IMMIGRATION : LA GUINÉE EXPULSE DISCRÈTEMENT DES RESSORTISSANTS BURKINABÈ, LE SILENCE DES « DONNEURS DE LEÇONS » SURPREND !

Rédigé par Dakarposte le Lundi 2 Novembre 2026 à 09:58 modifié le Lundi 2 Novembre 2026 11:05

C’est dans l’épaisseur d’un silence de plomb, loin du tumulte des caméras et des indignations à géométrie variable, que s’opère le grand tri.
En cette fin d’année 2026, la Guinée Conakry a choisi la méthode de l’ombre pour régler ses comptes avec l’immigration informelle. Sans tambour ni trompette, par vagues successives et feutrées, de nombreux ressortissants burkinabè, coupables d’avoir cherché fortune dans les interstices de l’économie informelle ou sous le statut précaire de la clandestinité, ont été reconduits à la frontière.

Cette opération de refoulement, menée de main de maître par les autorités guinéennes, n'est pourtant pas une première. Comme le révélait opportunément Dakarposte, Conakry est coutumière de ces purges silencieuses, répétées à l’envi, loin du regard inquisiteur des organisations de défense des droits de l'homme. Ici, point de grands discours sur la fraternité panafricaine, point de tribunes enflammées : on reconduit, on vide, on nettoie les marges sans s'embarrasser de fioritures diplomatiques.

Le spectacle de cette rigueur froide met en lumière un paradoxe d’une ironie mordante. Tandis que la Guinée applique une politique migratoire d’une fermeté absolue et sans concessions envers ses voisins d'Afrique de l'Ouest, les donneurs de leçons s'acharnent sur le Sénégal.

Il est en effet de bon ton, dans certains cercles intellectuels ou médiatiques, de jeter l'anathème sur Dakar, de taxer certains de ses citoyens de xénophobie rampante sous prétexte qu’ils s'inquièteraient de l’afflux massif et non régulé des "Peuls Foutas".

Quelle singulière distorsion de la réalité ! D'un côté, une république guinéenne qui sévit dans le secret, expulsant des frères de la sous-région sans que quiconque n’ose lever la voix ou crier au scandale humanitaire.

De l'autre, un Sénégal historiquement terre d'accueil, traditionnel carrefour de la Téranga, que l'on traîne dans la boue au moindre murmure identitaire ou à la moindre tentative de régulation légitime.

Qu'est-on en droit de penser de ces procureurs de salon qui stigmatisent Dakar tout en fermant les yeux sur les agissements de Conakry ?

Ce jeu de miroirs brisés révèle une profonde hypocrisie : le droit de protéger ses frontières et son économie semble être un privilège jalousement gardé par certains, tandis que le devoir de tout tolérer, jusqu'au déni de sa propre souveraineté, est imposé aux autres.

Face à ce refoulement sans fracas des Burkinabè en Guinée, le silence assourdissant des censeurs du Sénégal en dit long sur le triomphe du faux-semblant. Il serait temps que la lucidité l'emporte sur l'indignation sélective.




clounjay@yahoo.fr

Recommandé Pour Vous