Placé sous mandat de dépôt le 23 octobre dernier après son interpellation par la Sûreté urbaine, ce menuisier de profession faisait face à un lourd arsenal de chefs d'inculpation. La justice lui reprochait notamment la collecte illicite de données personnelles, l'atteinte à la vie privée, ainsi que l'incitation à la haine raciale et à la xénophobie par le biais de supports informatiques.
À l'origine de ce séisme judiciaire se trouvent des vidéos diffusées sur le réseau social TikTok, dans lesquelles le jeune homme mettait en cause des commerçants d'origine étrangère, suspectés selon lui de boycotter les marques d'eau minérale nationales au profit d'intérêts extérieurs.
L'audience, d'une haute intensité dramatique, a vu s'affronter deux visions irréconciliables. À la barre, Papa Saliou Ciss a contesté vigoureusement toute dérive xénophobe, drapant sa démarche dans les habits d'un souverainisme économique et d'un militantisme citoyen contre l'anarchie des marchés et de l'immobilier.
Interrogé sur l'usage du vocable controversé « doxandem », le prévenu a tenté d'en lisser le sens en le définissant comme une simple référence à toute personne allogène à une région, une exégèse sémantique immédiatement rejetée par le tribunal. S'il a admis l'illégalité formelle d'avoir filmé l'intérieur des échoppes sans le consentement explicite de leurs tenanciers, il a juré n'avoir jamais ciblé la communauté guinéenne ou les originaires du Fouta.
En réplique, El Hadji Boubacar Ba, président de la FNBM — structure revendiquant la représentation de quelque 35 500 commerçants —, a dénoncé des diatribes de nature à fracturer la cohésion sociale et à jeter le discrédit sur d'honnêtes opérateurs économiques.
L'ombre de la politique a également plané sur le prétoire. Le pool d'avocats de la partie civile, mené par Mes Aboubacry Barro et Abou Allassane Diallo, n'a pas manqué de souligner la sympathie déclarée du prévenu pour le député nationaliste Tahirou Sarr, dont la comparution avait été vainement réclamée lors des actes précédents de la procédure.
La défense, portée par Mes Takha Cissé, Moussa Diouf et Serigne Diédhiou, s'est employée à déconstruire l'accusation, contestant notamment la recevabilité juridique de la constitution de partie civile de la fédération pour défaut de mandat exprès, tout en ferraillant avec succès pour faire écarter des pièces vidéo tardives.
Au terme des réquisitions du ministère public qui réclamait trois mois ferme, le juge a opté pour une sentence de compromis, actant la culpabilité du prévenu tout en prononçant une peine ferme réduite au temps déjà presque intégralement purgé en détention provisoire.
À l'origine de ce séisme judiciaire se trouvent des vidéos diffusées sur le réseau social TikTok, dans lesquelles le jeune homme mettait en cause des commerçants d'origine étrangère, suspectés selon lui de boycotter les marques d'eau minérale nationales au profit d'intérêts extérieurs.
L'audience, d'une haute intensité dramatique, a vu s'affronter deux visions irréconciliables. À la barre, Papa Saliou Ciss a contesté vigoureusement toute dérive xénophobe, drapant sa démarche dans les habits d'un souverainisme économique et d'un militantisme citoyen contre l'anarchie des marchés et de l'immobilier.
Interrogé sur l'usage du vocable controversé « doxandem », le prévenu a tenté d'en lisser le sens en le définissant comme une simple référence à toute personne allogène à une région, une exégèse sémantique immédiatement rejetée par le tribunal. S'il a admis l'illégalité formelle d'avoir filmé l'intérieur des échoppes sans le consentement explicite de leurs tenanciers, il a juré n'avoir jamais ciblé la communauté guinéenne ou les originaires du Fouta.
En réplique, El Hadji Boubacar Ba, président de la FNBM — structure revendiquant la représentation de quelque 35 500 commerçants —, a dénoncé des diatribes de nature à fracturer la cohésion sociale et à jeter le discrédit sur d'honnêtes opérateurs économiques.
L'ombre de la politique a également plané sur le prétoire. Le pool d'avocats de la partie civile, mené par Mes Aboubacry Barro et Abou Allassane Diallo, n'a pas manqué de souligner la sympathie déclarée du prévenu pour le député nationaliste Tahirou Sarr, dont la comparution avait été vainement réclamée lors des actes précédents de la procédure.
La défense, portée par Mes Takha Cissé, Moussa Diouf et Serigne Diédhiou, s'est employée à déconstruire l'accusation, contestant notamment la recevabilité juridique de la constitution de partie civile de la fédération pour défaut de mandat exprès, tout en ferraillant avec succès pour faire écarter des pièces vidéo tardives.
Au terme des réquisitions du ministère public qui réclamait trois mois ferme, le juge a opté pour une sentence de compromis, actant la culpabilité du prévenu tout en prononçant une peine ferme réduite au temps déjà presque intégralement purgé en détention provisoire.