Imbroglio foncier et action posthume : le conseiller présidentiel Djamil Faye renvoyé devant le tribunal correctionnel

Rédigé par Dakarposte le Mardi 4 Aout 2026 à 23:43 modifié le Mercredi 5 Aout 2026 01:45

Djamil Faye, conseiller présidentiel, fait face à un renvoi au 22 octobre pour une ténébreuse affaire de tentative d’escroquerie et de procédure posthume intentée au nom de sa défunte mère contre Baba Diaw concernant un litige foncier à la cité Belvédère GF. Révélations !


À peine les premiers échos d’une ténébreuse affaire foncière impliquant un proche collaborateur du chef de l'État avaient-ils ému l’opinion publique, qu'un nouveau coup de théâtre vient assombrir le ciel de Djamil Faye, conseiller spécial chargé des Sports auprès de la présidence de la République.

Dakarposte est en mesure de révéler que l’ancien président du Guédiawaye Football Club, aujourd’hui à la tête de Jappo SA et consultant courtisé par le Comité olympique saoudien, se trouve désormais pris dans les mailles d'une seconde tempête judiciaire. Alors qu'il faisait déjà l’objet de graves accusations de trafic d’influence, de faux et d'usage de faux, une vieille querelle, tapie dans l'ombre depuis près de deux décennies, resurgit avec fracas devant le tribunal correctionnel de Dakar sous la qualification de tentative d’escroquerie.

L’affaire, portée par le sieur Baba Diaw, résident de Dalifort et partie civile en cette cause, s'enracine dans les méandres de l'histoire immobilière de la banlieue dakaroise.

Des informations et documents à l’appui en notre possession, il ressort que l'origine du litige remonte aux derniers feux du siècle passé, en 1997, lorsque M. Diaw fit l'acquisition de la parcelle n° 306 au sein de la cité Belvédère GF, une transaction alors orchestrée par la Société Générale Foncière du regretté Mounir Bourgi.

Ce n'est qu'en 2006 que le conflit éclata : Djamil Faye engagea une série d'actions hostiles, soutenant que la bâtisse de son voisin empiétait sur une hypothétique parcelle n° 306B, propriété de sa mère, dame Amy Diouf.

S'ensuivit une interminable guérilla procédurale. Saisie dès 2006, la Direction de la surveillance et du contrôle de l'occupation du sol (DSCOS) mena des investigations approfondies sous la dictée du parquet. Les conclusions des gendarmes, corroborées par le bureau du cadastre de Pikine, furent sans appel : la parcelle 306B n’était qu’une chimère administrative. Le dossier fut classé sans suite, innocentant Baba Diaw.

Pourtant, loin de désarmer, la partie adverse s'obstina.En 2009, une action en expertise immobilière fut introduite devant le tribunal de grande instance de Dakar. Deux ans plus tard, le rapport de l’expert judiciaire confirmait à nouveau le verdict initial : point d'empiétement constatable, les lots 306A et 306B n'ayant aucune existence réelle sur le terrain.
Malgré cette double sentence, le calvaire de M. Diaw se poursuivit au gré des plaintes successives, de la Division des investigations criminelles (DIC) en 2018 à la DSCOS de Pikine en 2021, les autorités se bornant à chaque fois à constater l'autorité de la chose déjà jugée.

Le litige a cependant basculé dans une dimension purement correctionnelle en juin 2025. Assigné à comparaître devant le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye pour une énième demande d'expertise au nom d'Amy Diouf, Baba Diaw fit une stupéfiante découverte : la vieille dame s’était éteinte depuis le 14 octobre 2021 à l'hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff.
Muni du bulletin de décès et relevant de troublantes anomalies topographiques quant au domicile mentionné dans l'acte d'huissier, le plaignant a dès lors saisi la justice pour faux, usage de faux et tentative d'escroquerie, accusant le conseiller présidentiel d'avoir orchestré une procédure posthume et artificielle.

C'est ce dossier hautement inflammable que les magistrats dakarois s'apprêtent à disséquer.
Lors de la dernière audience, le tribunal a ordonné le renvoi des débats au 22 octobre prochain.
D'ici là, le palais de justice devra démêler les fils de cette longue saga, sous le regard scrupuleux d'une opinion attentive et dans le respect absolu de la présomption d'innocence.
Affaire à suivre…
Mamadou Ndiaye
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