Qu'avez-vous dit à Sadio Mané en fin de match sur le bord du terrain pour qu'il aille convaincre ses coéquipiers de revenir sur la pelouse ?
C.L. : Je lui ai dit : 'va chercher tes potes et revenez sur le terrain.' Je pense que contrairement aux autres, il hésitait, il se posait la question, parce que tout le monde était parti notamment le staff. Si je lui avais dit : 'rentre aux vestiaires', il serait rentré aussi. Je pense qu'il a eu besoin d'entendre ce que je lui ai dit parce qu'il y avait une certaine agitation encore. Je ne savais pas que ça aurait autant d'écho. Je pensais qu'on était tous les deux dans un coin de terrain, qu'il n'y avait personne qui nous voyait. Mais depuis hier, j'ai reçu des centaines de messages.
Et quels sont vos liens avec Sadio Mané ? Pourquoi votre parole est-elle si précieuse pour lui ?
C.L. : Les liens d'un ancien sélectionneur du Sénégal, qui va souvent dans ce pays où ma fille et mes petits-enfants habitent, et où je croise souvent Sadio, au hasard de mes séjours puis au hasard des rencontres internationales. Ce sont des liens très anciens.
Qu'est-ce que vous vous êtes dit en voyant tous les Sénégalais rentrer aux vestiaires ?
C.L. : Que c'était désolant et attristant de voir ce genre d'images. Mais bon, il faut comprendre que c'est une jeune équipe, que c'est un entraîneur qui joue sa première CAN. Et puis avec tout ce qu'on entend maintenant sur les thèses complotistes sur l'arbitrage, c'est vrai qu'ils ont dû craquer quand le but a été refusé. Enfin, le but n'a pas été refusé, c'est-à-dire que le coup-franc a été sifflé beaucoup trop tôt. Et sur le contre, il y a penalty. C'est un torrent d'émotions qui submerge tous ces jeunes joueurs, ce staff.
Vous estimez que Pape Thiaw, le sélectionneur du Sénégal, a manqué de lucidité, de clairvoyance ?
C..L : Vous savez, c'est toujours facile quand on est un spectateur, ou quelqu'un comme moi qui ai dirigé des équipes dans des phases finales de Coupe d'Afrique. J'ai beaucoup de recul par rapport à tout ça. Pape a regretté tout de suite après d'avoir eu cette attitude. Mais bon, il a été entraîné par d'autres membres de son staff, on avait l'impression que le monde se sentait tellement lésé qu'ils ont un petit peu perdu les pédales.
Comment a réagi Walid Regragui quand il vous a vu chuchoter à l'oreille de Mané ?
C.L. : Au moment où je dis ça à Sadio, il y a 0-0, c'est la dernière minute, et il y a un penalty à venir pour le Maroc. Donc à ce moment-là, je lui dis qu'il faut absolument que le match se termine et qu'ils doivent être exemplaires là-dessus. Une défaite, ça peut arriver à tout le monde. Je passe devant Walid, il me prend et me dit : 'Qu'est-ce que tu lui as dit ?' Je lui explique et il me remercie.
Comment jugez-vous tout le contexte lourd qui a accompagné cette CAN autour de l'arbitrage ?
C.L. : Il n'y a pas eu de vrais problèmes d'arbitrage, pas plus qu'en France. En finale, l'arbitrage était remarquable mais il fait une erreur de siffler beaucoup trop vite sur l'action qui amène le but sénégalais. On sent qu'à partir de là, il perd pied, il n'y est plus. Mais autrement, il n'y a pas eu de problème majeur. On oublie toutes les turpitudes qu'il peut y avoir dans les championnats européens. On a l'impression que parce que c'est l'Afrique, ça rentre dans la carte postale. On ne veut plus légitimer qui que ce soit, mais l'Afrique, ce n'est pas l'avenir, c'est le présent. Et ça doit en gêner quelques-uns. Ça gêne surtout Trump, puisqu'il sucre les ONG pour créer des milliers de morts sur la santé, sur l'éducation, sur l'alimentation et, en plus, en empêchant les visas. Malgré Infantino qui se targue d'être son grand ami, peut-être que la prochaine étape pour les pays africains, c'est de boycotter la Coupe du monde.
Il y avait aussi un climat très lourd autour de Walid Regragui, ciblé par de vives critiques.
C.L. : Il y avait un climat les premiers jours. J'ai pris une position publique très ferme, c'est pour ça qu'il m'a appelé tout de suite pour me remercier. Et je pense que petit à petit, on a détendu l'atmosphère autour de Walid. C'est un grand entraîneur qui fera une grande carrière. Après, les matchs ont fini de convaincre le public marocain de sa qualité. Au début, il a un peu souffert, mais ça a duré une semaine.
Les réseaux sociaux ont tout de même...
C.L. : (il coupe) Ça ne m'intéresse pas du tout. C'est l'écume de la médiocrité. Elle est encore plus médiocre que la médiocrité elle-même.
