Finale de la CAN: la commission disciplinaire de la CAF se réunit mardi pour statuer

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 25 Janvier 2026 à 23:19 modifié le Lundi 26 Janvier 2026 00:19

La commission de discipline de la CAF devait se pencher dimanche sur les incidents qui ont entaché la finale Maroc–Sénégal, mais la réunion a été reportée à mardi à la demande de la Fédération sénégalaise, désireuse de disposer de plus de temps pour préparer sa défense.


La commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) devait se réunir ce dimanche pour examiner le dossier des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal. Mais, selon des sources au sein de la CAF, la séance a été reportée à mardi, à la demande de la Fédération sénégalaise de football (FSF), qui a sollicité un délai supplémentaire afin de préparer son dossier de défense.

Dans le même temps, un point de procédure a été acté: Ousmane Kane, président sénégalais de la commission de discipline de la CAF, a été temporairement écarté de l’examen de cette affaire en raison de l’implication directe de son pays dans le dossier. Il ne s’agit pas d’une mesure exceptionnelle, mais d’un mécanisme prévu par le protocole de la CAF, appliqué dès lors qu’un risque de conflit d’intérêts peut être soulevé. L’objectif est clair: garantir la neutralité de la commission et protéger la crédibilité du processus disciplinaire.



Un report demandé par la FSF, dans un climat de tension


Le report intervient dans un contexte de tension médiatique, alimentée notamment par les déclarations du président de la FSF, Abdoulaye Fall, qui a mis en cause le Maroc et la CAF, estimant que le Royaume exercerait une influence déterminante sur l’instance continentale.

«Le Maroc tient la CAF, il faut le dire: ils tiennent tout en main et décident de tout», a déclaré Abdoulaye Fall lors d’un rassemblement organisé samedi, ajoutant que peu de pays oseraient s’opposer à cette influence.



Dans la même intervention, le président de la FSF a présenté le Sénégal comme une exception, affirmant que le Maroc n’aurait pas imaginé qu’une autre sélection puisse l’empêcher d’être champion, et que «personne ne s’est opposé au Maroc comme le Sénégal l’a fait», selon des propos rapportés par des médias


Abdoulaye Fall, qui s’exprimait en wolof et en français, est aussi revenu sur la polémique liée à l’organisation autour de la finale et du séjour à Rabat. Il a notamment accusé les autorités marocaines et la CAF d’avoir voulu imposer à la sélection sénégalaise le Complexe Mohammed VI comme base d’entraînement. Il a soutenu que s’y préparer exposerait l’équipe, en raison d’une trop grande visibilité: «Tu es totalement à découvert. Le moindre détail peut être observé». Fall a également dénoncé l’accueil à Rabat et une supposée insuffisance d’encadrement sécuritaire et évoqué des difficultés liées à l’hébergement, à l’organisation logistique et à la billetterie.

Or, quand on sort du bruit pour revenir aux faits, le décor change. Tout au long de la compétition, le Sénégal a été installé au Fairmont Tazi Palace de Tanger, choisi comme camp de base, et a disputé l’ensemble de ses rencontres au Grand Stade de Tanger, dans des conditions conformes aux standards de la CAF. Le choix de voyager en train à grande vitesse relevait d’une décision autonome de la FSF. Plus encore: l’instance sénégalaise a elle-même communiqué publiquement la date et l’heure d’arrivée de sa délégation à la gare, ce qui a logiquement attiré des supporters sur place, comme cela arrive partout, quand une sélection annonce son arrivée.

Sur la question de la sécurité, les accusations ne résistent pas non plus à l’examen. Le dispositif déployé par les autorités marocaines incluait des éléments de la DGSN, des Forces auxiliaires, des véhicules dédiés et les forces habituelles de la gare. Et surtout: aucun incident, aucun trouble à l’ordre public, aucune atteinte à l’intégrité de la délégation n’a été relevé ni signalé à ce moment-là. On peut raconter beaucoup de choses, mais on ne peut pas inventer un chaos qui n’a pas existé.

Même logique pour le reste. À Rabat, comme pour les autres sélections, deux hôtels de transit étaient proposés: l’Hôtel Rihab en centre-ville (qui a accueilli auparavant la Tanzanie et le Cameroun lors de leurs matchs face au Maroc) et l’Amphitrite Palace à Skhirat. La FSF a choisi, librement, l’Amphitrite Palace. Pour les entraînements, le Complexe Mohammed VI était prévu, mais la fédération sénégalaise a préféré le terrain annexe du Complexe Moulay Abdellah, et il lui a été attribué. Enfin, sur les billets, le Sénégal a reçu son quota réglementaire de 5% pour la finale, conformément aux règlements en vigueur. Voilà la vérité, nette, documentée, loin des insinuations.

La réaction de Gianni Infantino et le rappel des principes

Aujourd’hui, le dossier disciplinaire porte surtout sur ce qui s’est produit le soir de la finale. Le match, annoncé comme une vitrine du football africain, a basculé dans une séquence de tension rare: contestation d’une décision arbitrale, interruption prolongée, confusion, puis débordements en tribunes et autour de la pelouse.


Les faits évoqués dans les récits qui circulent parlent notamment de: retrait des joueurs sénégalais vers les vestiaires, sur instruction de leur sélectionneur Pape Thiaw, match interrompu pendant de longues minutes, tribunes sous haute tension, tentatives envahissement du terrain par les supporters sénégalais, dégradations d’équipements, et blessés signalés.


Présent dans les tribunes, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a réagi en condamnant les scènes survenues, en rappelant la nécessité de respecter les décisions des officiels et en indiquant qu’il attendait des instances disciplinaires compétentes qu’elles prennent les mesures appropriées.

Dans la foulée, la CAF a également communiqué sur la prise en charge du dossier, annonçant l’examen des images et la saisine des instances compétentes. Là encore, la logique institutionnelle est la même: un match ne peut pas être géré par la pression, la contestation ou le rapport de force. Ce principe vaut partout, surtout en finale.


Sur le plan réglementaire, le débat se concentre sur la qualification d’un éventuel refus de jouer ou d’un abandon. Dans les références avancées, l’article 82 est présenté comme explicite: si une équipe refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire sans autorisation, elle est considérée perdante et définitivement éliminée de la compétition en cours. L’article 84 évoque des sanctions plus lourdes: exclusion définitive, match perdu 3-0, et d’autres mesures possibles.

Ce sont ces dispositions, et surtout leur applicabilité à la situation exacte constatée dans les rapports, qui devraient structurer la délibération de mardi. La commission devra donc statuer sur la base de pièces, de rapports et d’images, en tentant de séparer les faits vérifiables des interprétations.

Dans un dossier aussi scruté, la décision comptera autant que la manière de l’annoncer: rigueur, neutralité, cohérence avec les textes. C’est à ce prix que la CAF pourra refermer ce chapitre sans laisser derrière elle une compétition abîmée et un débat sans fin.





















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