France : le fisc victime d’une cyberattaque, plusieurs centaines de milliers d’usagers concernés

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 14 Aout 2026 à 15:47 modifié le Vendredi 14 Aout 2026 17:47

Le fisc français vient de reconnaître l’ampleur d’une cyberattaque qui a frappé ses systèmes à la fin du mois de juin. Dans un communiqué publié ce vendredi 14 août, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) indique que « quelques centaines de milliers d’usagers » seraient concernés par cette intrusion, qui a permis à un pirate d’accéder à certaines données et d’en extraire une partie.

L’attaque, révélée jeudi 13 août, aurait été rendue possible par une usurpation d’identité. Le cybercriminel serait ainsi parvenu à pénétrer dans le système informatique de la DGFiP et à consulter des informations personnelles avant d’en extraire certaines. L’intrusion, rapidement détectée par les services concernés, a finalement été interrompue, mais les données avaient déjà quitté le périmètre sécurisé de l’administration.

Selon French Breaches, spécialisé dans le suivi des fuites de données en France, plus de 678 000 contribuables, particuliers comme professionnels, pourraient être concernés.

La DGFiP n’a pas confirmé ce chiffre précis, mais reconnaît que « quelques centaines de milliers d’usagers » ont été touchés par la fuite.

Les informations potentiellement exposées sont particulièrement sensibles : revenus fiscaux, dates de naissance, adresses ou encore nombre de personnes à charge figureraient parmi les données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites.

Face à la nature de ces informations, l’affaire suscite naturellement de sérieuses inquiétudes quant aux risques d’exploitation frauduleuse ou d’usurpation d’identité.

Le pirate, qui revendique l’attaque sous le pseudonyme « ZeroBytes », affirme également avoir ciblé le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC) au cours d’une autre opération. Selon ses déclarations, cette seconde intrusion pourrait concerner plus de deux millions de personnes.

À ce stade, toutefois, le ministère français de l’Économie n’a reconnu qu’une seule des deux attaques et demeure prudent sur l’ampleur exacte des compromissions alléguées.

L’administration fiscale assure que les usagers concernés seront informés individuellement. Un courrier électronique doit leur préciser, le cas échéant, la nature des données consultées et extraites.
La DGFiP poursuit parallèlement ses investigations afin de déterminer précisément les circonstances de l’intrusion et entend déposer plainte.

Interrogé par l’AFP via sa messagerie Telegram, « ZeroBytes » affirme agir au sein d’un groupe composé de deux personnes. Le cybercriminel dit ne pas avoir de motivation particulière, si ce n’est, selon ses propres termes, « l’argent ».

Il affirme également que les données dérobées pourraient être proposées à la vente pour plusieurs milliers d’euros, sans toutefois préciser si une transaction avait déjà été conclue.

Cette affaire vient rappeler la vulnérabilité croissante des infrastructures numériques, y compris celles de l’État.

Les attaques informatiques visant les administrations, les entreprises et les grands organismes publics se multiplient en France, faisant des données personnelles une cible particulièrement convoitée.

En juin 2026, deux jeunes suspects soupçonnés d’appartenir au groupe cybercriminel « Dumpsec » avaient ainsi été mis en examen. Des dizaines de millions de données et plus de 1 500 entreprises ou institutions, parmi lesquelles l’Assemblée nationale, auraient alors été visées.

Dans cet environnement numérique devenu un terrain de confrontation permanent, la protection des données personnelles apparaît plus que jamais comme un enjeu de souveraineté et de sécurité. Une étude de l’entreprise de cybersécurité Surfshark place d’ailleurs la France au premier rang des pays européens les plus touchés par les fuites de données, et au deuxième rang mondial.

Derrière les chiffres, ce sont donc des centaines de milliers de citoyens dont les informations personnelles pourraient désormais circuler hors des circuits auxquels elles étaient destinées.

Une fuite silencieuse, mais dont les conséquences pourraient, elles, se faire sentir longtemps après que les écrans auront cessé de clignoter.

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