PAR
MARTIN MOSNIER
C.L. : Je lui ai dit : 'va chercher tes potes et revenez sur le terrain.' Je pense que contrairement aux autres, il hésitait, il se posait la question, parce que tout le monde était parti notamment le staff. Si je lui avais dit : 'rentre aux vestiaires', il serait rentré aussi. Je pense qu'il a eu besoin d'entendre ce que je lui ai dit parce qu'il y avait une certaine agitation encore. Je ne savais pas que ça aurait autant d'écho. Je pensais qu'on était tous les deux dans un coin de terrain, qu'il n'y avait personne qui nous voyait. Mais depuis hier, j'ai reçu des centaines de messages.
Et quels sont vos liens avec Sadio Mané ? Pourquoi votre parole est-elle si précieuse pour lui ?
C.L. : Les liens d'un ancien sélectionneur du Sénégal, qui va souvent dans ce pays où ma fille et mes petits-enfants habitent, et où je croise souvent Sadio, au hasard de mes séjours puis au hasard des rencontres internationales. Ce sont des liens très anciens.
Qu'est-ce que vous vous êtes dit en voyant tous les Sénégalais rentrer aux vestiaires ?
C.L. : Que c'était désolant et attristant de voir ce genre d'images. Mais bon, il faut comprendre que c'est une jeune équipe, que c'est un entraîneur qui joue sa première CAN. Et puis avec tout ce qu'on entend maintenant sur les thèses complotistes sur l'arbitrage, c'est vrai qu'ils ont dû craquer quand le but a été refusé. Enfin, le but n'a pas été refusé, c'est-à-dire que le coup-franc a été sifflé beaucoup trop tôt. Et sur le contre, il y a penalty. C'est un torrent d'émotions qui submerge tous ces jeunes joueurs, ce staff.
Vous estimez que Pape Thiaw, le sélectionneur du Sénégal, a manqué de lucidité, de clairvoyance ?
C..L : Vous savez, c'est toujours facile quand on est un spectateur, ou quelqu'un comme moi qui ai dirigé des équipes dans des phases finales de Coupe d'Afrique. J'ai beaucoup de recul par rapport à tout ça. Pape a regretté tout de suite après d'avoir eu cette attitude. Mais bon, il a été entraîné par d'autres membres de son staff, on avait l'impression que le monde se sentait tellement lésé qu'ils ont un petit peu perdu les pédales.
Comment a réagi Walid Regragui quand il vous a vu chuchoter à l'oreille de Mané ?
C.L. : Au moment où je dis ça à Sadio, il y a 0-0, c'est la dernière minute, et il y a un penalty à venir pour le Maroc. Donc à ce moment-là, je lui dis qu'il faut absolument que le match se termine et qu'ils doivent être exemplaires là-dessus. Une défaite, ça peut arriver à tout le monde. Je passe devant Walid, il me prend et me dit : 'Qu'est-ce que tu lui as dit ?' Je lui explique et il me remercie.
Comment jugez-vous tout le contexte lourd qui a accompagné cette CAN autour de l'arbitrage ?
C.L. : Il n'y a pas eu de vrais problèmes d'arbitrage, pas plus qu'en France. En finale, l'arbitrage était remarquable mais il fait une erreur de siffler beaucoup trop vite sur l'action qui amène le but sénégalais. On sent qu'à partir de là, il perd pied, il n'y est plus. Mais autrement, il n'y a pas eu de problème majeur. On oublie toutes les turpitudes qu'il peut y avoir dans les championnats européens. On a l'impression que parce que c'est l'Afrique, ça rentre dans la carte postale. On ne veut plus légitimer qui que ce soit, mais l'Afrique, ce n'est pas l'avenir, c'est le présent. Et ça doit en gêner quelques-uns. Ça gêne surtout Trump, puisqu'il sucre les ONG pour créer des milliers de morts sur la santé, sur l'éducation, sur l'alimentation et, en plus, en empêchant les visas. Malgré Infantino qui se targue d'être son grand ami, peut-être que la prochaine étape pour les pays africains, c'est de boycotter la Coupe du monde.
Il y avait aussi un climat très lourd autour de Walid Regragui, ciblé par de vives critiques.
C.L. : Il y avait un climat les premiers jours. J'ai pris une position publique très ferme, c'est pour ça qu'il m'a appelé tout de suite pour me remercier. Et je pense que petit à petit, on a détendu l'atmosphère autour de Walid. C'est un grand entraîneur qui fera une grande carrière. Après, les matchs ont fini de convaincre le public marocain de sa qualité. Au début, il a un peu souffert, mais ça a duré une semaine.
Les réseaux sociaux ont tout de même...
C.L. : (il coupe) Ça ne m'intéresse pas du tout. C'est l'écume de la médiocrité. Elle est encore plus médiocre que la médiocrité elle-même.
PAR
MARTIN MOSNIER