirs parmi les plus surpeuplés de la citadelle, les officiels ont pu contempler le spectacle de la promiscuité absolue.
Cette confrontation directe avec la détresse des corps entassés et le dévouement d'un personnel pénitentiaire à bout de souffle traduit une ambition profonde : celle de ne plus gouverner les prisons depuis la distance feutrée des ministères, mais d'éprouver le réel pour mieux le réformer.
En inscrivant ses pas dans la moiteur de Rebeuss, Me Moussa Sarr réaffirme l'urgence des chantiers engagés pour l'humanisation des lieux de privation de liberté, rappelant que la rigueur de la peine ne saurait s'affranchir du respect sacré de la dignité humaine.

Mamadou Ndiaye
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