À ce stade, aucune conclusion judiciaire définitive n’a été rendue publique. Les enquêtes se poursuivent, dans un climat de discrétion, tant à Dakar qu’à Abidjan, sur un dossier que les autorités considèrent comme hautement sensible.
Déjà en 2013, les États-Unis avaient imposé des sanctions à quatre citoyens Libanais, les accusant de ramasser des fonds et de recruter en Afrique de l'Ouest pour le compte du groupe militant libanais Hezbollah. Il s’agit d’Ali Ibrahim al-Watfa, Abbas Loutfe Fawaz, Ali Ahmad Chehade et Hicham Nmer Khanafer.
Selon le département américain du Trésor, les quatre hommes ont été sanctionnés pour avoir servi en quelque sorte d’ « ambassadeurs » au Hezbollah, milice que Washington considère comme un groupe terroriste. Ces Libanais opèrent en Sierra Leone, au Sénégal, en Côte d'Ivoire et en Gambie.
Outre le Sénégal où est basé Abbas Fawaz Loutfe, des pays comme la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et la Gambie sont également dans le collimateur du Département du Trésor américain. Dans ces pays résident des Libanais accusés d’être des collecteurs de fonds pour le Hezbollah. Selon Le Populaire, il s’agit d’Ali Ibrahim Al-Watfa qui opère en Sierra Leone, Abbas Loutfe Fawaz établi à Dakar, Ali Ahmad Chehade basé en Côte d’Ivoire et Hicham Nmer Khanafer qui réside en Gambie.
Selon le Département du Trésor américain, ces « chefs » sont chargés d’organisation "dans des efforts pour étendre l’influence du Hezbollah dans toute l’Afrique occidentale. Ils organisent des collectes de fonds, le recrutement des membres de l’organisation et jouent, au besoin, le rôle d’Ambassadeurs du Département des relations extérieures du Hezbollah".
Au terme de leur identification, il est désormais interdit à toute personne, surtout aux Etats-Unis, de faire des affaires avec les quatre incriminés, sous peine de passer pour leur complice. Le Populaire nous apprend en outre que tous leurs avoirs sur toute juridiction américaine sont gelés.
Selon le document produit par le Département du Trésor américain, « l’identification de ces quatre Libanais expose davantage la portée alarmante des activités du Hezbollah et sa détermination à créer un fonds mondial et un réseau de recrutement pour soutenir sa violence et les entreprises criminelles partout dans le monde. Alors que le Hezbollah prétend être une organisation de résistance, son vaste réseau mondial envoie de l’argent et des agents pour mener des attaques terroristes à travers le monde ».
Abbas Fawaz Loutfe, qui utilise des supermarchés qu’il possède et exploite à Dakar, est accusé d’avoir créé un groupe de partisans du Hezbollah. On lui reproche d’être très actif dans la promotion du Hezbollah et la collecte de fonds pour le groupe. Le nom de Fawaz est également cité dans les efforts du Hezbollah pour influencer le choix d’un Directeur d’un Institut islamique influent à Dakar.
Mamadou L. Ndiaye
Déjà en 2013, les États-Unis avaient imposé des sanctions à quatre citoyens Libanais, les accusant de ramasser des fonds et de recruter en Afrique de l'Ouest pour le compte du groupe militant libanais Hezbollah. Il s’agit d’Ali Ibrahim al-Watfa, Abbas Loutfe Fawaz, Ali Ahmad Chehade et Hicham Nmer Khanafer.
Selon le département américain du Trésor, les quatre hommes ont été sanctionnés pour avoir servi en quelque sorte d’ « ambassadeurs » au Hezbollah, milice que Washington considère comme un groupe terroriste. Ces Libanais opèrent en Sierra Leone, au Sénégal, en Côte d'Ivoire et en Gambie.
Outre le Sénégal où est basé Abbas Fawaz Loutfe, des pays comme la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire et la Gambie sont également dans le collimateur du Département du Trésor américain. Dans ces pays résident des Libanais accusés d’être des collecteurs de fonds pour le Hezbollah. Selon Le Populaire, il s’agit d’Ali Ibrahim Al-Watfa qui opère en Sierra Leone, Abbas Loutfe Fawaz établi à Dakar, Ali Ahmad Chehade basé en Côte d’Ivoire et Hicham Nmer Khanafer qui réside en Gambie.
