L'ambition agropastorale du Sénégal à l'aune de la Vision 2050 : Le savoir-faire de Cheikh Amar au service de l'indépendance mécanique nationale

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 5 Aout 2026 à 20:11 modifié le Mercredi 5 Aout 2026 22:11

Le Sénégal s'apprête à franchir un palier décisif dans la refonte de sa politique de modernisation agricole. Dépassant le simple stade de la mécanisation des cultures, les pouvoirs publics affichent désormais une ambition d'envergure : susciter l'émergence d'une véritable industrie nationale dédiée à l'assemblage de tracteurs, de moissonneuses-batteuses et d'équipements motorisés.
Cette stratégie cardinale vise à affranchir le pays de sa dépendance aux importations tout en consolidant, de manière pérenne, sa souveraineté alimentaire.

Dans un entretien accordé au quotidien national Le Soleil, Bounama Dièye, directeur de la Modernisation de l'équipement rural, expose les orientations majeures de cette politique appelée à restructurer en profondeur l'écosystème industriel et agricole sénégalais.
L'intéressé concède que la production locale demeure, à ce jour, embryonnaire. Hormis la Société industrielle sahélienne de mécaniques, de matériels agricoles et de représentations (SISMAR) et quelques artisans spécialisés, la quasi-totalité du parc motorisé provient de l'étranger, ce qui grève les budgets, complique la maintenance et fragilise l'approvisionnement en pièces de rechange.

Afin d'inverser cette tendance, cinq entreprises majeures du pays — EMG, SISMAR, CCBM, Oumou Group et Dias Industries — ont fédéré leurs forces au sein du Consortium COSIAS.

Déjà impliqué dans le programme d'envergure « Suñu Allo Tracteurs », ce groupement s'attelle à l'implantation d'unités locales d'assemblage destinées à accompagner l'intensification de la mécanisation.

Ce projet d'envergure s'appuie également sur des partenariats internationaux stratégiques, noués notamment avec les groupes Albayrak en Turquie et FederUnacoma en Italie, s'inscrivant ainsi dans une dynamique vertueuse de transfert de technologies, de formation et de montée en compétences de la main-d'œuvre locale.

Toutefois, l'ambition ne saurait se cantonner au simple montage de machines. Les autorités ambitionnent de structurer une filière industrielle intégrée et résiliente, englobant la fabrication progressive de composants, le déploiement d'un réseau national de maintenance, l'organisation d'un service après-vente performant et la formation qualifiante de techniciens spécialisés.
À terme, le Sénégal aspire non seulement à couvrir ses besoins endogènes, mais également à s'ériger en pôle industriel de référence, capable d'approvisionner les marchés de la CEDEAO et de l'UEMOA.

Cette orientation s'arrime harmonieusement aux objectifs directeurs de la Vision Sénégal 2050, qui érige la transformation structurelle de l'économie, l'industrialisation et la souveraineté alimentaire au rang de leviers cardinaux du développement national.
Soucieux de ne pas réserver les fruits de la mécanisation aux seules grandes exploitations, le ministère de l'Agriculture prévoit de faciliter l'accès des petits producteurs au matériel attelé — notamment les semoirs, les houes Sine ou les charrettes — par le biais d'un mécanisme de crédit incitatif, dont le remboursement s'étalera sur deux campagnes agricoles.

Au-delà des investissements matériels, cette transition industrielle pose avec acuité la question de la mobilisation des compétences nationales éprouvées.

De nombreux observateurs soulignent la pertinence, pour l'État, de capitaliser sur l'expérience d'opérateurs sénégalais ayant acquis un savoir-faire de premier ordre dans le domaine des équipements lourds et du machinisme.
À cet égard, le nom de l'homme d'affaires Cheikh Amar, fondateur de Tracto Services Group, revient avec insistance.

Figure de proue du paysage industriel national, il est salué par ses pairs comme l'un des entrepreneurs ayant le plus œuvré à la diffusion du matériel agricole et des engins de travaux publics au Sénégal et dans la sous-région.

Ses partisans font valoir que son expertise sectorielle et sa maîtrise fine des chaînes d'approvisionnement internationales constitueraient des atouts précieux pour la réussite d'un projet d'une telle magnitude.

Sans interférer avec les prérogatives exclusives des pouvoirs publics, divers analystes rappellent que la réussite des grands desseins industriels repose souvent sur l'association d'opérateurs privés nationaux ayant déjà démontré leur aptitude à piloter des filières techniques complexes.

Dans cette optique, l'expérience historique s'avère un facteur déterminant pour mener à bien une politique d'industrialisation, particulièrement dans le secteur exigeant du machinisme agricole.

Au-delà du choix des acteurs, l'enjeu s'avère capital pour l'avenir de la nation : faire émerger une industrie capable d'équiper durablement le monde rural, de générer des emplois hautement qualifiés, de favoriser le transfert de technologies et de réduire l'exposition du pays aux aléas des marchés extérieurs.

Une ambition qui, si elle se concrétise, marquera un tournant historique vers une économie sénégalaise plus productive, plus résiliente et maîtresse de son destin.

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