Grève générale des 21, 22 et 23 octobre : le ministère du Travail rappelle les syndicats à l’ordre et brandit l’exigence de légalité

Rédigé par Dakarposte le Mardi 20 Octobre 2026 à 11:41 modifié le Mardi 20 Octobre 2026 13:42

Le Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Réforme du Service Public a publié ce mardi 20 octobre 2026 un communiqué officiel d'une haute portée réglementaire, rappelant à l'ordre les centrales syndicales de travailleurs face au mot d'ordre de grève générale planifié pour les 21, 22 et 23 octobre 2026.

Ce débrayage annoncé, qui ambitionne de paralyser simultanément les secteurs public, parapublic et privé sur la base d'un préavis unique notifié au ministre chargé de la Fonction publique et du Travail, se heurte à la doctrine légale de l'autorité de tutelle.

Tout en reconnaissant solennellement aux travailleurs le droit constitutionnel de grève, le Ministère tient fermement à rappeler que les conditions et modalités de dépôt d’un préavis, tout comme l’exercice de ce droit, s’accomplissent impérativement dans le cadre des lois et règlements selon des régimes juridiques bien distincts.

Dans l'arène des secteurs privé et parapublic, l'autorité ministérielle brandit les dispositions de la loi n° 2026-18 du 03 septembre 2026 portant Code du Travail, texte récent qui encadre rigoureusement l'exercice du droit de grève à travers la procédure de règlement des différends collectifs prévue en ses articles 435 et suivants.

L'administration rappelle ainsi qu'en vertu de cette législation, tout différend collectif doit être immédiatement notifié à l'inspecteur du travail et de la sécurité sociale lorsqu'il est limité au ressort d'une inspection, ou au Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale lorsqu'il s'étend sur plusieurs ressorts.

Le ministère souligne avec insistance ce principe fondamental : ce n'est qu'en cas de non-conciliation avérée ou de conciliation simplement partielle qu'un préavis de trente (30) jours peut être valablement adressé à la direction de l'entreprise ou de l'établissement, avec ampliation obligatoire aux autorités du travail compétentes selon le cas.

S'agissant spécifiquement de la Fonction publique, le cadre légal se rigidifie sous le prisme de la loi n° 61-33 du 15 juin 1961 relatif au Statut général des fonctionnaires, qui reconnaît en son article 7 le droit de grève sous des conditions d'une stricte orthodoxie.

Les fonctionnaires de l'État ne peuvent cesser collectivement le travail qu'après l'expiration d'un délai d'un (1) mois suivant la notification en bonne et due forme d'un préavis écrit.

Ce document réglementaire doit obligatoirement énoncer les motifs précis ainsi que la durée de la grève envisagée, et être adressé à l'autorité administrative compétente, en l'occurrence le Ministre chargé de la Fonction publique, par la ou leurs organisations syndicales représentatives.

Le communiqué officiel précise enfin qu'il en va strictement de même pour les fonctionnaires des collectivités territoriales, ces derniers étant légalement tenus de notifier leur préavis au Président du conseil départemental ou au Maire.

Par ce rappel à la légalité républicaine, le ministère oppose la rigueur des textes à la précipitation syndicale, invitant l'ensemble des acteurs au strict respect des procédures sous peine d'illégalité.

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