Selon le Département du Trésor américain, ces « chefs » sont chargés d’organisation "dans des efforts pour étendre l’influence du Hezbollah dans toute l’Afrique occidentale. Ils organisent des collectes de fonds, le recrutement des membres de l’organisation et jouent, au besoin, le rôle d’Ambassadeurs du Département des relations extérieures du Hezbollah".
Au terme de leur identification, il est désormais interdit à toute personne, surtout aux Etats-Unis, de faire des affaires avec les quatre incriminés, sous peine de passer pour leur complice. Le Populaire nous apprend en outre que tous leurs avoirs sur toute juridiction américaine sont gelés.
Selon le document produit par le Département du Trésor américain, « l’identification de ces quatre Libanais expose davantage la portée alarmante des activités du Hezbollah et sa détermination à créer un fonds mondial et un réseau de recrutement pour soutenir sa violence et les entreprises criminelles partout dans le monde. Alors que le Hezbollah prétend être une organisation de résistance, son vaste réseau mondial envoie de l’argent et des agents pour mener des attaques terroristes à travers le monde ».
Abbas Fawaz Loutfe, qui utilise des supermarchés qu’il possède et exploite à Dakar, est accusé d’avoir créé un groupe de partisans du Hezbollah. On lui reproche d’être très actif dans la promotion du Hezbollah et la collecte de fonds pour le groupe. Le nom de Fawaz est également cité dans les efforts du Hezbollah pour influencer le choix d’un Directeur d’un Institut islamique influent à Dakar.
Mamadou L. Ndiaye
IL ÉTAIT UNE FOIS LA SULFUREUSE AFFAIRE BATIPLUS QUI AVAIT TENU LE SÉNÉGAL EN HALENE ENTRE 2020 ET 2024 !
Une incroyable histoire d’abus de confiance et de détournement portant sur une somme de près de 3 milliards de FCFA avait occupé, entre 2020 et 2024 le devant de l’actualité au Sénégal. Le FBI, la police fédérale américaine, s'y intéressait et une jeune secrétaire semblait être l'agnelle du sacrifice.
Ce fut une affaire à laquelle s'intéressait de très près le FBI, dont l'un des agents avait séjourné à Dakar. Comme protagonistes sont cités de riches hommes d'affaires libanais, un intermédiaire et encore une jeune secrétaire qui ne cesse de clamer son innocence du fond de sa cellule. Les enjeux : plusieurs milliards de F CFA qui font l'objet de transactions opaques et aboutiraient en partie entre les mains de membres du Hezbollah libanais, selon les médias sénégalais. Sauf que seule Rachelle, la secrétaire de la société et maillon faible de toute cette histoire, fut incarcérée pendant plusieurs mois. Pendant ce temps, les gros bonnets étaient libres de leurs mouvements, malgré la demande du parquet de placer sous mandat de dépôt l'un des principaux suspects. Mais, le FBI, la police fédérale américaine, s'invita à la fête en venant à Dakar interroger les mis en cause.
Tout a commencé en février dernier quand une banale révision comptable est réalisée par Akm Audit et Conseil, le commissaire aux comptes de la société Batiplus, laquelle appartient au groupe contrôlé par la fratrie Farès, en l'occurrence Mohamed, Hassan et Mahieddine. Quoi de plus normal en cette période de l'année qui correspond aux travaux de fin d'exercice. Ce qui est anormal, en revanche, c'est ce que découvrent les auditeurs: un trou de 125,07 millions de FCFA, soit près de 191.000 euros. Quand les actionnaires Farès demandent des comptes au directeur général de Batiplus, en l'occurrence Christian Chabel Samra, il se défausse sur sa secrétaire Rachelle Sleylati qui était la responsable du coffre-fort de la société Batiplus, par lequel transitaient les fonds. Ce qu'elle nie entièrement, selon une lettre adressée à la presse et largement diffusée dans les réseaux sociaux.
