Gestion publique : Le Dr Abdourahmane Diouf met en cause Daouda Ngom dans l'affaire des 20 000 ordinateurs

Rédigé par Dakarposte le Lundi 27 Juillet 2026 à 11:55 modifié le Lundi 27 Juillet 2026 13:55

Une nouvelle et vive discorde vient de fragiliser les sphères de la gouvernance publique sénégalaise. Invité à s'exprimer sur les ondes de Radio Sénégal International (RSI), le ministre de l’Énergie et du Pétrole, le Dr Abdourahmane Diouf, a formulé un réquisitoire d'une rare véhémence à l’encontre de la gestion de son successeur au ministère de l’Enseignement supérieur, le Pr Daouda Ngom. Au cœur de cette tempête institutionnelle transparaissent le blocage prolongé de vingt mille ordinateurs dans l'enceinte du Port de Dakar ainsi que la passation d'un marché public nébuleux estimé à six milliards de francs CFA.

Ce déballage, aussi inédit que fracassant, ébranle les fondements du secteur de l'Enseignement supérieur. Ancien dépositaire de ce portefeuille ministériel, le Dr Abdourahmane Diouf a choisi la place publique pour contester les arbitrages administratifs et financiers de son successeur, particulièrement dans le déploiement du programme national « Un Étudiant, un Ordinateur ».

Selon les griefs exposés par le ministre, une cargaison de vingt mille ordinateurs portables, initialement promise à la jeunesse estudiantine du pays, demeure à l'abandon dans les entrepôts du Port autonome de Dakar depuis plus d'une année. Pendant ce temps, les étudiants de l'Université Cheikh Hamidou Kane se voient cruellement privés de ces instruments d’apprentissage pourtant indispensables. Plus grave encore, le Dr Abdourahmane Diouf fustige des compensations financières qu'il juge aberrantes :
« Les autorités ont préféré allouer une somme de deux cent cinquante mille francs CFA à chaque étudiant plutôt que de leur distribuer des ordinateurs qui sont pourtant la propriété légitime de l’université. Il appartiendra à la commission d'enquête d'exiger du ministre Daouda Ngom les raisons pour lesquelles de tels contrats ont été ratifiés dans le cadre de ce projet. »

Outre ces défaillances logistiques et ces versements directs de liquidités, l'ancien ministre de l'Enseignement supérieur a porté de graves accusations sur la régularité de la commande publique. Il a notamment mis en lumière la signature d'un contrat de six milliards de francs CFA par le Pr Abdou Aziz Diouf, actuel directeur de l’Enseignement supérieur. Sans dévoiler l'intégralité des tenants et aboutissants de cette transaction, le ministre a solennellement invité la commission compétente à auditionner ce haut fonctionnaire afin de lever le voile sur les conditions d'attribution de ce marché public.
Ces révélations théâtrales relancent avec acuité le débat national sur la transparence des deniers publics et la probité dans la gestion des infrastructures pédagogiques universitaires au Sénégal.

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