Graham Arnold, sélectionneur de l’Irak : « Nous jouons contre le champion d’Afrique ; nous n’avons rien à perdre, mais tout à gagner »

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 26 Juin 2026 à 00:30 modifié le Vendredi 26 Juin 2026 02:30

Avant le match contre le Sénégal ce vendredi soir à Toronto, le sélectionneur de l’Irak, Graham Arnold, répond aux questions des médias. Le technicien australien semble bien décidé à rendre la tâche encore plus dure aux Lions.


Qu’avez-vous aimé le plus en entraînant l’Irak ?

Ils ont des supporters fantastiques, animés par de bonnes intentions. Je pense qu’ils pourraient bénéficier d’un soutien en termes de ressources, de formation et d’infrastructures pour développer leurs académies et améliorer le niveau des jeunes ainsi que des compétitions du club. Cela fait un an que j’occupe ce poste. J’ai vécu une expérience formidable en entraînant l’Irak, et les joueurs réalisent des performances exceptionnelles dans leurs championnats respectifs. Comme je l’ai dit, j’ai pris énormément de plaisir. Le match de demain (vendredi) contre le Sénégal, champion d’Afrique, sera une nouvelle expérience enrichissante pour nous. Nous n’avons rien à perdre, mais tout à gagner ; l’essentiel est que les joueurs soient prêts mentalement à entrer sur le terrain pour l’emporter.

Et qu’est-ce que vous appréciez de votre équipe ?

Je pense que la discipline a été l’élément clé. J’ai été extrêmement impressionné par la discipline tactique dont ils ont fait preuve sur le terrain. Évidemment, on peut toujours s’améliorer un peu sur le plan physique et technique, mais comme je l’ai dit depuis mon arrivée, j’ai beaucoup insisté sur la discipline auprès des joueurs, tant sur le terrain qu’en dehors, et je trouve qu’ils ont été exemplaires en match. Nous nous sommes qualifiés pour la première fois en 40 ans et, lors des deux premiers matchs, nous avons réalisé de très belles prestations pendant 60 ou 70 minutes ; certes, quelques erreurs ont été commises, mais l’important est d’en tirer des leçons. J’ai dit aux joueurs qu’ils avaient appris en affrontant deux des meilleures équipes au monde ; il nous reste un match et une chance d’accomplir quelque chose de vraiment spécial pour l’Irak. C’est une question de pays, mais aussi d’histoire : l’Irak n’a jamais marqué le moindre point en Coupe du Monde, et nous allons donc tenter d’écrire cette page d’histoire demain.

Qu’est-ce cela fait pour vous d’emmener une équipe en Coupe du Monde ?

C’est un immense honneur d’entraîner une équipe lors de cette Coupe du monde. C’est la quatrième à laquelle je participe, que ce soit en tant qu’entraîneur adjoint ou principal. Si j’ai vécu les trois précédentes avec l’Australie — mon pays d’origine —, c’est un privilège immense de pouvoir diriger une autre nation, l’Irak, dans cette compétition. Les supporters irakiens ont été absolument fantastiques et d’un grand soutien ; ils constituent sans doute le meilleur aspect de cette Coupe du monde. Je crois vraiment que ce sont les supporters qui ont fait la différence : la politique a été totalement mise de côté pour laisser place au football et aux joueurs. Les matchs sont de très grande qualité et je pense que cela ne fera que rehausser encore davantage le niveau et l’intérêt du football à l’échelle mondiale.

Vous abordez ce match avec la possibilité de se qualifier mais il faudra marquer beaucoup de buts…



Comme je l’ai dit, le Sénégal est champion d’Afrique. Nous devons aborder le match avec un état d’esprit positif, en donnant le meilleur de nous-mêmes de la première à la dernière minute. L’essentiel pour moi est de tirer le meilleur parti de chaque joueur individuellement ainsi que du collectif, tout en veillant à ce qu’ils soient prêts mentalement. Nous nous sommes entraînés aujourd’hui et les gars affichaient un excellent état d’esprit. C’était l’une de leurs meilleures séances. Ils sont motivés pour aller sur le terrain, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles et pour l’esprit d’équipe qui nous unit.

Comment avez-vous trouvé les matchs contre la France et la Norvège ?

Je n’ose imaginer l’ambiance qu’il y avait en Irak devant ces deux matchs, vu la ferveur des fans de football là-bas. Mais pour les joueuses elles-mêmes, j’ai constaté une progression — même à l’entraînement — après avoir affronté ces équipes. Lorsqu’on joue contre des joueuses de haut niveau, issues de la Premier League anglaise, de la Serie A italienne ou d’autres grands championnats européens, on finit par croire en sa propre capacité à rivaliser avec elles. Nous avons eu le privilège d’affronter la France et maintenant le Sénégal ; je pense sincèrement qu’il s’agit probablement du groupe le plus relevé de la Coupe du monde. C’est un honneur de jouer contre de telles joueuses et de partager le terrain avec elles, car cela ne peut que faire progresser nos joueuses pour l’avenir.

Faire un match nul serait-il déjà une satisfaction ?

J’ai toujours entraîné avec l’intention et l’attente de gagner chaque match. J’adopte une mentalité tournée vers la victoire. Je n’envoie jamais une équipe sur le terrain pour simplement essayer de ne pas perdre. Tout repose sur un état d’esprit fort. Il s’agit pour les joueurs de croire en eux, de faire preuve d’une grande énergie et de rester concentrés sur leur propre performance. Nous ne pouvons contrôler que nos propres actions ; nous ne pouvons pas maîtriser ce que fera l’adversaire avant d’être face à lui sur le terrain. L’essentiel est d’envoyer les joueurs sur le terrain avec cet état d’esprit et ces ingrédients pour remporter le match. Il n’est jamais question de match nul ou de défaite : seule la victoire compte, c’est ça le plus important.























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