Foncier à Malika : la colère gronde, les élus brandissent la menace judiciaire

Rédigé par Dakarposte le Samedi 26 Septembre 2026 à 12:29 modifié le Samedi 26 Septembre 2026 14:30

Vente présumée de parcelles, opacité dénoncée, bénéficiaires réclamés : le collectif des conseillers municipaux hausse le ton et promet de porter l’affaire devant la justice.


Le dossier foncier de Malika prend une tournure explosive. Après avoir longtemps observé la situation, des conseillers municipaux regroupés au sein d’un collectif ont décidé de sortir du silence et de mettre publiquement en cause ce qu’ils considèrent comme une gestion opaque d’un dossier foncier particulièrement sensible.

Dans leur viseur : des opérations de mise en vente de parcelles qui seraient en cours sur un site dont l’assiette aurait été attribuée à la commune. Pour ces élus, la situation est suffisamment préoccupante pour justifier l’arrêt immédiat des opérations et l’ouverture d’une procédure transparente permettant d’identifier clairement les bénéficiaires.

« Nous avons aujourd’hui l’obligation de rompre le silence et d’élever la voix, car la situation est grave à Malika », martèle un conseiller municipal. Une sortie qui traduit l’exaspération grandissante d’élus qui estiment que le conseil municipal ne peut être tenu à l’écart lorsqu’il s’agit de décisions engageant le patrimoine foncier et l’avenir de la commune.

La revendication est désormais clairement formulée : stopper les opérations contestées et publier la liste des bénéficiaires. Les élus veulent savoir qui bénéficie des parcelles, selon quels critères, sur quelle base juridique et dans quelles conditions les attributions ont été effectuées.

Leur colère se cristallise également autour des comités mis en place par les autorités administratives pour encadrer le processus. Ces structures avaient notamment pour mission d’identifier les personnes pouvant prétendre au recasement et de participer à la répartition des lots.

Mais selon le collectif, le dispositif aurait rapidement montré ses limites. Les élus dénoncent un déficit de transparence et regrettent que les représentants de la commune ne soient pas suffisamment associés à un processus qui concerne directement les populations de Malika.

Derrière cette controverse, c’est donc la question de la gouvernance du foncier communal qui est posée. Pour les conseillers municipaux, aucune décision majeure concernant les terres de la commune ne devrait pouvoir être prise sans concertation avec l’institution municipale et sans information claire des populations.
Et cette fois, les élus ne se contentent plus de dénoncer. Ils annoncent la riposte.

Plainte auprès des juridictions compétentes, saisine des structures de contrôle, alerte des organisations de la société civile, constitution d’un pool d’avocats : l’arsenal envisagé est conséquent. Les conseillers municipaux réclament également la convocation immédiate d’une session extraordinaire afin que le dossier soit officiellement inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal.


Le ton est donc donné. À défaut d’explications convaincantes et de garanties sur la transparence du processus, les élus entendent désormais porter le combat sur le terrain judiciaire et institutionnel.

Ils interpellent directement le maire et les autorités administratives et les exhortent à ouvrir sans délai un cadre de concertation avec le conseil municipal et les populations concernées.
Car à Malika, le foncier ne représente pas seulement des mètres carrés sur un plan cadastral. Il constitue un enjeu économique, social et politique majeur, dans une commune où la pression démographique et la raréfaction des terres disponibles rendent chaque parcelle particulièrement stratégique.

Le collectif veut donc des réponses. Des noms. Des critères. Des documents. Et surtout, de la transparence.

La bataille du foncier à Malika vient ainsi de franchir un nouveau seuil. Si le dialogue ne permet pas de lever les zones d’ombre dénoncées par les élus, la prochaine étape pourrait bien être celle des tribunaux.

Mamadou Ndiaye
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