Malgré son refus d'endosser la moindre part de responsabilité, une machine est mise en branle pour lui faire supporter tout le poids de l'affaire. D'abord, deux clercs d'un huissier lui sont envoyés pour lui extorquer des aveux, toujours selon sa version. Ensuite, une plainte est déposée contre elle le 6 mars 2020 et le 25 de ce même mois, le procureur demandera son placement sous mandat de dépôt. C'était sans compter avec les nombreuses conséquences impliquées par l'entrée en matière de la justice sénégalaise. Car, Christian Chabel Samra ne se doutait pas qu'en portant plainte contre Rachelle Sleylati pour que cette dernière lui serve de fusible, il ouvrait en même temps la boîte de Pandore. Ainsi, très vite Rachelle va déballer tout ce qu'elle sait. En minutieuse secrétaire, elle gardait toutes les pièces justificatives des transactions douteuses qu'effectuait son patron. Ainsi, elle présentera aux gendarmes 68 bons de caisse s'étalant sur une durée de 4 ans et portant sur quelque 2,8 milliards de FCFA correspondant à des retraits allant jusqu'à 100 millions de FCFA en espèces.
C'est l'histoire de l'arroseur arrosé, avec un incroyable retournement de situation. Rachelle va balancer le nom d'un certain M. Fall qui occupe la fonction de courtier pour le compte de l'entreprise Batiplus. Ce dernier est le principal porte-valise de Samra et par conséquent des Farès, dans cette histoire. Cuisiné par les pandores de la section de recherches de la Gendarmerie, celui-ci avouera reverser tout l'argent qui lui était remis à deux commerçants libanais, en l'occurrence Hassan Hashim et Aidar Soufian. La commission rogatoire ou mandat de perquisition permettra de trouver chez ces derniers d'une part, 525.497.000 FCFA, 73.590 euros et 1.350 dollars et d'autre part 48 483 000 FCFA, 21 230 euros et 9.350 dollars dans le magasin de son compatriote Aidar Soufan, soit au total l'équivalent de 642 millions de FCFA. Ces derniers affirmeront que les sommes que leur remettait M. Fall devaient être déposées à la banque, mais ils ne produiront aucun document justifiant d'un quelconque versement.
Il est donc clair que la Gendarmerie venait de mettre la main sur un vaste réseau de blanchiment d'argent. Sauf que les personnes impliquées directement dans cette histoire sont toujours en liberté malgré la demande du procureur de placer sous mandat de dépôt Christian Chabel Samra, ce qui a mis en émoi l'opinion publique sénégalaise. Mais tout ceci sent le soufre pour le FBI américain qui ne va pas tarder à faire le lien avec une autre affaire de blanchiment d'argent et surtout de financement du terrorisme international dans laquelle est cité un certain Abbas Fawaz Loutfe qui est le neveu des Farès et le directeur général de Batimat, l'autre filiale du groupe Farès. Abbas Fawaz Loutfe était justement recherché par la justice américaine qui le soupçonne d'avoir transporté d'énormes quantités d'argent en liquide du Sénégal vers les Etats-Unis et destinées au financement du Hezbollah libanais. C'est pourquoi dès que l'ambassade des Etats-Unis a mis au courant les services américains de cette affaire dans laquelle les oncles et non moins employeur de Loutfe sont cités, un agent du FBI a sauté dans le premier avion pour essayer de tirer tout cela au clair.
Mamadou L. Ndiaye
Une incroyable histoire d’abus de confiance et de détournement portant sur une somme de près de 3 milliards de FCFA avait occupé, entre 2020 et 2024 le devant de l’actualité au Sénégal. Le FBI, la police fédérale américaine, s'y intéressait et une jeune secrétaire semblait être l'agnelle du sacrifice.
Ce fut une affaire à laquelle s'intéressait de très près le FBI, dont l'un des agents avait séjourné à Dakar. Comme protagonistes sont cités de riches hommes d'affaires libanais, un intermédiaire et encore une jeune secrétaire qui ne cesse de clamer son innocence du fond de sa cellule. Les enjeux : plusieurs milliards de F CFA qui font l'objet de transactions opaques et aboutiraient en partie entre les mains de membres du Hezbollah libanais, selon les médias sénégalais. Sauf que seule Rachelle, la secrétaire de la société et maillon faible de toute cette histoire, fut incarcérée pendant plusieurs mois. Pendant ce temps, les gros bonnets étaient libres de leurs mouvements, malgré la demande du parquet de placer sous mandat de dépôt l'un des principaux suspects. Mais, le FBI, la police fédérale américaine, s'invita à la fête en venant à Dakar interroger les mis en cause.
