France: le gouvernement prévoit jusqu'à six milliards d'euros d'économies supplémentaires

Rédigé par Dakarposte le Mardi 21 Avril 2026 à 15:03 modifié le Mardi 21 Avril 2026 17:06

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a annoncé ce mardi que « 6 milliards d'euros de dépenses pourraient être stoppées » pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient à l'issue d'une réunion sur les finances publiques à Bercy. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a d'ores et déjà demandé ce mardi à son gouvernement de mettre en œuvre des mesures d’économies.


Le gouvernement a annoncé mardi matin lors de la réunion sur les finances publiques des mesures d'économies qui pourraient aller jusqu'à six milliards d'euros. « Six milliards d'euros de dépenses pourraient être stoppées » pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient a annoncé le ministre des Comptes publics David Amiel à l'issue d'une réunion sur les finances publiques à Bercy ce mardi.

En préambule, David Amiel a tenu à préciser les recettes engrangées par l’État avec la hausse des prix des carburants : elles s’élèvent à 170 millions d’euros. Avec la baisse de la consommation, ces recettes sont temporaires, et le prix de la guerre a déjà coûté le double en aides sectorielles : pêcheurs, agriculteurs, transporteurs, chèques énergies. Priorité donc à la baisse des dépenses publiques : quatre milliards de gel de crédit pour l’État, un effort à répartir dans tous les ministères et deux milliards dans le champ social : sécurité sociale, hôpitaux.

Impact de la guerre au Moyen-Orient

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà demandé ce mardi 21 avril à son gouvernement de mettre en œuvre pour quatre milliards d'euros de « mesures supplémentaires de freinage de la dépense », dans un courrier adressé à ses ministres.



Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a chiffré « l'impact potentiel » de la guerre au Moyen-Orient entre 4 et 6 milliards d'euros. La guerre au Moyen-Orient a entrainé une hausse des taux d'intérêt et donc de la charge de la dette, pour un coût actuellement « autour de 3,6 milliards d'euros », a précisé Roland Lescure sur RTL.



Au total, en prenant en compte aussi l'impact de l'inflation sur les allégements de cotisations sociales et les dépenses indexées prises en charge par l'État, ou encore les dépenses liées aux armées, « le coût total de cette crise pourrait donc représenter au moins 6 milliards d'euros, à date », a détaillé Sébastien Lecornu dans son courrier aux ministres.

Réduction du déficit public

Le comité d'alerte des finances publiques s’était réuni depuis 9 heures ce matin à Bercy autour de plusieurs ministres, dont celui de l'Économie, Roland Lescure, et des Comptes publics, David Amiel. Le principe de cette réunion est que plusieurs ministres, dont celui de l’Économie, Roland Lescure, mettent autour de la table des parlementaires et des syndicats pour « dresser un état des lieux sur la situation des comptes publics » et « alerter sur les risques de dérapage ».

Malgré la crise, le gouvernement cherche toujours à réduire le déficit public, pour le faire tomber à 5% du PIB en 2026. De quoi sans doute faire réagir les députés qui étaient présents, Jean-Philippe Tanguy pour le Rassemblement national, à l’extrême droite, et Philippe Brun, chez les socialistes, à gauche. Du côté de la droite républicaine, le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, estime qu’il vaut mieux annuler des crédits qu’augmenter les taxes.

À la sortie de la réunion, patronat et syndicats ont affiché leurs lignes rouges : pas de coup de rabot sur les exonérations patronales, qui pourtant, avec l’inflation, pourraient coûter un milliard de plus à l’État. Pour la CGT, tout cela est de mauvaise augure pour les plus démunis.

Le président de la Commission des Finances, l’insoumis Eric Coquerel, demande d’ailleurs une taxe sur les profits des compagnies pétrolières, notamment Total. Mais les députés n’auront pas voix au chapitre, Bercy écarte tout débat sur une loi budgétaire rectificative.
















Rfi

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