Fin de cycle pour les Lionnes : Mame Moussa Cissé abandonne le gouvernail

Rédigé par Dakarposte le Mardi 4 Aout 2026 à 09:47 modifié le Mardi 4 Aout 2026 12:04

Une page mémorable du football féminin sénégalais se tourne dans la solennité. Mame Moussa Cissé, figure tutélaire et architecte des destinées de l’équipe nationale féminine, a choisi de clore son long magistère.
L'annonce, empreinte d'une digne gravité, est survenue au lendemain d’une élimination précoce des Lionnes dès la phase de poules de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2026.

Pendant près d’une décennie, le technicien thiessois aura porté à bout de bras les ambitions d’une sélection qu'il a patiemment façonnée.
Face au verdict du terrain, l’homme a choisi la lucidité du sage, estimant le moment venu de transmettre le flambeau.

« C’est le moment de partir pour laisser à d’autres le soin de venir briser ce plafond de verre. Peut-être qu’un autre entraîneur, avec une autre vision et une autre expérience, pourra conduire cette équipe vers les objectifs que nous nous sommes fixés », a-t-il confessé, confiant l'avenir à des mains neuves.

L'histoire retiendra que le compagnonnage entre Mame Moussa Cissé et la sélection nationale fut une œuvre de longue haleine.
Adjoint de 2013 à 2015, puis timonier principal de 2015 à 2017, avant de reprendre définitivement les rênes de 2019 à 2026, il aura gravé son nom au panthéon du sport de son pays. Sous son autorité bienveillante et rigoureuse, le Sénégal a arraché trois qualifications consécutives pour la grand-messe continentale. Par deux fois, en 2022 et en 2024, ses Lionnes ont hissé le pavillon sénégalais jusqu'en quarts de finale, ne pliant qu'au bout du suspense cruel des séances de tirs au but face à la Zambie et à l’Afrique du Sud.
Sous sa gouvernance, les Sénégalaises ont également goûté aux vertiges des barrages de la Coupe du monde 2023, s'affirmant désormais comme une place forte et respectée du football africain.
Pourtant, le destin des grands techniciens reste cruellement indexé aux résultats immédiats, et l'épilogue prématuré de la CAN 2026 a agi comme le catalyseur d'un départ devenu inéluctable. « Cela fait dix ans que je suis là. Il faut laisser la main à quelqu’un d’autre. J’ai donné tout ce que j’avais, mais, apparemment, ce n’est pas suffisant », a-t-il glissé dans un murmure d'amertume et de devoir accompli.
Les Lionnes de la Teranga s'avancent désormais vers l'inconnu d'un nouveau chapitre. Si le bâtisseur s'en va, l'ambition demeure intacte : trouver l'étincelle nouvelle pour franchir enfin le Cap Horn africain et guider, un jour, le Sénégal vers sa première épopée mondialiste.

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