Tout a commencé en février dernier quand une banale révision comptable est réalisée par Akm Audit et Conseil, le commissaire aux comptes de la société Batiplus, laquelle appartient au groupe contrôlé par la fratrie Farès, en l'occurrence Mohamed, Hassan et Mahieddine. Quoi de plus normal en cette période de l'année qui correspond aux travaux de fin d'exercice. Ce qui est anormal, en revanche, c'est ce que découvrent les auditeurs: un trou de 125,07 millions de FCFA, soit près de 191.000 euros. Quand les actionnaires Farès demandent des comptes au directeur général de Batiplus, en l'occurrence Christian Chabel Samra, il se défausse sur sa secrétaire Rachelle Sleylati qui était la responsable du coffre-fort de la société Batiplus, par lequel transitaient les fonds. Ce qu'elle nie entièrement, selon une lettre adressée à la presse et largement diffusée dans les réseaux sociaux.
Malgré son refus d'endosser la moindre part de responsabilité, une machine est mise en branle pour lui faire supporter tout le poids de l'affaire. D'abord, deux clercs d'un huissier lui sont envoyés pour lui extorquer des aveux, toujours selon sa version. Ensuite, une plainte est déposée contre elle le 6 mars 2020 et le 25 de ce même mois, le procureur demandera son placement sous mandat de dépôt. C'était sans compter avec les nombreuses conséquences impliquées par l'entrée en matière de la justice sénégalaise. Car, Christian Chabel Samra ne se doutait pas qu'en portant plainte contre Rachelle Sleylati pour que cette dernière lui serve de fusible, il ouvrait en même temps la boîte de Pandore. Ainsi, très vite Rachelle va déballer tout ce qu'elle sait. En minutieuse secrétaire, elle gardait toutes les pièces justificatives des transactions douteuses qu'effectuait son patron. Ainsi, elle présentera aux gendarmes 68 bons de caisse s'étalant sur une durée de 4 ans et portant sur quelque 2,8 milliards de FCFA correspondant à des retraits allant jusqu'à 100 millions de FCFA en espèces.
C'est l'histoire de l'arroseur arrosé, avec un incroyable retournement de situation. Rachelle va balancer le nom d'un certain M. Fall qui occupe la fonction de courtier pour le compte de l'entreprise Batiplus. Ce dernier est le principal porte-valise de Samra et par conséquent des Farès, dans cette histoire. Cuisiné par les pandores de la section de recherches de la Gendarmerie, celui-ci avouera reverser tout l'argent qui lui était remis à deux commerçants libanais, en l'occurrence Hassan Hashim et Aidar Soufian. La commission rogatoire ou mandat de perquisition permettra de trouver chez ces derniers d'une part, 525.497.000 FCFA, 73.590 euros et 1.350 dollars et d'autre part 48 483 000 FCFA, 21 230 euros et 9.350 dollars dans le magasin de son compatriote Aidar Soufan, soit au total l'équivalent de 642 millions de FCFA. Ces derniers affirmeront que les sommes que leur remettait M. Fall devaient être déposées à la banque, mais ils ne produiront aucun document justifiant d'un quelconque versement.
Il est donc clair que la Gendarmerie venait de mettre la main sur un vaste réseau de blanchiment d'argent. Sauf que les personnes impliquées directement dans cette histoire sont toujours en liberté malgré la demande du procureur de placer sous mandat de dépôt Christian Chabel Samra, ce qui a mis en émoi l'opinion publique sénégalaise. Mais tout ceci sent le soufre pour le FBI américain qui ne va pas tarder à faire le lien avec une autre affaire de blanchiment d'argent et surtout de financement du terrorisme international dans laquelle est cité un certain Abbas Fawaz Loutfe qui est le neveu des Farès et le directeur général de Batimat, l'autre filiale du groupe Farès. Abbas Fawaz Loutfe était justement recherché par la justice américaine qui le soupçonne d'avoir transporté d'énormes quantités d'argent en liquide du Sénégal vers les Etats-Unis et destinées au financement du Hezbollah libanais. C'est pourquoi dès que l'ambassade des Etats-Unis a mis au courant les services américains de cette affaire dans laquelle les oncles et non moins employeur de Loutfe sont cités, un agent du FBI a sauté dans le premier avion pour essayer de tirer tout cela au clair.
Mamadou L. Ndiaye